Covid-19 : A Avallon, la société Simon a créé un masque transparent et réutilisable à volonté

L’entreprise Simon, installée à Avallon (Yonne) commercialise un nouveau masque. Il est en vinyl, transparent, et réutilisable à volonté. 
 
En pleine crise sanitaire, Christophe Bertrand, dirigeant de la société Simon, imagine un masque "innovant". Il est en vinyl et transparent.
En pleine crise sanitaire, Christophe Bertrand, dirigeant de la société Simon, imagine un masque "innovant". Il est en vinyl et transparent. © Christophe Bertrand / Société Simon
Depuis plus de 50 ans, l’entreprise Simon, installée à Avallon dans l’Yonne, met son savoir-faire dans le domaine des plastiques souples au service de nombreux clients : pharmacies, banques et assurances, industries... Mais aujourd’hui, c’est aux « forces de l’ordre (…), à l’entourage des personnes sourdes et malentendantes, aux personnels des hôtels et restaurants, aux professeurs et étudiants, aux agents de propreté » que la société propose une solution pour se protéger alors que la Covid-19 circule toujours : un masque en vinyl, appelé l’ESP, « écran stop postillons ».

Un masque en vinyl et réutilisable à volonté

Et cet écran de protection est uniquement composé de vinyl, un dérivé du plastique, recyclable. « Sans odeur, anallergique et apte au contact alimentaire » précise Christophe Bertrand dans une vidéo de présentation du masque.

La société icaunaise a travaillé avec un fabricant français, basé en Normandie. « Notre objectif était d’avoir une conception frugale en terme de coûts et d’environnement. Sur le marché actuel, notre masque est le seul qui soit mono-matériau ».

Le vinyl permet au masque d’être ajusté et positionné confortablement sur le visage. L’entreprise Simon promet plus de souplesse, de légèreté et donc de respirabilité.

Il est recommandé de laver l’ESP après un port de 4 heures maximum. « Le masque peut être lavé sans altération de son efficacité anti-postillons ». Joint par téléphone, Christophe Bertrand précise que "puisque le matériau utilisé est un plastique inerte, il suffit de laver le masque au savon ou à la solution hydroalcoolique."
 
Dans l'atelier de production de l'ESP, le dirigeant, Christophe Bertrand, le chef d'atelier, Carlos Batista-Mendes, et le responsable de l'atelier de soudure, Jean-Baptiste Duban.
Dans l'atelier de production de l'ESP, le dirigeant, Christophe Bertrand, le chef d'atelier, Carlos Batista-Mendes, et le responsable de l'atelier de soudure, Jean-Baptiste Duban. © Société Simon et Cie

Comment est née cette idée ?

Au début du confinement, Christophe Bertrand, dirigeant de l’entreprise Simon, est frappé par la pénurie de masques. La France fait face à un manque considérable de masques chirurgicaux et FFP2, forçant professionnels et particuliers à trouver des alternatives, souvent « faites-maison » pour se protéger.

Le 19 mars au soir, alors qu’il rentre chez lui, Christophe Bertrand est contrôlé sur la route par les gendarmes. Il raconte :

« L’un d’entre eux avait son masque à la ceinture et je lui ai demandé pourquoi il ne le mettait pas. Il m’a répondu qu'ils ne devaient pas effrayer la population. 
Je me suis dit ça suffit. On entendait partout à ce moment-là qu’on allait faire face à une pénurie de masques et que 100 millions allaient être nécessaires rien que pour les soignants.Il fallait qu’on trouve un masque pour ce gendarme et tous les autres qui ont été oubliés pendant la crise, comme les personnes autistes, sourdes ou malentendantes, ou encore les enfants, pour qui les expressions du visage sont importantes."


Alors le patron de la société Simon a réfléchi à une alternative qui assurera une protection optimale à ses utilisateurs, tout en permettant de lire sur les lèvres, le tout recyclable.

Il aura fallu deux jours seulement à Christophe Bertrand pour réfléchir à son prototype, le dessiner et déposer le brevet. « La production a mis beaucoup plus de temps… Nous avons eu besoin de deux mois pour mettre au point notre masque. Il a fallu changer la formulation de la matière, pour éviter d’avoir un masque qui soit allergénique ou qui blesse le visage. » Le vinyl se révèle donc être la matière la plus adaptée.

Un masque en vinyl moins cher qu’un masque chirurgical

Depuis mi-mai, 20 000 ESP ont été vendus. « A terme, nous aurons la capacité de produire entre 20 et 40 millions de ces masques en vinyl. » Le dépôt du brevet ouvre les portes d'une commercialisation à l'international. Christophe Bertrand nous confie qu'un potentiel client américain s'est déjà penché sur son projet. 
 
Simon et Cie - Présentation Ecran Stop Postillon


Le tarif est dégressif par quantité de masque produits : pour 1 000 ESPS produits, le prix à l’unité sera de 0,45 €. Mais pour 500 masques, comptez 0,60 €. « Ça reste toujours moins cher qu’un masque jetable par utilisation » précise le dirigeant de Simon.

Il est possible de personnaliser son ESP, en y ajoutant un sticker ou un logo. Les demandes personnalisées se font directement auprès de la société.

Une barrière supplémentaire pour les professionnels de santé

« L’ESP (…) n’est ni un dispositif médical (…), ni un équipement de protection individuelle » rappelle la société sur son site internet. Les autorités, notamment les ARS (Agences Régionales de Santé) n’ont pas approuvé l’utilisation du masque en vinyl et ne répond pas encore aux normes relatives aux masques chirurgicaux .» précise un communiqué de la société.

Au téléphone, Christophe Bertrand nous explique que telles que les normes sont construites aujourd’hui, il existe deux référencements pour les masques :

Notre masque est totalement innovant puisqu’il se trouve à mi-chemin entre les deux référencements normés.

Christophe Bertrand, dirigeant de la société Simon, à Avallon


Christophe Bertrand et ses partenaires travaillent actuellement à la certification de leur produit. « Nous pourrions ainsi obtenir le marquage CE, un gage de performance. »

La société rappelle que l’ESP est un dispositif qui peut compléter la protection apportée par un masque chirurgical ou en tissu, « s’il est porté par-dessus » un masque FFP2. « Cela concerne essentiellement les professionnels de santé qui peuvent recevoir des projections de liquides. Mettre un ESP par-dessus son FFP2 serait un moyen de prolonger la durée de vie du masque, tout en ajoutant une barrière supplémentaire. » 

Un salon en Allemagne en novembre

Grâce à ce masque, l’entreprise Simon sera présente au salon Medica, le forum mondial de la médecine, à Düsseldorf en Allemagne, en novembre prochain dans le pavillon "Business France".
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société covid-19 innovation économie