Besançon : “Premiers de corvée, premiers mal payés”, les gilets jaunes se mobilisent à nouveau

© Philippe Arbez - France Télévisions
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Ce samedi 16 mai 2020, une centaine de personnes se sont retrouvées Place de la Révolution à Besançon. Pour rendre hommage aux soignants, et rappeler leur combat pour ces petits salaires qui ont été en première ligne de la crise sanitaire du Covid-19.

Par Sophie Courageot

Des masques barrières.... en jaune fluo.  Faits maison. Des pancartes "merci aux premiers de corvée". En ce premier weekend de déconfinement, les gilets jaunes et des blouses blanches se sont retrouvés au pied de la fontaine de la place de la Révolution. Le regroupement de plus de 10 personnes étant interdits, les manifestants ont essayé de rester par groupes de 10 maxi.
 

"On veut des moyens, pas des médailles"



Interviewé en direct par nos confrères de Radio Bip, l'infirmier Marc Paulin, membre du collectif des soignants du CHU de Besançon était présent : "On veut des augmentations de salaires, on veut des embauches. 100 à 200.000 personnes sont nécessaires dans les hôpitaux et les Ehpad en france. On veut des moyens, pas des médailles" lance-t-il. Emmanuel Macron a dit vouloir "mettre fin" à la "paupérisation" des personnels soignants et promis que l'Etat "sera au rendez-vous". "On veut du concret, on attend que Macron pose son plan pour l'hôpital sur le table et vite" ajoute l'infirmier.

Parmi les manifestants présents à Besançon, certains portaient une médaille tricolore dessinée sur un carré de papier toilette. "Ces médailles, on n'en veut pas" renchérit Laurent Thines, neurochirurgien au CHU de Besançon et militant contre l'usage des LBD. "On veut des augmentation de salaires pour les premiers de corvée de l'épidémie" explique le médecin.

Laurent Thines recommande le port du masque jusqu'à la fin de l'été. "On reste vigilant à l'hôpital, certains experts ont assuré qu'il n'y aurait pas de deuxième vague, mais personne ne sait" ajoute le neurochirurgien.
 

 

Une lutte pour les petits salaires et la liberté

Masqué d'un masque jaune aux couleurs du mouvement, Frédéric Vuillaume, syndicaliste FO au Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté bat le pavé. Au risque d'une amende de 135 euros. "Pendant le confinement, ils en ont profité, les drones, nos libertés, la loi Avia... c'est hallucinant" dit-il. "Nous, on a compté le gens décédés autour de nous, l'ancien monde est en train de revenir encore plus féroce", craint le syndicaliste.

"Il y a eu une grande solidarité. Caissières, infirmiers... tous ceux qui ont tenu le pays sont mal payés... il y a une colère des soignants qui est énorme. Les soignants ne sont pas des policiers, on ne leur donne pas de médailles !" regrette-t-il par rapport aux dernières annonces du gouvernement.
 
© Philippe Arbez - France Télévisions
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A Lons-le-Saunier, la mini-festation annulée par la Préfecture du Jura


Dans le Jura, où l'urgentiste Eric Loupiac est décédé du Covid-19, un militant de la France Insoumise avait appelé à un rassemblement place de la liberté à 16 heures.

Le Préfet a pris un arrêté pour interdire cette manifestation qui n'était pas déclarée et qui n'avait donc pas donné de garanties au niveau des conditions sanitaires.

"Votre position pose la question des conditions de la reprise d'une vie démocratique normale. Nos organisations avaient prévu de s'y rendre en respectant la loi (pas plus de 10 personnes) et les gestes barrières. Il ne s'agissait pas d'une manifestation mais simplement d'une expression citoyenne et multiple pour affirmer que le monde de l'après crise est à inventer autour des priorités sociales, écologiques et démocratiques. Nous travaillerons ensemble à organiser un autre rendez-vous" a écrit au Préfet le collectif "Citoyennes et citoyens de Lons et des alentours", Attac 39, PCF, EELV.

 



 

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