A Besançon, l'obligation (pas toujours respectée) de préserver les splendides façades du centre historique

Le centre-ville de Besançon possède un ensemble remarquable de façades du 18ème siècle, particulièrement harmonieuses et homogènes. / © SEBASTIEN BOZON / AFP
Le centre-ville de Besançon possède un ensemble remarquable de façades du 18ème siècle, particulièrement harmonieuses et homogènes. / © SEBASTIEN BOZON / AFP

Forme des tuiles, couleur des menuiseries... Pas question de faire n'importe quoi pour vos travaux dans la capitale franc-comtoise ! Petit rappel des règles de base. 

Par Adrien Gavazzi

Faire quelques pas dans le centre ancien de Besançon, c'est être aussitôt saisi par la beauté des façades en pierre de taille, nimbées de ce bleu-gris si caractéristique, propre aux anciennes carrières de Chailluz.

Ici, l'architecture est peut-être parfois austère, militaire ; elle est en tout cas homogène, et toujours splendide. 
 
L'ancien conservatoire de Besançon, situé place de la Révolution. / © DR
L'ancien conservatoire de Besançon, situé place de la Révolution. / © DR


Ce plaisir pour les yeux résulte d'un travail de longue haleine, aussi bien pour la municipalité que pour l'architecte des bâtiments de France (ABF). Ce sont eux qui vont vous mener la vie dure au cas où vous envisageriez de réaliser des travaux apportant des modifications en façade : pas touche au centre ancien ! 

L'important est de garder la trace du Besançon d'autrefois, comme nous l'explique dans la vidéo ci-dessous Nicolas Bodin, adjoint au maire en charge de l'urbanisme : 
 


 

Première précision : l'ABF, c'est quoi ? 




L'architecte des bâtiments de France est chargé d'autoriser ou de refuser les demandes de travaux émanant des propriétaires (son avis porte surtout sur les modifications de façade, telles que les changements de menuiseries).

Il dirige l'unité départementale de l'architecture et du patrimoine (UDAP), rattachée à la DRAC (direction régionale des affaires culturelles), qui représente le ministère de la culture en région. 
 
Ce bâtiment inscrit aux monuments historiques, l'hôtel de Magnoncourt, abrite les services de la DRAC à Besançon. / © Yves Sancey
Ce bâtiment inscrit aux monuments historiques, l'hôtel de Magnoncourt, abrite les services de la DRAC à Besançon. / © Yves Sancey


L'ABF est chargé de faire respecter le code du patrimoine : il s'agit du texte de loi émanant du ministère de la culture, et qui régit notamment les monuments historiques et leurs abords.

Il travaille en collaboration avec les services d'urbanisme de chaque ville (qui eux, assurent la surveillance des travaux faits sans autorisation et / ou des travaux qui ne respecteraient pas le code de l'urbanisme de la ville et le code du patrimoine pour ce qui concerne les abords des monuments historiques et le secteur sauvegardé). 

 
 

Une règle d'or : prévenir, avant toute chose ! 




Si l'envie vous prend de changer vos volets, ou de créer une ouverture sur la façade d'un immeuble, la première chose à faire est d'adresser une demande de permis de construire (vous pouvez la télécharger à cette adresse) ou une déclaration préalable de travaux (le formulaire se trouve ici) au service urbanisme de la Ville.

Il faudra attendre leur accord avant d'envisager tout travaux.

Dans la plupart des cas, votre dossier sera transféré à l'ABF (cf supra), qui devra lui aussi donner son aval avant les travaux.

Ne pas respecter cette règle vous expose à de gros ennuis, notamment une forte amende et l'obligation de démonter les travaux entrepris pour rendre au bâtiment son aspect initial ! 
 
Le quai Vauban de Besançon. / © AFP / PATRICE COPPEE
Le quai Vauban de Besançon. / © AFP / PATRICE COPPEE




 

Règle n°2 : bien choisir ses artisans 



Pour tous travaux à réaliser en façade, gare aux artisans trop pressés ou trop gourmands qui vous brosseraient dans le sens du poil, quitte à s'affranchir des règles en vigueur !

Car in fine, c'est vous qui vous exposez au risque d'amende si des travaux non conformes ont été réalisés.

« Nous avons une démarche de conseil obligatoire, nuance Fabien Daudey, qui gère la société de fenêtres Horizon fermetures, basée à Pirey près de Besançon. Nous sommes responsables autant que le propriétaire de respecter ce qui est préconisé dans la zone ! »

Et parmi les préconisations récurrentes concernant les menuiseries dans le centre ancien de Besançon : des couleurs claires (beige ou gris), et l'utilisation quasi systématique du bois plutôt que du PVC. 

Pourtant, le PVC est de plus en plus présent dans la cité comtoise (c'est moins cher, et plus facile à entretenir), d'autant que les fournisseurs désormais proposent des types de PVC ressemblant à s'y méprendre à du bois, comme vous pouvez le constater avec la vidéo ci-dessous : 
 


 

Règle n°3 : pensez à la revente ! 




S'affranchir des règles, ne pas déclarer ses travaux, soit : avec des centaines de dossiers sur le feu, l'architecte des bâtiments de France est bien souvant débordé. Idem pour le service urbanisme de la ville de Besaçnon. Vos chances sont bien minces de vous faire attraper.

Reste la revente de votre bien : supposons que vous voulez vendre un appartement, et que vous avez face à vous un acheteur sourcilleux, s'apercevant de votre supercherie au moment des travaux...

« Si les travaux ont été réalisés il y a plus de dix ans, à mon avis, il y a peu de recours, tempère Laurent Reynaud, expert en immobilier et gérant d'une agence immobilière à Besançon.

En revanche, si les travaux ont été réalisés il y a moins de dix ans, il peut y avoir un risque. Par contre, je ne suis pas persuadé que le vendeur en informe l'acquéreur. Idem pour l'agent immobilier, le notaire, ou n'importe quel intermédiaire... »
 
 

Règle n°4 : visionner notre reportage complet !



On vous a résumé tout ce qu'on a écrit jusqu'à présent dans cette vidéo tournée à Besançon avec Fabienne Le Moing : 
 

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