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Détenus radicalisés en prison : “Ces détenus doivent avoir des mouvements très limités” lance un syndicaliste

Laurent Boitrans, Secrétaire général UFAP-UNSA Franche-Comté / © France 3 Franche-Comté : Hugues Perret
Laurent Boitrans, Secrétaire général UFAP-UNSA Franche-Comté / © France 3 Franche-Comté : Hugues Perret

Au lendemain des révélations sur Michaël Chiolo l'auteur présumé de l'attaque sur des surveillants de Condé-sur-Sarthe, Laurent Boitrans sécrétaire général de l'UFAP-UNSA s'indigne que ce détenu déjà signalé comme dangereux à la prison de Besançon n'ait pas été placé dans un quartier spécialisé. 

Par Sophie Courageot

Incarcéré à Besançon (Doubs) en 2016, Michaël Ciollo avait déjà montré des signes de dangerosité envers le personnel pénitentiaire. Un rapport de 4 pages de l'administration pénitentiaire que France 3 a pu se procurer souligne que l'individu s'était montré menaçant dans ses propos. Il avait été placé sous écoute. Lors de conversations avec sa compagne (tuée lors de l'attaque de Condé-sur-Sarthe), le détenu parlait du Sheitan, le diable qu'il lui ordonnait : "Demain matin, lorsqu'ils ouvrent la porte, tu leur fais un truc de fou." L'homme précisait ensuite à sa compagne : "Je sors de la cellule avec un couteau, j'en attrape un, je l'emmène dans la cellule, il n'y a personne qui fait rien." 


Ces détenus doivent être dans des quartiers spéciaux, et leurs déplacements limités 


"On savait qu'il était très dangereux à l'époque et capable de passer à l'acte. A l'époque il avait déjà été condamné à Mulhouse pour avoir mimé les actes terroristes du Bataclan. On savait qu'il était capable de passer à l'acte puisque des écrits professionnels désignaient clairement l'individu et précisaient qu'il était dangereux pour l'administration pénitentiaire" explique Laurent Boitrans, sécrétaire général UFAP-UNSA en Bourgogne Franche-Comté. 

Laurent Boitrans s'interroge sur ce qu'ont fait l'administration pénitentiaire et la justice après le signalement de Michaël Chiolo : "Première question, est-ce que l'administration a transmis ces documents au Parquet. Si c'est le cas, pourquoi n'a-t-il pas été poursuivi pour ces faits ? Deuxième point, malheureusement ces collègues blessés, ça n'aurait jamais dû arriver.  Ce détenu aurait du se retrouver dans un quartier étanche pour détenus radicalisés avec des mesures de précaution très sécurisé pour le personnel, c'est à dire des mouvements limités, menotté à chaque déplacement". 

Le syndicaliste s'inquiète de ces profils de détenus radicalisés et du retour de Syrie de certains jihadistes français. Il y a d'autres que Michaël Chiolo selon lui. "Aujourd'hui s'il n'y a pas un changement politique radical, malheusement on va se retrouver demain avec peut-être des situations encore plus dramatiques. Aujourd'hui on exige que pour ces profils de détenus, il y ait des quartiers spécifiques avec une gestion spécifique. Nous avons à faire à des fauves. Il faut protéger les personnels pénitentiaires. Comme je vous le disais, ces détenus doivent avoir des mouvements très limités, des visites très limitées, encadrées, fouillées et les personnels équipés" lance le syndicaliste comtois.  

 
Laurent Boitrans, Secrétaire général UFAP-UNSA Franche-Comté
Il s'exprime sur le fait que Michaël Chiolo détenu radicalisé qui a agressé deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe avait déjà été signalé lors de son passage à la maison d'arrêt de Besançon. Interview C.Schaffner, H.Perret.


Des failles de sécurité dans l'attaque de Condé-sur-Sarthe


Pourquoi la compagne de Michaël Chiolo n'a-t-elle pas été fouillée ? Pourquoi les surveillants n'avaient pas de gilets pare-lame ? Pourquoi Michaël Chiolo a-t-il eu accès à une unité de vie familiale ?
Après l'attaque de Condé, le premier ministre Edouard Philippe a reconnu des défaillances.  Le ministère de la Justice a diligenté une enquête afin de mieux comprendre ces dysfonctionnements. Les conclusions devraient être rendues publiques d'ici un mois. La prison de Condé-sur-Sarthe est l'une des plus sécurisées de France. Mais les surveillants n'avaient pas de gilet de protection quand ils ont pénétré dans l'unité de vie familiale (UVF), un lieu d'intimité pour les détenus et leur famille, où se trouvaient Michaël Chiolo et sa compagne. 
   

La prison d'Alençon/Condé-sur-Sarthe dans l'Orne où les deux surveillants ont été poignardés était toujours bloquée ce vendredi pour la troisième journée consécutive par des surveillants. Leur mouvement social a conduit au blocage de trois autres prisons et à des débrayages un peu partout en France. 

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