Covid-19 : avec une centaine de morts par jour, la Suisse est un des pays les plus touchés par la deuxième vague

La deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 est particulièrement forte en Suisse. Le pays déplore une centaine de morts chaque jour. Rapporté à sa population, ce nombre est le double de la France ou de l'Allemagne.

En Suisse, dans le canton des Grisons, une vaste opération de tests de la population est menée pendant le weekend des 12 et 13 décembre.
En Suisse, dans le canton des Grisons, une vaste opération de tests de la population est menée pendant le weekend des 12 et 13 décembre. © Maxppp/Gian Ehrenzeller

En Suisse, le Conseil fédéral, qui est le gouvernement du pays, a décidé de renforcer les mesures de lutte contre la propagation du coronavirus Covid-19. L’objectif est de réduire davantage les contacts et d’éviter les rassemblements de personnes.

A compter du samedi 12 décembre, les restaurants et les bars, les magasins et les marchés, les musées et les bibliothèques ainsi que les installations de sport et de loisirs devront fermer à 19 h. De plus, à l'exception des restaurants et des bars, ils devront également rester fermés le dimanche et les jours fériés.

Seuls les cantons romands, comme ceux frontaliers avec la Franche-Comté, dans lesquels l’évolution épidémiologique est plus favorable, peuvent repousser l’heure de fermeture jusqu’à 23 h.

Toutes les manifestations sont interdites. Les activités sportives et culturelles sont autorisées pour les groupes de cinq personnes au maximum.

 

Une deuxième vague beaucoup plus meurtrière

 

La Suisse avait été saluée pour avoir surmonté la première vague sans confinement. Mais le pays n'arrive pas à surmonter la deuxième vague, qui fait plus d'une centaine de morts par jour.

 

Nous avons un taux d'incidence deux fois plus élevé que l'Allemagne, nous nous trouvons dans une situation critique.

Simonetta Sommaruga, présidente de la confédération suisse

 

 

Le pays connaît une croissance exponentielle de l'épidémie. Les hôpitaux sont proches de leurs limites, selon les autorités. La Suisse enregistre 5.000 nouveaux cas par jour, contre quelques centaines pendant la première vague. Le taux de positivité des tests reste à des niveaux très élevés.

 

Restrictions moins sévères que dans d'autres pays

 

Face à cette évolution de l'épidémie, le gouvernement a donc adopté des restrictions, qui sont toutefois moins sévères que dans d'autres pays européens.

Il a également renoncé à imposer de nouvelles restrictions pour les rencontres privées. Il maintient la limite des dix personnes, enfants compris, et recommande de ne pas se réunir à plus de deux ménages dans le cadre privé.

Les stations de ski resteront également ouvertes. Toutefois, le ministre de la Santé a appelé les touristes européens à ne pas venir skier en Suisse.

 

Divergences entre régions linguistiques

 

Pendant la première vague, durant laquelle les écoles, restaurants et magasins non essentiels avaient été fermés sans qu'un confinement ne soit instauré, la gestion gouvernementale de la crise sanitaire avait été massivement approuvée. Cette gestion était axée sur la responsabilité individuelle de la population et du respect les gestes barrières.

La deuxième vague de l'épidémie a révélé des divergences entre régions linguistiques, tant du point de vue du nombre de cas que des mesures prises, un fossé baptisé "coronagraben" (fossé du corona).

Cet automne, après avoir frappé d'abord les cantons francophones et italophones, qui ont pris des mesures, l'épidémie s'est abattue sur les cantons germanophones, peu pressés d'agir malgré les appels répétés du gouvernement.

Nombreux estiment que les cantons romands, qui étaient en train de desserrer la vis face au Covid, paient pour le manque de responsabilité des cantons alémaniques.

 

           

           

           

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