Cadavres de sangliers, dégradations, menaces devant la maison du sénateur François Patriat : "un sentiment d'injustice", réagit son épouse

Deux jours après les dégradations qui ont été commises au domicile de François Patriat, c’est le choc pour les habitants de la commune de Créancey, en Côte-d’Or. La femme du sénateur était à l’intérieur de la maison au moment des faits. Elle raconte.

Deux jours après les dégradations commises au domicile de François Patriat, l’émotion n’est toujours pas retombée. La compagne du sénateur Renaissance de Côte-d’Or raconte avec indignation ce qu’elle a vécu. Elle était à l’intérieur de leur maison, située à Créancey, au moment des faits.

Pour rappel, deux sangliers morts, du fumier et de la laine ont été retrouvés devant le portail d'entrée des époux. Des éléments déversés dans la nuit du 11 au 12 mars. François Patriat était en déplacement à Paris. Des banderoles et des messages menaçants ont été également affichés. Un acte de vandalisme dans un contexte de colère agricole, notamment face à la hausse des attaques de loup.

Elisabeth Patriat a découvert les dégradations mardi matin

Pour Elisabeth Patriat, c’est l’intimité du couple qui a été attaquée. "Mon sentiment, c’est un sentiment d’injustice, de quelque chose de très violent intimement et personnellement. On peut comprendre leur désarroi et leurs problèmes, mais s’en prendre à des personnes avec une telle haine, c’est difficile de l’accepter. Je suis un petit peu choquée", confie-t-elle à France 3 Bourgogne.

L’épouse de François Patriat indique n’avoir rien entendu de l’action des agriculteurs qui ont attaqué son domicile. Mais des voisins auraient perçu des bruits de véhicules et de tracteurs en mouvement le soir précédent la découverte des dégradations. 

C’est au petit matin, à 7 heures, que la femme du sénateur s'est rendue compte des dégradations commises à son domicile. "C’est vrai que c’était un moment de solitude intense. Je ne pouvais pas ouvrir ma porte parce qu’il y avait des tas d’immondices devant. Je devais prendre mon véhicule pour un rendez-vous à Dijon", décrit Elisabeth Patriat.

Sur le moment, il y a une sorte de désarroi. C’est très choquant au sens physique du terme. On ne sort plus de chez soi car on est sous un monticule d’immondices que ces gens nous envoient. C’était violent

Elisabeth Patriat

Dans la commune de Créancey, des habitants nous ont également confié leur colère après l’attaque subie par le sénateur de Côte-d’Or et sa compagne. "Ce n’est pas ce qu’il faut faire. Monsieur Patriat, ce n’est pas de sa faute à lui. Il n’y est pour rien, il n’a pas à subir des choses comme ça", dénonce un retraité.

"C’est exagéré, ça ne sert à rien du tout de faire ça. On peut manifester d’une autre façon. C’est vraiment très choquant, ça dépasse les bornes. Peu importe les convictions politiques, on ne doit pas agir comme ça", lance un autre habitant de Créancey.

Pour rappel, François Patriat a été ministre de l'Agriculture entre février et mai 2002. Son domicile est situé près de l'autoroute A6. Là où des barrages avaient été installés en février dernier au moment des manifestations agricoles.

Le sénateur a porté plainte dès mardi matin. Une enquête a été ouverte par le parquet de Dijon pour dégradations volontaires en réunion.