Covid-19 : "200 à 250 personnes meurent de cette maladie dans notre région chaque semaine", rappelle l'ARS

Le préfet de Côte-d'Or et de la région Bourgogne-Franche-Comté, les recteurs des académies de Dijon et Besançon et le directeur général de l'Agence régionale de santé ont fait le point sur l'épidémie de Covid-19 dans notre région. Voici ce qu'il faut en retenir.

© PHOTOPQR/JOURNAL SAONE ET LOIRE/

Comme chaque vendredi désormais, le préfet de région, le directeur général de l'ARS et les recteurs d'académies de Dijon et Besançon ont tenu une conférence de presse en fin de matinée ce 11 décembre pour faire le point sur l'épidémie de Covid-19 en Bourgogne-Franche-Comté.

"Notre système hospitalier est plus en tension qu’ailleurs. Il y a des signes d’amélioration mais on est dans une situation qui reste préoccupante sur un certain nombre de points", a détaillé Fabien Sudry, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et préfet de la Côte-d'Or.

Il a invité à limiter les regroupements familiaux en cette période. Il compte aussi sur la prévention, les gestes barrières, le télétravail, la stratégie de tests pour faire reculer l’épidémie. Il a rappelé la nécessité de respecter l’isolement dès les premiers symptômes. Une charte sera d’ailleurs bientôt proposée aux personnes dont les tests sont positifs.

Toujours pas d'amélioration des chiffres du dépistage

"La situation aujourd'hui est meilleure que celle qui était la nôtre au début du mois de novembre, lorsque nous étions en train de franchir le pic de cette deuxième vague, a indiqué le directeur général de l'Agence régionale de santé Pierre Pribile. Mais malheureusement, la semaine dernière nous disions que la situation épidémique cessait de s'améliorer dans la région. Et cette semaine, il n'y a toujours pas d'amélioration."
 

On est sur ce qu'on appelle un plateau. Et la difficulté est que ce plateau est très élevé tout particulièrement dans notre région.

Pierre Pribile, directeur général de l'ARS

Le taux d'incidence, qui correspond au nombre de cas positifs pour 100 000 habitants, était de 179,1 selon les dernières données de Santé publique France calculées entre le 1er et le 7 décembre. Un chiffre très important. "C'est le taux d'incidence le plus élevé de France. C'était déjà le cas la semaine dernière, ça le reste cette semaine", a poursuivi Pierre Pribile.

Le taux de positivité des tests est lui-aussi très important. "Il est de 8,9% dans notre région. C'est le deuxième le plus élevé de France. Auvergne-Rhône-Alpes a un point de plus que nous. Mais c'est très au dessus de la moyenne nationale qui est à 6,4%", selon le directeur général de l'ARS.

Le Doubs, le Jura et l'Yonne sont les trois départements où l'épidémie est la plus virulente dans notre région. Le Doubs a un taux de positivité des tests de 12,5%, "le plus élevé de France juste après la Haute-Savoie."

 

Une activité toujours intense à l'hôpital

"Le plateau de circulation du virus se retrouve dans l'activité hospitalière. On a toujours plus de 1700 personnes hospitalisées dans notre région", a indiqué Pierre Pribile. "Évidemment, à force de répéter ce chiffre, on finit par s'y habituer. Mais c'est un chiffre extrêmement élevé. Cela fait maintenant des semaines qu'il y a plus de 1700 personnes hospitalisées dans les établissements de la région du fait de cette épidémie."

Nos hôpitaux ont une activité liée à cette épidémie qui est depuis des semaines au delà du pic de cette activité au pic de la première vague.

Pierre Pribile, directeur général de l'ARS

"En réanimation, on enregistre une légère baisse en réanimation, avec 194 personnes. On passe en dessous de 200, ce qui est une bonne nouvelle. Même si 200, c'est le nombre de places disponibles d'habitude en réanimation dans notre région. Elles sont donc à l'heure où on se parle toutes occupées par des patients souffrant d'une seule pathologie. Ce qui reste totalement exceptionnel", a-t-il poursuivi.

