Besançon : Pourquoi le vase chinois vendu aux enchères à deux millions d’euros demeure impayé ?

Avec ce vase chinois, Maître Dufrêche réalise la plus grosse vente de sa carrière. / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
Avec ce vase chinois, Maître Dufrêche réalise la plus grosse vente de sa carrière. / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Un vase chinois du XVIIIe siècle a été vendu à 2,28 millions d’euros aux enchères le 17 octobre 2019 à Besançon. L’acheteur, chinois lui aussi, n’a toujours pas versé l’argent. 

Par Sophie Hienard

Vingt-huit minutes d’enchères et un suspense insoutenable. Le 17 octobre 2019, un vase chinois de l’époque du Yongzheng (XVIIIe siècle) s’est arraché à 2 280 000 euros, frais compris. Dans la salle, comme au téléphone, les intéressés étaient tous chinois. Il s’agit d’une enchère exceptionnelle : jamais un objet d’art n’a été vendu aussi cher en Franche-Comté.

Le vase appartenait à un collectionneur d’antiquité bisontin. Authentifiée par le cabinet Portier à Paris, spécialisé dans les arts asiatiques, l’amphore a été estimée à 250 000 euros. En attendant la vente, le vase est resté dans la capitale pour des raisons de sécurité. En parallèle, une demande de passeport a été émise pour le sortir du territoire –obligatoire pour les objets d’art dont la valeur excède 50 000 euros.

Le paiement n’a pas encore été reçu par Gérard Dufrêche, commissaire-priseur à Besançon. « Il faut entre trois à six mois pour obtenir l’argent », explique Maître Dufrêche. Car entretemps, des contrôles fiscaux et douaniers doivent s’effectuer. Cette vente permettra à la maison de vente de doubler son chiffre d’affaire annuel.


Des pauses et des hésitations


Gérard Dufrêche évoque la « grande joie » qu’il a ressentie à l’issue de cette vente. « Les sommes sont montées vite, avec un pas d’enchères à 50 000 euros », détaille-t-il, enjoué. Très vite, une tension a électrisé l’atmosphère. Car, les doutes et l’euphorie ont dansé dans la salle. Maître Dufrêche raconte : « Entre chaque proposition, il y avait des pauses, des hésitations. Les acheteurs n’avaient sans doute pas prévu un budget aussi grand. »

C’est la plus grande vente du commissaire-priseur franc-comtois. De sa voix douce, il raconte sa fierté d’avoir réalisé cette opération, ici à Besançon : « On n’a pas besoin d’être à Londres, à Genève, ou même à Paris pour réaliser de grandes ventes. »
 

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