Péniches, commerces... Trois raisons pour lesquelles la transformation du parc Eiffel de Dijon est controversée

Une pétition, soutenue par l'opposition municipale, dénonce la transformation du parc Eiffel à Dijon. Ce projet prévoit la mise en place d'une aire de jeu et de guinguettes au niveau du port du Canal d'ici 2026.

"Nous avions le sentiment que les riverains n'étaient pas entendus." L'opposition municipale dijonnaise continue de se mobiliser pour transformer le parc Eiffel. Vendredi 15 mars, Agir pour Dijon présentait les résultats d'une pétition qui vise à modifier ce projet, une des promesses de la campagne de François Rebsamen en 2020.

D'ici à 2026, la mairie veut créer un parc de sept hectares, le troisième plus grand de la métropole derrière la Colombière et la Toison d'Or. Il sera séparé en quatre zones : une, pour "une aire de grands jeux" végétalisée.

Une autre sera renommée "la prairie éventuelle" et elle pourra accueillir des manifestations. Un "quai des guinguettes" va être installé au niveau de la place Jean-Jaurès. Enfin, l'île aux oiseaux sera préservée et interdite aux humains.

Le coût total de l'opération est estimé à neuf millions d'euros. Un prix "colossal" pour l'opposition, qui demande plusieurs révisions. On fait le point.

Une plus grande transparence 

"On avance dans le flou." Les mots d'Emmanuel Bichot, président du groupe Agir pour Dijon, reflètent la pensée de plus de 200 signataires. "Dès le 25 septembre 2023, au conseil municipal, nous avons dit que le projet n'est pas précisé. Nous découvrons, au fur et à mesure, différents aspects. Les riverains se demandent où est-ce que l'on va"

Dernier exemple en date : la semaine dernière, les Voix Navigables de France ont demandé aux dizaines de péniches et de bateaux présents sur le port de quitter les lieux d'ici le 1er juillet. Eric est présent sur ces lieux depuis 2014. Il y a une semaine, il a été convié pour une réunion sur "l'incidence des travaux." "On apprend qu'on doit tous partir avant la date indiquée. On a tous été surpris."

Pour ces habitants, trois solutions de replis ont été proposées : le port de Bretenière, celui de Longvic et enfin Plombière-lès-Dijon. Eric considère néanmoins qu'ils auraient des infrastructures "moins acceptables pour les bateaux logements" que celui-ci.

Agir pour Dijon précise également que "des constructions avec des commerces feraient également partie du projet." Selon eux, ce point n'a également pas été évoqué dans les différentes réunions préparatifs sur le futur parc Eiffel.

Une attention portée aux nuisances sonores

C'est l'un des points de la pétition, et une source d'inquiétude pour de nombreux riverains croisés lors de cette conférence de presse : l'installation de guinguettes, ces cabarets populaires, généralement en plein air, où l'on peut consommer et danser.

Les habitants des quartiers avoisinants estiment qu'elles pourraient porter atteintes à leur "tranquillité sonore". "Ce sont des endroits où l'on s'amuse. Le bruit peut-être préjudiciable pour les personnes comme nous," estime Marc. Marie-Claude ajoute "que les gens ivres, dans toutes les saisons, seront des nuisances sonores."

Elle se souvient des périodes d'ouverture de la Cancale, la célèbre péniche du port du canal qui a fermé ses portes en août 2023. "On n’avait pas beaucoup d'agréments avec eux à cause des nuisances, du bruit tardif, des gens qui sortaient, jamais contrôlés, qui criant beaucoup."

Plus de sécurité dans le parc

Dernier point de contentieux, et pas des moindres : les riverains signataires de la pétition demandent de fermer le parc la nuit et d'embaucher un gardien pour le sécuriser. Cette mesure est mise en place dans tous les autres parcs et jardins de la métropole.

"Si c'est fermé à une certaine heures, il faut que le gardiennage soit prompt pour faire respecter ces horaires," lance Marc. Les autres habitants sont du même avis. Ils estiment que cette mesure permettrait de diminuer les nuisances sonores.

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Pour l'heure, ces demandes n'ont obtenu aucune réponse de la part de la majorité municipale.