​​​​​​​COVID : comment faire pour que l’épidémie ne freine pas l’entrée des jeunes en apprentissage

Des primes pour l'embauche de jeunes en alternance, un appel solennel des grands patrons à recruter des apprentis… Les initiatives se multiplient face aux menaces que fait peser la crise économique liée à l’épidémie de coronavirus.
 

La crise économique liée à l’épidémie du Covid-19 laisse craindre une baisse du nombre d’entrées en apprentissage à la rentrée et va compliquer l'entrée des jeunes apprentis sur le marché du travail.



"Toutes les entreprises […] ont le devoir de soutenir notre jeunesse, pour éviter que cette génération ne soit "sacrifiée" : voilà en résumé le message lancé par les patrons de quelques-unes des plus grandes entreprises et organisations françaises. "Nous avons besoin des jeunes, de leurs talents. La meilleure chance que nous pouvons leur offrir est de les accueillir en alternance“, disent-ils dans une tribune publiée sur franceinfo.

L’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) fait partie des organisations patronales qui ont signé cet appel en faveur de l’apprentissage. "C’est une année un peu exceptionnelle", confirme le Pôle formation de l’UIMM Bourgogne 21-71, qui organise des formations en alternance (apprentissage et contrat de professionnalisation) sur ses sites de Chalon-sur-Saône et Dijon.

Bac en chaudronnerie, BTS conception de produits industriels, etc. Les formations proposées par l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) vont du bac au bac+5, soit du CAP jusqu’au niveau ingénieur. Il y a aussi des partenariats avec l’université pour des licences professionnelles en alternance (robotique, conception 3D, maintenance…)

 
 

Comment la crise du Covid bouscule l'apprentissage ? 


"Le recrutement de nos futurs apprentis a été un peu retardé à cause de l’épidémie de coronavirus. Tous les ans, lors de la Semaine de l’Industrie qui a lieu au mois d’avril, on organise un forum de l’emploi et de l’apprentissage. En principe, à cette époque de l’année, beaucoup d’entreprises ont déjà défini leurs besoins. Or, là avec le confinement, les offres ne sont pas tombées tout de suite, ce qui a tout retardé", explique Anne-Laure Guillemenet, responsable communication du pôle formation de l’UIMM Bourgogne 21-71. 

"A ce jour, 10% des apprentis que nous allons accueillir sont toujours à la recherche d’une entreprise. Et les 90% de jeunes qui ont déjà trouvé un employeur ont parfois été placés un peu tardivement. Tout a mis un peu plus de temps que d’habitude. C’est pourquoi on pourra signer des contrats d’apprentissage jusqu’en février 2021, pour que les jeunes aient davantage de temps pour trouver un employeur. " Au lieu de 3 mois, les apprentis ont maintenant 6 mois après le début de leur formation pour signer un contrat d’apprentissage avec une entreprise

A cause de l’épidémie de Covid-19, certaines entreprises hésitent encore à prendre des apprentis en Bourgogne, comme un peu partout en France. "Ce n’est pas général et cela dépend des secteurs, mais des employeurs qui avaient l’habitude de faire appel à l’apprentissage ne le feront pas cette année. Cela dit, si ça se trouve dans six mois, tous les jeunes auront trouvé une entreprise. En attendant, on s’est organisé pour pouvoir accueillir tout le monde et on les aidera à trouver un employeur, à travailler leur CV, à préparer des entretiens."


 
 

Pourquoi les entreprises doivent "renvoyer l'ascenseur aux jeunes" ?


A l’UIMM, on espère que l’accompagnement du gouvernement pourra débloquer des projets de recrutement dans les petites et les moyennes entreprises. [Le Premier ministre a confirmé jeudi 3 septembre 2020 le plan pour l'emploi des jeunes, doté de 6,5 milliards d'euros déjà votés cet été. Ce plan prévoit entre autres des primes pour l'embauche de jeunes en alternance ( 5 000 euros pour l’embauche d’un apprenti mineur, 8 000 euros pour l’embauche d’un apprenti de plus de 18 ans) ainsi que des aides pour équiper les apprentis en matériel numérique.]


"C’est le manque de visibilité qui constitue le principal blocage, surtout pour les entreprises qui travaillent à l’international. Mais, elles sont aussi conscientes qu’il faut à tout prix garder leurs compétences et qu’il est important de continuer à former les jeunes pour être prêt à redémarrer quand la conjecture va s’améliorer", assure Anne-Laure Guillemenet.


En tous cas, "le gouvernement a fait son travail", a reconnu Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, il y a quelques jours lors de l'université d'été de l'organisation patronale. "On a beaucoup fait pour nous aider pendant cette crise. C'est à nous, les entreprises, de renvoyer l'ascenseur aux jeunes", a déclaré le patron des patrons, qui estime que cet engagement du Medef est "presque un devoir civique et moral".

 


 
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