Coronavirus Covid-19 : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse des autorités en Bourgogne-Franche-Comté

Le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, Bernard Schmeltz. / © France 3 Bourgogne
Le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, Bernard Schmeltz. / © France 3 Bourgogne

Préfecture, Agence régionale de santé et Académie ont tenu une conférence de presse ce mardi 17 mars sur la crise du coronavirus en Bourgogne-Franche-Comté. Voici ce qu'il faut en retenir.

Par Matti Faye

Les autorités font le point sur la crise du coronavirus en Bourgogne-Franche-Comté et les mesures mises en œuvre dans notre région suite aux annonces du président de la République lundi soir.

Le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, le directeur général de l'Agence régionale de santé, le recteur de la région académique et la rectrice de Dijon ont pris la parole lors d'une conférence de presse ce mardi 17 mars en fin de journée.

Pour la première fois depuis le début de la crise, les journalistes ont été invités à suivre cette conférence de presse par audioconférence. La préfecture a tout de même autorisé une équipe de France 3 Bourgogne à se rendre sur place pour vous permettre de suivre vous aussi cette prise de parole.

Revoir la conférence de presse
La conférence de presse en direct


Quatre nouveaux décès en Bourgogne-Franche-Comté

Le directeur général de l'Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté a fait un nouveau point sur l'épidémie de coronavirus. "À ce jour, nous dénombrons dans les hôpitaux de notre région 156 personnes hospitalisées et confirmées positives au coronavirus", a indiqué Pierre Pribile. 31 personnes sont en réanimation. 10 personnes sont décédées depuis le début de la crise. Quatre décès supplémentaires sont à déplorer depuis lundi : une personne à Dijon et trois à Mâcon.

Par ailleurs, l'ARS ne communique plus le nombre de nouveaux cas confirmés. "Il est de plus en plus éloigné du nombre de cas réels. Il est totalement inutile et de toute façon impossible de procéder au test de l'ensemble des patients qui présentent des symptômes", a justifié Pierre Pribile. "Les chiffres se recentrent donc sur les prises en charge graves."
 

"La meilleure façon de prêter main forte aux soignants dans la situation qui est la nôtre aujourd'hui est de respecter scrupuleusement les consignes de limitation des contacts […] Rester chez soi autant que possible, c'est la meilleure façon d'aider les soignants […] Dans plus de 80% des cas, cette maladie est bénigne, on tousse, on a de la fièvre. Et dans 80% des cas, avec du repos ça passe. Le message est de ne surtout pas appeler le 15 ni même se rendre de soi-même dans un service d'urgence ou dans un cabinet médical dès ors que l'on ressent ces symptômes", a ajouté le directeur général de l'ARS.

"Si on ressent le besoin de recourir à un médecin, d'abord appelez-le par téléphone. Appelez votre médecin traitant qui vous donnera des conseils, peut-être qu'il vous proposera également une téléconsultation, de façon à éviter des regroupements dans des cabinets médicaux."
 

N'ayez recours au 15 que si vous ressentez des symptômes graves. C'est-à-dire une très forte fièvre, des difficultés à respirer.
Pierre Pribile, directeur général de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté

 

 

"Il ne faut pas essayer de contester" les mesures de confinement

Le préfet de Bourgogne-Franche-Comté Bernard Schmeltz a rappelé les consignes de confinement à respecter et les justificatifs dont il faut se munir pour chaque déplacement. "Nous devons tous, sans aucun passe-droit, respecter ces consignes de confinement, qui sont inédites, a-t-il indiqué. Elles sont inspirées très directement de ce qu'ont fait un certain nombre de nos voisins, notamment en Italie et en Espagne. Avec un niveau d'exigence particulièrement élevé parce que la situation l'exige."
 

Il ne faut pas essayer de contester ces mesures. Il ne faut pas adopter un comportement de rébellion ou de contestation. Ça n'a tout simplement pas de sens et ce serait irresponsable.
Bernard Schmeltz, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté


Les forces de police et de gendarmerie sont déployées depuis la mi-journée ce mardi 17 mars pour s'assurer de la légitimité des déplacements. "Nous sommes au tout début de la mise en place de ce dispositif, donc il y aura une action pédagogique de la part des policiers et des gendarmes. Mais il ne faut pas non plus se raconter d'histoires, s'il y a des comportements irresponsables tels ceux qu'on a pu constater le week-end dernier, il y aura des verbalisations. Il ne pourra pas en être autrement", a expliqué le préfet.

"Nous avons quelques jours devant nous probablement pour gagner cette bataille contre l'épidémie. Nous sommes à un tournant, chacun le voit bien à travers des chiffres qui sont communiqués jour après jour […] C'est maintenant qu'il faut freiner le plus fort possible pour éviter que cette épidémie se déploie encore davantage", a ajouté Bernard Schmeltz.
 

Les difficultés de connexion pour les élèves rapidement résolues

La classe se fait à la maison pour l'essentiel des élèves depuis lundi 16 mars. Cela suppose une connexion via internet avec les enseignants. Le nombre de connexions très important a entraîné des difficultés. Elles devraient être résolues dans les prochains jours, a assuré le recteur de la région académique, Jean-François Chanet.

"La montée en charge brutale, à une ampleur qui n'était pas imaginée il y a quelques jours, a fait qu'hier et encore aujourd'hui, on a été en difficulté : des problèmes de réseau, de tuyauterie, bien compréhensibles. Mais ces problèmes seront résolus. Les collectivités ont contribué financièrement à aider la société prestataire de l'environnement numérique de travail à monter en charge." 

On peut s'attendre à ce que, dans les tout prochains jours, les problèmes que nous avons rencontré soient progressivement résolus.
Jean-François Chanet, recteur de la région académique


Les enfants de personnels de santé sont eux accueillis physiquement dans les écoles. "C'est de l'ordre de 1 300 enfants (premier degré et collège réunis) qui ont été accueillis en Bourgogne-Franche-Comté hier et aujourd'hui", a précisé le recteur.
 


"Nous nous sommes organisés pour demain alors qu'en temps normal les activités périscolaires du mercredi ne relèvent pas nécessairement de l'Education nationale, a poursuivi Jean-François Chanet. Mais il y a eu un très fort mouvement de solidarité qui fait que, dans certains départements (Haute-Saône, Territoire de Belfort), les enfants seront demain accueillis dans les écoles, avec des personnels volontaires […] Nous sommes déjà en train de réfléchir à ce que sera le besoin le week-end."

Les enfants de soignants étaient jusqu'ici accueillis dans leur établissement habituel. Ils pourraient être regroupés dans certains sites, quatre à Dijon par exemple, à partir de jeudi, a indiqué la rectrice de l'académie de Dijon, Nathalie Albert-Moretti.
 

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