Besançon : pourquoi Extinction Rebellion bloque les distributeurs de billets de transports en commun ?

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A Besançon, des militants du mouvement Extinction Rebellion s'enchaînent aux bornes de vente de billets à deux arrêts de tramway en commun pour exiger la gratuité des transports en commun. Une action symbolique non-violente pour lutter contre la pollution atmosphérique.

Par Lucie Thiery

Ce matin les Bisontins ont voyagé gratuitement. Ce n'est pas une opération spéciale initiée par la compagnie de bus et tramway Ginko mais plutôt le résultat d'une action menée par des militants écologistes.

Ils ont baptisé leur action ciblée : "Besak Attaque !".
Ce lundi 4 novembre à Besançon, une quarantaine de militants ont bloqué les distributeurs de tickets à des arrêts de tramway entre 7h et 9h pour protester contre le prix des transports publics.

Dès 6h30, des cyclistes activistes ont installé des panneaux "Hors Service" sur la trentaine de bornes de vente de billets.
Puis, près de quarante militants se sont postés devant les arrêts de tramway de Chamars et de la Gare Viotte. Deux d'entre eux se sont enchaînés aux distributeurs pour empêcher aux usagers d'acheter leurs tickets ou de recharger leurs cartes d'abonnement. En échange, les militants ont distribué de faux tickets aux voyageurs pour leur éviter de recevoir des contraventions. Ils ont également distribué des tracts aux passants pour les inviter à contacter le Grand Besançon et réclamer "une réflexion approfondie sur le sujet de l’équilibre entre les mobilités". 

 
A travers cette action de désobéissance civile qui s'est déroulée dans le calme et dans un esprit bon enfant, le mouvement Extinction Rebellion dénonce "l'inaction des élus face aux effets dramatiques du réchauffement climatique". Les militants exigent la gratuité des transports en commun pour réduire la pollution. 

 
Extinction Rebellion à Besançon : opération gratuité des transports publics
Reportage de Michel Buzon et Florence Petit. Intervenants : Marie, John et Louise du mouvement Extinction Rebellion Besançon.


Le mouvement Extinction Rebellion a également adressé une lettre ouverte aux élus du Grand Besançon pour les interpeller directement. Pour limiter les émissions de CO2 et l'usage de la voiture, les militants écologistes estiment qu'il est plus efficace de lutter pour la gratuité des transports en commun et des parkings relais.
 
Une militante d'Extinction Rebellion à l'arrêt de tramway Chamars à Besançon. / © Florence Petit
Une militante d'Extinction Rebellion à l'arrêt de tramway Chamars à Besançon. / © Florence Petit

 


Des transports gratuits ? L'agglomération dit non



"Je désapprouve la forme de ce mouvement, à la fois pour le côté perturbateur car les rames du tramway ont été bloquées pendant un moment" répond Michel Loyat, 2e vice-président du Grand Besançon en charge des Transports.      
Si la gratuité mérite d'être débattue, l'élu estime que ce n'est pas une solution valable pour l'agglomération bisontine. "Nous avons un réseau efficace avec une fréquentation en hausse" explique-t-il.

En France, depuis 2018 la ville de Dunkerque (200 000 habitants) a mis en place la gratuité totale de ses transports. Le service est financé par une taxe de 1,55 % sur les entreprises pour financer le réseau qui génère entre 6 et 7 millions d'euros.

Les différences entre les deux villes sont nettes selon Michel Loyat. "Dunkerque avait un réseau peu performant en termes de recettes et de fréquentation, elle a donc choisi de booster ses lignes avec la gratuité tout en renforçant son offre de transport".
Le Grand Besançon a plutôt choisi d'augmenter régulièrement ses tarifs. La dernière augmentation s'élève à 1,3 %, c'est légèrement inférieure à l'inflation.
De janvier à fin septembre 2019 la fréquentation du tramway a augmenté de 9 % par rapport à l'an prochain. Selon l'agglomération, le réseau est même en saturation aux horaires de pointe.



Les transports, première source de gaz à effet de serre

Les transports sont la première source de gaz à effet de serre en France (29,7 % des émissions en équivalent CO2 en 2017), devant l’industrie, le secteur tertiaire ou l'agriculture., selon le dernier rapport du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa). La voiture particulière représente une part importante des émissions de CO2 dans les transports : près de 60 %.



 

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