Besançon : au collège Voltaire, une grève des professeurs face au manque de mixité sociale

Drôle de rentrée pour les 650 élèves du collège Voltaire à Besançon. Le corps enseignant a décidé de faire grève ce mardi 8 septembre, quelques jours après la rentrée, pour contester la carte scolaire. Les nouveaux secteurs aggravent le manque de mixité sociale au sein de l'établissement.
Ce matin-là, les 650 élèves n'ont pas eu cours au collège Voltaire, situé dans le quartier de Planoise, à Besançon.
Ce matin-là, les 650 élèves n'ont pas eu cours au collège Voltaire, situé dans le quartier de Planoise, à Besançon. © Fabienne Le Moing - France Télévisions
Au collège Voltaire, à Besançon, une foule s’amasse devant les grilles blanches, ce mardi 8 septembre. Une cinquantaine de personnes chahute, des petits groupes se distinguent déjà, en ces lendemains de rentrée. Des bruits de cour de récréation pour une grève de professeurs.

Réunis en début de journée, tout le corps enseignant ne dispensera pas de cours ce matin-là. Les enseignantes et enseignants souhaitent protester contre un changement de sectorisation de leur collège. Le nouveau tracé de la carte scolaire a entraîné une baisse de la mixité sociale dans les classes : de plus en plus d’élèves sont issus de foyers défavorisés. Et parmi les 650 collégiens, nombreux sont en difficulté scolaire.

« J’ai envie d’aider les élèves »

Marie-Pierre Voidey porte un regard déterminé. « Je suis ici depuis 20 ans. Si je travaille à Planoise, c’est parce que j’ai envie d’aider les élèves », lance-t-elle. La professeure de mathématiques, syndicaliste au SNES-FSU, ne démord pas : si « l’administration » effectue des modifications, loin des réalités sociales et des établissements scolaires, ce sont souvent les élèves qui en pâtissent.
Besançon : au collège Voltaire, une grève des professeurs face au manque de mixité sociale
L’enseignante à la quarantaine détaille les différences entre aujourd’hui, et avant, quand la mixité sociale existait encore au collège Voltaire. Un plafond de verre s’abat désormais sur les collégiens, comme l'explique Marie-Pierre Voidey : « Les élèves qui viennent de quartier moins difficiles étaient plus nombreux pour tirer la classe et faire comprendre aux autres que tout le monde peut y arriver. Et maintenant, on est plutôt dans la situation inverse : ce sont les élèves en difficulté qui sapent un peu le moral des autres. »

Pas de moyens supplémentaires

Un sentiment de gâchis, et d’injustice habite alors le corps professoral. Ce dessin des nouveaux secteurs n’est même pas compensé par des moyens supplémentaires. L’établissement n’est pas classé en REP+, c’est-à-dire en réseau d'éducation prioritaire renforcé. Avec cette labellisation, les collégiens auraient bénéficié de plus d’un accompagnement plus fort, et les professeurs, alors plus nombreux, auraient pu consacrer plus de temps à l’enseignement.

C’est ce phénomène qui est pointé du doigt par Stéphane Faucogney, professeur de SVT. Le syndicaliste UNSA voit le décalage entre les décisions purement comptables, et les changements qu’elles engendrent au quotidien, dans l’apprentissage : « 4 élèves, ça ne paraît pas beaucoup dans une classe mais quand on passe de 24 à 28, ça change complètement la physionomie de la classe. » La qualité de l’enseignement paraît, de fait, amoindri, à cause du nombre trop grand d’élèves : « On ne travaille plus de la même façon, on est moins à l’écoute des élèves, on peut faire moins de travail différencié, moins aller vers les élèves les plus fragiles et ça change tout. »
 
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