Écologie : une COP régionale lancée en Bourgogne-Franche-Comté, pour quoi faire?

Mercredi 13 décembre, le ministre de la transition écologique Christophe Béchu est en visite à Dijon pour lancer la COP de Bourgogne-Franche-Comté. Alors que la COP 28 qui se tient à Dubaï peine à trouver un accord, que peut-on attendre de cette étape régionale ?

Dans le cadre de la planification écologique en France, le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu sera en visite à Dijon ce mercredi 13 décembre. Il lancera la COP (COnférence des Parties) de Bourgogne-Franche-Comté, la cinquième en France depuis un mois. Contrairement à la COP 28, conférence internationale du climat, qui se déroule actuellement à Dubaï et rencontre des difficultés à faire émerger un consensus, cette version régionale n'a pas seulement pour but de définir des objectifs mais surtout de trouver des solutions pour les atteindre.



Car la France s'est engagée à réduire de 55% ses émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990. Et pour honorer son engagement, les objectifs fixés par l'État français ont été rendus à la Première Ministre Élisabeth Borne dans le rapport "Mieux agir" en septembre 2023.

Souhaitant une contribution décentralisée aux efforts nationaux, le gouvernement a chargé le ministre de la transition écologique de faire le tour des régions. Il doit leur présenter les taux d'émissions de gaz à effet de serre par territoire et par secteurs, ainsi que leurs objectifs pour 2030. Les feuilles de route régionales regroupant les actions à mener et leurs étapes devront être finalisées à l'été prochain.

Dans ce vaste chantier, l'enjeu est de convaincre et de mobiliser les différents secteurs professionnels, ainsi que les collectivités. Ce lancement de la COP de région se fera donc en présence de fédérations professionnelles, des chambres du commerce et de l'industrie et celle d'agriculture, de représentants de Bourgogne-Franche-Comté dont sa présidente Marie-Guite Dufay et de communes comme François Rebsamen. Ceux-là même qui vont devoir s'investir dans le plan d'action, par leurs propositions et leurs engagements.

"Les enjeux sont énormes, il faut jouer collaboratif"

La chambre d'agriculture de Bourgogne-Franche-Comté s'est déjà préparée à accompagner la planification écologique. Elle a remis le 27 juin au conseil régional son rapport "Imaginer demain, agir maintenant",  qui recoupe solutions et observations de plusieurs acteurs du monde agricole .

" On est fortement mobilisés depuis longtemps sur l'écophyto et la pédologie (étude des sols) par exemple, ou encore sur les volets qualitatif et quantitatif de l'eau. Notre réseau compte près de 500 conseillers en lien avec le terrain pour suivre les agriculteurs de la région," déclare Anne Bronner, la directrice générale de la chambre d'agriculture régionale. Questionnée sur le temps laissé par l'État pour établir une feuille de route, elle ajoute : "il ne faut pas que ce soit trop court, mais pas trop long non plus, sinon ça s'essouffle. On voit tous que les enjeux sont énormes, il faut jouer collaboratif!"

Les cheminots du fret réclament d'être entendus

Mais tout ne sera pas facile pour le ministre en déplacement, la CGT Cheminots l'attend de pied ferme alors que le fret SNCF se désengage de plusieurs axes de transport dans le cadre de la concurrence commerciale du ferroutage.

La pollution due au transport logistique routier était de 31 millions de tonnes équivalent CO2 en 2021. Mais le transport ferroviaire peine à se développer alors qu'il est ouvert au privé depuis 2003 pour l'international, et 2006 en national.