Déconfinement : les parapentistes ont de nouveau la tête dans les nuages

 Le confinement leur avait coupé les ailes, mais les parapentistes sont de retour dans les airs et ils entendent bien désormais profiter pleinement de leur passion. Parmi eux, notre confrère de France 3, Franck Ménestret et son ami Romain. Récit à deux ailes, d'un bonheur retrouvé...

© Bernard Portugal

Une petite brise de nord-ouest, un ciel parsemé de cumulus et une température de 18 degrés. Il est 13h30, la météo est parfaite et Franck est tout sourire sur l'aire de décollage de Montfaucon. Comme tous ses collègues parapentistes, notre confrère a rongé son frein pendant le confinement... « C'était difficile de rester au sol, alors que la météo était souvent exceptionnelle, avec le ciel bleu et des nuages qui nous appelaient littéralement à les rejoindre. Aujourd'hui nous sommes tous très heureux de pouvoir voler de nouveau. La météo est excellente et on va pouvoir faire des dizaines, voire des centaines de kilomètres pour les meilleurs, dans de très bonnes conditions de vol...».
© Bernard Portugal


" Il faut rester vigilant et prudent..."

A ses côtés, Romain, parapentiste très expérimenté prépare lui aussi sa voile. Le décollage est imminent mais malgré l'impatience bien compréhensible, c'est la prudence qui reste de mise. « Nous devons être vigilants et prudents car en raison du décalage occasionné par le confinement, nous sommes en fait en début de saison.  Or les conditions peuvent parfois être fortes en ce moment et il est essentiel de savoir garder une marge de sécurité afin de ne pas se mettre en difficulté.» 
 
Romain Kieffer, parapentiste ©Romain Kieffer


Un sentiment partagé par Franck. « Quand on est porté par des ascendances thermiques pour prendre de l'altitude, il y a de la turbulence et on peut vite se faire chahuter. Certains pilotes n'ont pas touché leur voile depuis 6 mois. Il faut donc être en bonne condition physique, bien gérer son stress et connaître ses limites.»

" Voler avec les oiseaux c'est le bonheur à l'état pur..."

Il est 13h45, les deux pilotes qui connaissent parfaitement le site de Montfaucon, décollent à quelques minutes d'intervalle, sous le regard de nombreux curieux installés sur le belvèdère qui domine Besançon. La voile se gonfle et après quelques pas d'élan le sol se dérobe et laisse place au vide. Un retour dans leur élément pour les deux hommes et un objectif commun : prendre rapidement de l'altitude afin de profiter pleinement du ciel infini. « Avoir les jambes dans le vide et regarder les oiseaux qui tournent dans la même masse d'air pour monter eux aussi sans se fatiguer et qui nous indiquent le chemin, c'est de la magie, le bonheur à l'état pur... » poursuit Franck.
 

" Le vol libre c'est la nature, l'espace et la liberté..."

En quelques minutes, les deux voiles ne sont plus que des petits points multicolores, perdus à l'horizon. Franck va voler un peu plus d'une heure en direction de Morteau. Pour Romain le bonheur durera encore plus longtemps, jusqu'aux reliefs vallonnés du Jura. A chacun son cap, à chacun ses nuages. Dans les airs, tous les chemins mènent au plaisir et à la contemplation. Des sensations dont les deux hommes ne se lassent pas. « C'est la nature, c'est l'espace, c'est la liberté, c'est tout ce qui fait le plaisir du vol libre », précise Franck . « C'est aussi pour ça que dans le cadre de notre association Para-Déclic nous proposons des vols à des personnes malades ou handicapées, afin de partager avec elles ces sensations incroyables et cette adrénaline incomparable.»

 
Trace GPS de Romain Kieffer qui a décollé de Montfaucon, près de Besançon, pour atterrir Saint-Germain-lès-Arlay. à 70 km effectués en 3 heures 10.
Trace GPS de Romain Kieffer qui a décollé de Montfaucon, près de Besançon, pour atterrir Saint-Germain-lès-Arlay. à 70 km effectués en 3 heures 10. © Romain Kieffer


 
Franck Ménestret après son atterrissage dans un champ est salué par les occupants des lieux...
Franck Ménestret après son atterrissage dans un champ est salué par les occupants des lieux... © Bernard Portugal


Il est 16h30, Franck range sa voile dans le coffre de sa voiture après un vol « un peu tendu au début en raison d'une aérologie instable mais qui s'est apaisée au dessus de 1000 mètres d'altitude..».
Sa mission désormais, aller chercher Romain qui vient de se poser quelque part, au beau milieu du vignoble d'Arbois. A moins de 100 kilomètres de distance bien sûr, car le respect des mesures sanitaires s'applique aussi dans les airs..
 
© Bernard Portugal

 
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