Haute-Saône : Acorus, un jardin aquatique entre jardin à l’anglaise et jardin japonais

Le jardin aquatique d'Acorus, situé à Autoreille en Haute-Saône, est une invitation à la reconnexion avec la nature. Situé sur un vallon en lisière de forêt, ce jardin labellisé « Jardin remarquable » est organisé autour de nombreuses pièces d’eau propices au ressourcement.

Les bassins des lotus
Les bassins des lotus © Pascal Sulocha

C’est par une très belle journée ensoleillée que Sylvie Besnoit nous accueille, Pascal et moi, devant un torri (portail traditionnel japonais) qui donne immédiatement l’ambiance de ce jardin exceptionnel.
Passé le torri, nous entrons dans une ambiance très différente de la campagne environnante. Au détour d’un bosquet de bambous, on découvre deux grands bassins où les nénuphars commencent à peine à fleurir. Un petit ponton de bois permet de traverser cet espace et d’accéder à un grand espace végétal.

Diaporama sonore : Acorus, un jardin aquatique en Haute-Saône

Le bruit des cascades nous attire immédiatement et sert de trait d’union dans notre déambulation tout au long de la matinée. Nous découvrons une grande diversité végétale autour de ces pièces d’eau : feuillus, bambous, fougères et autres vivaces. Le jardin héberge actuellement plus de 1 000 espèces végétales dont plus de 250 plantes aquatiques.

Un jardin né d’une passion

Le jardin aquatique d'Acorus  a été créé par Sylvie et Olivier Besnoit il y a une trentaine d’année. Le couple a abandonné sa vie citadine et ses emplois d’ingénieurs pour vivre d'une passion commune, la nature, et plus particulièrement les milieux aquatiques. Sylvie et Olivier décident de s’installer en Franche-Comté, une région qu’ils affectionnent particulièrement et acquièrent un terrain de 3 hectares à Autoreille, en Haute-Saône.
En 1994, ils créent Acorus, une entreprise regroupant une pépinière de plantes aquatiques ainsi que des réalisations de bassins et, en parallèle, ouvrent leur jardin à la visite. Ce jardin sert de vitrine et de terrain d’expérimentation à leur activité.
Leur fils Johan vient de rejoindre l’aventure à plein temps, l’activité et l’entretien de ce jardin demandant beaucoup de temps et d’investissement personnel.

Passion et folie sont des mots qui reviennent très régulièrement dans la bouche d’Olivier. Et il en faut pour se lancer dans la production de plantes aquatiques à l’époque ! En effet, dans les années 90, la production de ces plantes est une niche et nombreux sont ceux qui se posent la question de l’intérêt de cultiver ces plantes… qui ne se mangent pas !
Ce couple de passionnés développe ce jardin aquatique sur une ancienne pâture à vaches où il n’y a aucune source. Ils aménagent différents bassins et ruisseaux et installent des pompes afin que l’eau circule en circuit fermé.

La découverte des différents bassins

On découvre différents bassins répartis sur toute la propriété : celui des nénuphars, les bassins en cascades, les bassins aux fougères, les bassins de lotus… mais également un bassin biologique natatoire.
Ce dernier bassin offre une eau douce et claire. Sa filtration s’effectue par différentes plantes, par des micro-organismes mais également de façon mécanique par la pierre volcanique (la pouzzolane). Une pompe restitue l’eau filtrée sous forme d’une jolie cascade, ce qui permet également de l’oxygéner.
Ce lieu est occupé à l’année par un bel esturgeon qui partage volontiers son espace pour les moments de baignade des propriétaires.

Le bassin natatoire
Le bassin natatoire © Pascal Sulocha


Un jardin d’hiver est en préparation avec la création de nouveaux bassins surplombés par une gloriette. Sur le côté de ces bassins, une zone de tourbière est en cours d’aménagement avec des plantes carnivores comme les sarracenias (sarracénies), les droséras ou encore les dionées.
 

Ce sont également des plantes de milieux humides. On voulait essayer de les implanter dans notre jardin dont la caractéristique principale est le milieu aquatique, même si l’environnement est très différent.

Sylvie

Un jardin où la faune et la flore stimulent les cinq sens

La faune occupe une place très importante dans ce jardin et Sylvie connait sur le bout des doigts les différentes espèces qui le fréquentent.
Difficile de ne pas citer en premier lieu les grenouilles vertes qui, en cette fin de printemps, sont encore en pleine période de reproduction et ponctuent notre balade avec leurs coassements. Dans le bassin des lotus elles sont très nombreuses et partagent leur espace avec des insectes comme les libellules, les gerris (surnommés les patineurs), mais également des crustacés et des mollusques.

Une multitude d'oiseaux égayent le jardin de leur présence et de leur chant. Notre visite est ponctuée par le chant des mésanges et du gazouillis des hirondelles (quand les grenouilles se mettent un peu en veilleuse !). Une chouette hulotte prend régulièrement place dans un bosquet de bambous, des pelotes de réjection au pied de ces plantes attestent de sa présence. Malheureusement pour Pascal et moi, elle n’a pas daigné nous honorer de sa compagnie ce jour-là.

