Doubs : Les Pins Noirs, un jardin tout en contrastes entre ombre et lumière

Le jardin Les Pins Noirs, situé à Devecey dans le Doubs, bénéficie d'un cadre naturel privilégié en lisière de forêt. De la rocaille sèche de la pinède aux massifs verdoyants du sous-bois, différentes ambiances se côtoient dans ce jardin privé.
© Pascal Sulocha

À quelques kilomètres de Besançon, le jardin Les Pins Noirs se situe dans une propriété privée sur les hauteurs de Devecey.

De la pinède ensoleillée à la fraîcheur du sous-bois, Pascal et moi découvrons un jardin aux ambiances très contrastées. Catherine et Jean-Claude Masure nous accueillent sur l'une des terrasses ensoleillées jouxtant la maison.
Le jardin, c'est le royaume de Catherine, Jean-Claude assure de son côté le gros œuvre.

Les Pins Noirs, un jardin tout en contrastes entre ombre et lumière

Difficile d'imaginer que lorsqu'ils ont acheté la propriété en 1996, tout était à l'abandon, la maison comme le terrain. Après un gros travail de défrichage, il a fallu abattre plus d'une quarantaine de pins et sapins mesurant jusqu'à 40 mètres de hauteur pour enfin voir le potentiel du lieu. Ce qui a tout de suite séduit ses propriétaires, c'est la proximité avec la forêt.

Un jardin de contrastes

La découverte du jardin de Catherine et Jean-Claude commence par le côté pinède dont le sol sec et peu profond est recouvert de plantes peu exigeantes et adaptées à la chaleur. Cet espace méditerranéen est composé d'arbustes taillés en nuage (niwaki), de santolines, de sauges et de lavandes qui exaltent un parfum extraordinaire, "surtout après une petite ondée" nous précise Catherine.

L'espace méditerranéen
L'espace méditerranéen © Pascal Sulocha

Depuis la terrasse, nous apercevons la partie ouest du jardin où la floraison des différents massifs de vivaces va s'échelonner tout au long de la belle saison. 

Dans le fond du jardin, un sous-bois permet à Catherine de mettre en valeur des plantes d’ombre et mi-ombre, l'une de ses passions !
C'est dans cet espace qu'elle prend énormément de temps pour marier les différents feuillages et composer une harmonie de couleurs et de textures. Loin des jardins traditionnels, elle se plaît à animer ces massifs... sans la moindre fleur.
 

Je ne dessine pas le jardin, ça se fait "dans la tête", je visualise, je prends des photos...

Catherine

Et à cette envie de toujours mieux faire, elle n'hésite pas à changer de place les différentes plantes, organiser de nouvelles compositions. Jean-Claude, qui l'aide ponctuellement, nous confie en riant "c'est le jeu des chaises musicales, ce n'est jamais à la bonne place !"

Il faut prendre son temps dans cette partie ombragée du jardin pour découvrir çà et là quelques "surprises" comme un camélia qui s’épanouit sous un arbre ou la repousse inattendue d’un rodgersia au milieu d’un massif.
Les hydrangeas profitent de cet espace ombragé et s'épanouissent sous les différentes essences d'arbres et arbustes. 

Un jardin qui se "débrouille tout seul"

Cette notion de jardin quasi autonome, Catherine l'a appris au fur et à mesure des années, avec l'expérience. "Je suis une vieille jardinière ! L’expérience vient en jardinant... avec des échecs" nous confie-t-elle.
Son astuce est de planter très serré pour éviter un maximum le désherbage et l'évaporation.

Hostas et Heuchères dans la partie sous-bois
Hostas et Heuchères dans la partie sous-bois © Pascal Sulocha

Dans ce jardin, il n'y a pas d'arrosage automatique ni de goutte à goutte, Catherine arrose au moment de la plantation pour aider la plante à démarrer, et quand elle a repris de la vigueur, elle doit se débrouiller toute seule.

Chez moi, une plante n’a pas le droit à l’erreur, si elle ne se plaît pas, je ne vais pas insister.

Catherine

Pour cette passionnée du jardin, il faut du bon sens et ne pas aller contre la nature des plantes. 

Le plus gros du travail dans ce jardin se situe au printemps lorsqu'il faut nettoyer et tailler. Une fois ces tâches terminées, Catherine nourrit ses plantes avec un compost maison. Durant la période estivale, seuls les rosiers ont droit à un peu de travail lorsqu'il faut enlever les roses fanées.
Une sélection naturelle s'opère donc et seuls les végétaux robustes perdurent dans son jardin : "il ne faut pas s’obstiner à vouloir mettre des plantes exotiques dans notre région."

L'hosta, la plante fétiche de Catherine 

Dans l'espace sous-bois du jardin, les hostas sont très présents. Catherine possède près d'une cinquantaine de variétés de cette plante vivace originaire de Chine et du Japon. 
C'est une plante très intéressante car elle offre une grande diversité de feuillage et de coloris. Selon les variétés, sa floraison apporte elle aussi à la plante une touche des plus décoratives : des grappes de fleurs en trompettes mauves, violettes ou pourprées.

Les nombreux hostas du jardin
Les nombreux hostas du jardin © Pascal Sulocha

Un des nombreux avantages de cette plante, c'est qu'elle est très facile à cultiver et à déplacer. Elle se multiplie également très facilement en divisant la motte au printemps : "on la replante avec du compost et on l’arrose généreusement pour qu’elle reparte."

Mais, si Catherine ne trouve que des avantages à cette plante, elle n'est pas la seule ! Les limaces adorent ce végétal qu'elles grignotent à la moindre occasion, avec une préférence pour certaines variétés. "Je pense qu’il y a des hostas plus savoureux que d’autres !" nous dit-elle.
Pour lutter contre ces indésirables, notre experte met au pied de chaque plante avant qu'elle ne redémarre des granulés de concentré de phosphate de fer, un traitement naturel et biologique.

Les infos pratiques

Le jardin de Catherine et Jean-Claude Masure est ouvert aux visites de juin à octobre, pour les groupes, uniquement sur rendez-vous.
Tarif : 3 euros
Tel : 09.52.31.01.49 / 03.81.56.88.27

 

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