Covid-19 : une surmortalité de 3 600 morts en 2020 en Bourgogne-Franche-Comté, selon l'Insee

La mortalité observée en 2020 en Bourgogne-Franche-Comté est 12,3% plus élevée que la moyenne des cinq années précédentes, indique l'Insee dans une étude publiée ce mardi 19 janvier.

La moyenne des décès enregistrées en 2020 en Bourgogne-Franche-Comté (en bleu) s'écarte grandement de la moyenne des cinq années précédentes (en rouge) pendant la première et la seconde vague de Covid-19.
La moyenne des décès enregistrées en 2020 en Bourgogne-Franche-Comté (en bleu) s'écarte grandement de la moyenne des cinq années précédentes (en rouge) pendant la première et la seconde vague de Covid-19. © Insee

33 500 décès ont été enregistrés en Bourgogne-Franche-Comté en 2020. C'est 12,3% de plus que la moyenne des cinq années précédentes (2015-2019), indique l'Insee dans une étude réalisée à partir des données de l'état civil et publiée ce mardi 19 janvier 2021. Au niveau national, cette surmortalité est mesurée à 10,6%.

La hausse est inédite. La canicule de 2003 avait été l'occasion d'un nombre de décès quotidien plus important, mais le phénomène s'était concentré sur quelques jours. Les conséquences de la crise sanitaire pèsent elles durablement sur les statistiques démographiques.

La deuxième vague la plus meurtrière

L'Insee a découpé l'année 2020 en quatre périodes : le début d'année entre début janvier et fin février, la première vague entre début mars et fin avril, une période de reflux entre début mai et fin août et la deuxième vague entre début septembre et fin décembre.

Alors que le début d'année avait commencé avec un nombre de décès en recul par rapport aux années précédentes (-1,6%), la première vague a été l'occasion d'une surmortalité de 4,6% dans notre région. Entre début mai et fin août, une hausse limitée de la mortalité (+0,6%) a été constatée pendant la période de reflux. Puis, entre septembre et décembre, la deuxième vague s'est traduite par une augmentation importante du nombre de décès enregistrés (+8,7%). 

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Lors de la première vague, après le pic de décès observé en avril, la courbe était rapidement redescendue pour rejoindre les niveaux habituellement observés dans la région. Pendant la deuxième vague, ce n'est pas le cas, celle-ci se maintient à un niveau élevé depuis début novembre. Cette particularité ne se retrouve pas si on compare la situation régionale aux chiffres nationaux. En France, la deuxième vague s'est traduite par une diminution du rythme des décès (en rouge ci-dessous) à partir du mois de novembre.

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Le Territoire de Belfort le plus touché

Les huit départements de notre région sont touchés par une surmortalité en 2020. Ce sont néanmoins les départements de l'est de la région qui payent le plus lourd tribut. Le Territoire de Belfort enregistre ainsi un excédent de décès de 271 par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Cela représente une hausse de 20,6%. Vient ensuite le Doubs, avec +17,2%, puis la Haute-Saône avec 14,3%.

Il faut noter que l'Insee prend en compte dans toute son étude le lieu de résidence des personnes décédées, et non pas le lieu où leur décès a été enregistré (par exemple un hôpital). Cela permet par exemple pour le Territoire de Belfort d'exclure que la présence dans ce département peu peuplé de l'hôpital Nord Franche-Comté - qui a accueilli des patients de départements limitrophes - ait eu une influence sur les données de mortalité.

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L'Insee n'est pas destinataire des causes de décès. Toutes les causes sont donc reprises dans les chiffres présentés. Une vigilance particulière doit être observée pour les derniers données de décembre qui, en raison du délai de remontée des déclarations de décès papiers, pourraient ne pas être tout à fait exhaustives pour l'instant.

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