Les reptiles sont des hôtes familiers du jardin, principalement des lézards des murailles. Papillons et bourdons apparaissent régulièrement au détour d’un massif de fleurs.

Parmi les différentes espèces végétales, on découvre dès le début du parcours un magnifique saule pleureur planté au début de la création du jardin. De nombreux érables du Japon ponctuent ce tableau avec leurs feuillages de diverses formes et couleurs.

Un bel érable du Japon se reflète dans l'un des bassins du jardin
Un bel érable du Japon se reflète dans l'un des bassins du jardin © Pascal Sulocha

On met vraiment l’accent sur les feuillages, du printemps à l’automne ils accompagnent les différentes floraisons et apportent des contrastes dans le jardin. Les hostas et heuchères ont des couleurs et des contrastes dignes des jolies fleurs.

Sylvie

Rhododendrons, azalées et géraniums vivaces apportent également de belles tâches colorées en cette période sans oublier leurs parfums délicats.

Pour apprécier cette diversité végétale, Sylvie et Olivier pratiquent régulièrement deux sortes de tailles.
La taille de transparence qui permet d’ouvrir des perspectives sur le jardin. Le regard traverse les végétaux et a l'occasion de se poser sur l'arrière-plan, de l'admirer comme une toile.
La taille en nuage (niwaki) inspirée des jardins japonais consiste à former des plateaux dans la ramure d’un arbre ou d’un arbuste.
 

Un jardin où il fait bon prendre son temps

De nombreux bancs ou chaises sont installés dans le jardin, près des bassins ou sous un arbre, afin de profiter de toute la vie qui s’anime. C’est également une façon de ralentir un peu le temps qui passe nous dit Olivier.
 

La meilleure façon de visiter le jardin, c’est de s’asseoir.

Olivier

Un endroit propice pour se pose au bord d'un des bassins
Un endroit propice pour se pose au bord d'un des bassins © Pascal Sulocha

On peut effectivement observer une grenouille qui saute, les libellules qui se posent sur les fleurs, une salamandre qui passe…mais également écouter le chant de l’eau, le vent dans les feuilles et le cliquetis des chaumes des bambous. Toutes ces petites choses de la vie qu’on ne peut pas correctement apprécier en marchant.
 

L'aménagement d'un bassin aquatique à la portée de tous

Sylvie nous présente les bassins aux fougères, spécialement aménagés suite aux nombreuses questions de visiteurs quant à la faisabilité d'un espace aquatique chez soi. 
 

Avec des entités plus petites, on peut avoir un écosystème réussi avec peu de place.

Sylvie

Ce qui est important c’est que même si c’est une zone artificielle, cela doit paraître naturel nous précise-t-elle. Il ne faut donc pas voir le bassin par lui-même, il doit faire partie de son environnement. Les végétaux plantés dans ses alentours, le choix de certaines pierres doivent faire un tout  avec le bassin et se mettre en valeur les uns et les autres.

Les bassins aux fougères du jardin d'Acorus
Les bassins aux fougères du jardin d'Acorus © Pascal Sulocha

Pour le réaliser, il faut étancher une petite zone dans son terrain.
On peut installer une pompe pour brasser l’eau et faire de petites cascades, ce qui anime également de façon sonore le jardin, mais ce n’est pas une obligation.
Le plus important c’est de créer de bonnes profondeurs avec des paliers, afin d'obtenir des volumes d'eau corrects. L’équilibre d’un bassin tient essentiellement à la température de l’eau et surtout au peu de variation de celle-ci.
Lorsque l'on a un volume correct on a une plus grande inertie thermique et l’équilibre de l’eau est plus facilement atteint.
Les plantes vont également contribuer à cet équilibre : les plantes de fond vont oxygéner l’eau, les plantes qui couvrent comme les nénuphars font de l’ombre et les plantes de berge épurent l’eau par leurs racines.
Sylvie et Olivier se tiennent à la disposition de ceux qui aimeraient aménager une zone aquatique chez eux et bénéficier de leurs précieux conseils. Pour cela, il vous suffit de prendre rendez-vous. 

Notre visite des jardins aquatiques d'Acorus s'inscrit dans une série sur les magnifiques jardins de Bourgogne-Franche-Comté que nous vous proposerons tout cet été.
C'est un jardin qui demande que l'on prenne son temps afin de l'apprécier pleinement. Pascal et moi avons été conquis par ce jardin qui rassemble avec délicatesse la biodiversité qui nous est offerte.

Les infos pratiques :

Le site des jardins aquatiques d'Acorus
Horaires : le jardin est ouvert à la visite du mardi au dimanche : de 10h à 12h et de 14h à 18h
Tarifs : 8 euros/adulte, 4 euros pour les enfants de moins de 12 ans - gratuit pour les enfants de moins de 3 ans.

 

 


 

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