La production mondiale de vin est au plus bas... mais la Bourgogne résiste !

Selon une estimation de l'Organisation internationale de la vigne et du vin, la production mondiale de vin est au plus bas depuis 1961. Mais la Bourgogne, elle, a été épargnée : le millésime 2023 s'annonce plutôt généreux en quantité.

Les dernières années n'ont pas été tendres pour l'agriculture. Mildiou, gelées, sécheresses... certains secteurs ont vu leur production drastiquement chuter à cause des aléas climatiques ou de la maladie. Comme par exemple, en 2021, la viticulture : en Bourgogne, moins d'un million d'hectolitres avait été récolté cette année-là, en raison d'un douloureux épisode de gel au printemps.

En 2023, les vignobles pâtissent à nouveau de tous ces facteurs. À tel point que la production mondiale de vin devrait atteindre son niveau le plus bas depuis... 1961, selon une estimation de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) publiée début novembre. À l'échelle internationale, ladite production ne devrait s'élever, en moyenne, qu'à 244,1 millions d'hectolitres, soit une baisse de 7% par rapport à l'année précédente.

Mais la France, elle, résiste. Sa production stable lui permet de redevenir le premier fournisseur mondial de vin. Une tendance qui se confirme en Bourgogne : si le volume total de la récolte 2023 demeure inconnu, les premières tendances font état de quantités prometteuses. "Le volume 2023 devrait être au-dessus de la moyenne décennale", note le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB).

"La vigne est assez résistante à la sécheresse"

Comment expliquer cette résilience de nos vignobles, alors que la région n'a pourtant pas été épargnée par les vagues de chaleur et la sécheresse ? "Il faut rappeler que la vigne est assez résistante à la sécheresse", explique Benjamin Bois, maître de conférence en viticulture et climatologie à l'université de Bourgogne. "Elle puise l'eau en profondeur, plus haut que les nappes phréatiques, plus bas que le sol, et donc s'adapte assez bien à ce phénomène."

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De fait, les baisses globales de rendement sont liées, avant tout, aux gelées généralisées - un aléa dont la Bourgogne a, heureusement, été épargnée en 2023. "La grêle et les vagues de chaleur affectent certes le raisin, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques pour les producteurs concernés", ajoute le chercheur. "Mais elles ne le font que de façon localisée, ce qui n'est pas suffisant pour faire baisser vraiment baisser la production."

Les conditions météo favorables de 2022 ont également bénéficié au millésime 2023, car le développement de la vigne repose en partie sur le climat de l'année précédente. La production de ces deux années cumulées devrait permettre de reconstituer les stocks, lourdement endommagés par les faibles récoltes de 2021.

Une reconstitution qui devient la priorité du secteur dans la région. Car si la production bourguignonne est rarement catastrophique, elle est régulièrement inférieure au rendement possible. "Nous produisons régulièrement des volumes bien inférieurs à ceux de la moyenne sur les 10 dernières années, qui avoisine les 1,5 millions d’hectolitres, soit 200 millions de bouteilles", appuie le BIVB.

Le millésime 2023 parviendra-t-il à réhausser cette moyenne ? Réponse le 19 novembre prochain, à l'occasion de la prochaine vente des Hospices de Beaune : le BIVB y dévoilera les chiffres de la récolte annuelle.

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