La capacité en réanimation a pu être augmentée. Il y a actuellement à peu près 300 personnes en réanimation en comptant celles traitées pour d'autres pathologies que le Covid-19. "On est capable de monter encore un petit peu plus. On n'est pas à saturation proprement dite, mais on est en très claire surchauffe", a précisé Pierre Pribile.

Des transferts de patients ont de nouveau eu lieu cette semaine entre hôpitaux pour éviter les situations de saturation locale. "Depuis le début de cette deuxième vague, on a fait plus de 240 transferts entre établissements. Plus de 140 en médecine et près de 100 patients de réanimation, dont 16 hors de la région. Un nouveau patient a dû être transféré hier [jeudi] vers la région Grand-Est".

 

130 décès à l'hôpital et 100 dans les Ehpad 

L'épidémie continue de tuer. "Dans la semaine écoulée, on compte une centaine de décès en Ehpad et plus de 130 à l'hôpital. On a un rythme de mortalité qui reste extrêmement élevé. Chaque semaine, entre 200 et 250 personnes meurent de cette maladie dans notre région", a détaillé Pierre Pribile.

Le directeur général de l'ARS s'inquiète de ces chiffres qui restent importants, tant au niveau des hospitalisations que du nombre de tests positifs. "Ce plateau est très inquiétant parce qu'il est très élevé [...] Il est inquiétant à double titre. D'abord parce qu'il fait peser une charge extrêmement lourde sur notre système de soins depuis longtemps maintenant"

"Évidemment, cela a des conséquences sur nos capacités à prendre en charge toutes les personnes qui ont besoin de soins pour d'autres pathologies. La deuxième source d'inquiétude est que cette haute circulation du virus constitue un réservoir très important de personnes atteintes du virus dans notre région. Cela peut à tout moment constituer le plancher d'un rebond épidémique. Ce qu'il faut évidemment éviter."

 

Un couvre-feu dès le 15 décembre

Il s’appliquera donc dès le 15 décembre en Bourgogne-Franche-Comté dans toutes les communes. Il sera en place toutes les nuits de 20h à 6h du matin. Sauf la nuit du 24 décembre. "Toute activité accueillant du public sera suspendue à compter de 20 heures, le 'click and collect' ne sera pas possible au-delà de 20 heures", a précisé le préfet. 

 

Le point dans les établissements scolaires : l’académie de Besançon plus touchée que celle de Dijon

Le recteur d’académie de Besançon, Jean-François Chanet, a fait le point de la situation à la date du 10 décembre. Il dénombre : 

Ces chiffres sont en hausse par rapport à la semaine précédente notamment au niveau des élèves (+21). Sur les tests réalisés dans les établissements scolaires par les équipes mobiles, 491 tests ont eu lieu, 3 seulement sont revenus positifs.

Dans l’académie de Dijon, la situation est inverse, et plutôt en légère baisse a indiqué Nathalie Albert-Moretti, rectrice de l'académie de Dijon.

On dénombre dans l’académie dijonnaise :

La priorité dans les deux académies reste la présence des élèves dans les établissements, et la continuité pédagogique dans les lycées. 

 

© Ministère de l'Education Nationale

 

Le retard dans la fabrication des vaccins français

Les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont annoncé ce vendredi 11 décembre que leur vaccin anti-Covid ne serait prêt que fin 2021, après des résultats moins bons qu'attendu dans les premiers essais cliniques. "Ce n’est pas une bonne nouvelle", a réagi le directeur général de l’ARS Pierre Pribile. "Il n’est pas question de rendre ce travail d’élaboration des vaccins moins rigoureux parce qu'il y a urgence. Notre pays a fait le choix de ne pas mettre sur le marché des produits de façon précipitée", défend-il.

Sanofi et GSK avaient passé plusieurs contrats de livraison, dont l'un avec l'Union européenne qui lui a réservé 300 millions de doses de vaccins pour 2021. En France, la vaccination doit débuter en janvier février 2021 dans les Ehpad pour les personnes âgées et les personnels, le vaccin sera le vaccin Pfizer-BioNtech. 

https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/coronavirus/la-vaccination/article/la-strategie-vaccinale

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