Besançon : Pour Jean Humbert-Droz, 83 ans, le bonheur est dans le travail

© Jean-Stéphane Maurice
© Jean-Stéphane Maurice

Pour cet horloger de Besançon (Doubs), le travail est toute sa vie. Dans une société où l'on aspire à prendre sa retraite et profiter d'un repos bien mérité, il entame sa 70e année de cotisation. Et tant que les yeux et les mains ne lui font pas défaut, il n'est pas près de s'arrêter. 

Par Jean-Stéphane Maurice

C'est un homme discret et passionné qui n'aime pas beaucoup parler de lui. Pourtant, Jean Humbert-Droz est une mémoire de l'horlogerie bisontine. Sa carrière professionnelle, Jean l'a commencé à l'âge de treize ans et demi. Il a appris le métier comme apprenti dans l'entreprise familiale dirigée par son père. Chez les Humbert-Droz, le temps coule dans le sang depuis cinq générations. Cette passion de Jean pour les montres haut de gamme lui permet de gagner pour chaque minute au travail, un peu plus de temps sur la vieillesse.
 
Besançon : un horloger heureux au travail à 83 ans
Reportage JS Maurice / Mixage T. Hardy

Son grand-père était déjà horloger en Suisse. En 1950, Jean trouve son premier emploi chez Lip, la célèbre entreprise horlogère. C'est le début d'une très longue carrière à concevoir et réparer les montres les plus prestigieuses. L'un de ses souvenirs les plus marquants est sa participation à la conception de la R27, la première montre électronique de la célèbre marque bisontine. Il n'a alors que 18 ans.

En 1961, Jean quitte Lip pour rejoindre l'atelier Reparalux créé par son père en 1960. La dynastie familiale de ces faiseurs de temps peut se poursuivre.
 
© Marcel et Jean Humbert-Droz
© Marcel et Jean Humbert-Droz

Soixante-dix ans après, son métier reste une passion. Chaque matin, Jean Humbert-Droz se lève pour aller travailler au moins cinq heures par jour. On est loin des 70 heures hebdomadaires qu'il effectuait lorsqu'il dirigeait l'entreprise. Aujourd'hui, c'est comme un violon d'Ingres pour lui. Sa vie tient dans ses minuscules mouvements de montres qu'il faut assembler ou réparer. Ses compétences en matière de mouvements mécaniques sont aujourd'hui très respectées. Certains clients n'hésitent pas à se déplacer pour lui confier, en main propre, leurs montres de grande valeur.

Sa plus grande fierté est de travailler aujourd'hui en famille avec son fils Frédéric et son petit fils Julien qui a repris la direction de Reparalux. Si ce dernier s'occupe plus spécifiquement de la création de nouveaux modèles de montres pour la marque qui portent leur nom (Humbert-Droz), le savoir-faire de son grand-père est une aide précieuse. 
 
© Frédéric, Jean et Julien Humbert-Droz
© Frédéric, Jean et Julien Humbert-Droz

Jean se donne encore quelques années de travail. Dans deux ans, il fêtera ses 85 ans, occasion pour lui de faire le point sur une retraite qu'il aurait pu prendre il y a trente ans. Mais tant que les mains seront toujours aussi précises et que le regard sera capable de distinguer le plus minuscule des mouvements, il n'est pas près de raccrocher la blouse. 

L'emploi des seniors en France

Si le terme est couramment employé, il n'existe pas de définition officielle pour le terme de "senior". Il concerne généralement les 55-64 ans. 

En matière d'emploi des seniors, la France accuse un retard sur ses voisins européens. 14 points sur les 60-64 ans (Sources DARES).

Dans les années 70, les pouvoirs publics ont favorisé la sortie du marché du travail des seniors pour favoriser l'emploi et réduire le chômage.  

Depuis les années 90, l'objectif d'un maintien à l'emploi des seniors est clairement une priorité gouvernementale.

Depuis la réforme des retraites de 2010, l'age du départ à la retraite est passé de 60 à 62 ans.

Le taux d'emploi des 60 - 64 ans s'élève à seulement 31 % et à 6,5 % pour les 65 - 69 ans.

L'âge est avec le fait d'être une femme enceinte, le premier facteur de discrimination selon les salariés. 

L'accord sur l'assurance-chômage de 2017 permet aux salariés de 57 ans et plus de ne pas avoir de réduction de leurs allocations.  Des plans de mise en retraite progressive sont aujourd'hui proposés aux salariés via un travail à temps partiel. Le cumul emploi-retraite permet de cumuler des revenus professionnels et une pension de retraite.

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