Une commune veut produire de l'électricité avec son moulin... mais se fait flouer et perd 350 000 euros

Il y a près de 10 ans, la commune de Gomméville (Côte-d'Or) s'est lancée dans la réhabilitation de son moulin, afin d'en faire une microcentrale hydroélectrique. Sauf que l'entreprise engagée a bâclé le travail et a été placée en liquidation judiciaire, laissant le moulin hors-service et le village avec des factures colossales.

À Gomméville (Côte-d'Or), le moulin ne tourne pas rond. Ou plutôt ne tourne pas du tout, malgré les sommes colossales déboursées depuis près de 10 ans par la commune pour le réhabiliter. L'objectif était d'en faire une microcentrale hydroélectrique afin de réaliser des économies et, à terme, dégager des revenus.

"En 2024, on aurait dû voir le retour sur investissement", explique le maire (SE) de Gomméville, Jean-Paul Rommel. "Ça aurait pu nous rapporter entre 35 000 et 40 000 euros par an, ce qui n'est pas négligeable pour un village de 120 habitants." Seulement, rien ne s'est vraiment passé comme prévu.

"On est tombé sur un marlou"

Après avoir approuvé le projet, la mairie engage une entreprise pour mener les travaux à bien. Le dispositif est bel et bien posé... mais, au grand désarroi de la municipalité, ne fonctionnera jamais. Car dès son installation, l'arbre de transmission - pièce essentielle - se casse. "Le projet était viable", soupire l'édile, "sauf qu'on est tombé sur un marlou."

On a été victimes de la confiance accordée à une entreprise, qui ressemblait plus à un charlatan qu'à un entrepreneur.

Jean-Paul Rommel,

maire de Gomméville

En conséquence, le maire décide d'attaquer la société en justice. Début 2020, le tribunal administratif de Dijon tranche en faveur de la commune et condamne l'entrepreneur à rembourser "tous les frais qui lui incombaient", ainsi qu'à remettre l'installation à neuf. "Puis le Covid est arrivé et a tout bloqué. L'entrepreneur a alors fait appel et a en a profité pour liquider son entreprise."

Même si la condamnation en première instance a été validée en appel, l'entreprise n'a jamais réparé ses torts puisque, légalement, elle n'existe plus. Ce qui laisse Gomméville avec une microcentrale qui ne fonctionne pas... et des factures astronomiques.

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"Tout ça nous a coûté environ 350 000 euros", détaille Jean-Paul Rommel. "Nous n'avons plus de recours, si ce n'est attaquer l'avocat de l'ex-entreprise parce qu'il ne nous a pas prévenus de la liquidation. Mais administrativement, c'est compliqué car il faut changer de juridiction, et donc refaire tout le dossier."

Un parc photovoltaïque à l'étude

Après tous ces déboires, la commune pourrait toutefois s'engager pour de bon sur le chemin des énergies renouvelables. Elle a en effet été contactée par une société allemande qui cherche à installer un parc photovoltaïque dans une ancienne carrière. "L'idée, c'est qu'on leur loue le terrain et qu'ils installent les panneaux sur 12 hectares", indique le maire.

Le projet est encore en conception, mais toutes les études nécessaires ont été réalisées et approuvées. Il pourrait donc se concrétiser dès l'été 2025 et rapporterait à Gomméville l'équivalent de ce qu'aurait dû rapporter la microcentrale. Comme quoi, il arrive que la roue tourne.