Climat : Besançon rejoint la coalition mondiale #Unispourlabiodiversité

La capitale comtoise rejoint le mouvement #Unitedforbiodiversity, lancé en 2020 par la commission européenne, à l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage. L’objectif pour Besançon : maintenir le patrimoine naturel et préserver la biodiversité.

Vue depuis la Citadelle de Besançon.
Vue depuis la Citadelle de Besançon. © SYLVESTRE / MAXPPP

Plus de 200 institutions tiennent à montrer leur engagement écologique dans la coalition #Unispourla diversité. Lancé en 2020 par la commission européenne, le mouvement invite les musées de sciences naturelles, les parcs nationaux et centres de recherche, ou encore les zoos et aquariums de tous les pays à unir leur force « pour créer une dynamique en faveur de la nature », indique l’institution européenne.

Dans cette liste, figure le Muséum de Besançon. L’occasion pour Fabienne Brauchli, adjointe à la maire en charge de la transition écologique, des espaces verts et de la biodiversité, de préciser les actions menées par la ville de Besançon.

Pourquoi est-ce important d’inscrire Besançon dans cette dynamique mondiale ?

« C’est affirmer que la Biodiversité est un bien commun qui nous oblige. Nous devons nous en emparer ensemble. C’est faire savoir que cela nous concerne, nous, la société humaine pour notre avenir. C’est garantir l’efficience de la démarche en s’unissant, au-delà de nos diversités institutionnelles. »

Quels changements vont être opérés concernant la condition animale ?

« Concernant le muséum d’histoire naturelle de la Citadelle et l’avenir du parc zoologique, un groupe de travail composé de scientifiques et d'experts de la condition animale et de la biodiversité se met en place. L'objectif est de mener une réflexion pour permettre l'évolution du parc au regard des enjeux complexes de conservation des espèces menacées ex situ, en intégrant les questionnements sociétaux actuels sur le bien-être animal.

C’est pour cela qu’au-delà d’avoir une adjointe déléguée à la maire concernant la biodiversité, une conseillère municipale déléguée à la Condition Animale a été nommée par l’équipe municipale actuelle. La question des conditions de vie des grands fauves au sein d’un site comme la Citadelle, au-delà du soin qui leur est porté, invite à reconsidérer leur maintien. Nous sommes actuellement en recherche de places dans un « sanctuaire » qui les accueillerait afin qu'ils trouvent un lieu de vie plus adéquate, puisqu'ils ne peuvent plus être ré-introduits dans leur milieu naturel.

Nous allons renforcer notre action sur la préservation des espèces sauvages “in situ”, c'est-à-dire dans leur habitat naturel. Ainsi, et au-delà des politiques déjà menées en faveur de la biodiversité, nous nous engageons dans son renforcement à travers de nouvelles actions comme notre inscription à un programme Natura 2000 en faveur de la protection des chauves-souris, la création de “passages à faune” sur l'A36, notre participation au plan national d'actions autour du lynx... »

A Besançon, faut-il s'attendre à des avancées prochaines pour accompagner encore plus cette démarche ?

« La Ville de Besançon a organisé, en 2018, les premières “Assises Nationales autour des Insectes Pollinisateurs en Ville”. Et nous allons prochainement adopter une “stratégie pollinisateurs” à l'échelle du territoire communal (6000 ha).

La prise en compte des insectes pollinisateurs sauvages est un axe fort des politiques menées par la Ville. Dès 2004, l'utilisation des produits phytosanitaires a été supprimée y compris ces dernières années dans les cimetières et les terrains de sports. Nous allons continuer à renforcer la ressource alimentaire des insectes grâce à l'évolution des palettes végétales utilisées, et qui font la part belle aux plantes vivaces et nectarifères. Tout cela est accompagné par des actions pédagogiques et de promotion auprès du grand public. Et puis nous allons continuer à former l'ensemble des jardiniers aux questions de fleurissements alternatifs et de prise en compte des pollinisateurs dans les pratiques du quotidien.

C’est tout le territoire qui devient terrain de la biodiversité.

Fabienne Brauchli adjointe à la maire en charge de la transition écologique, des espaces verts et de la biodiversité.

La gestion des 2.000 hectares de forêts communales représente un autre axe fort des politiques écologiques menées sur la Ville de Besançon. Ce sont plus de 400 hectares qui viennent d'être classés en “zone de libre évolution”, ce qui permet de constituer des corridors forestiers de vieux bois, qui sont favorables aux espèces patrimoniales de chiroptères, de bryophytes, au lynx boréal, et également aux cortèges d'insectes xylophages. Ce nouvel aménagement constitue un fantastique puits de carbone, ce qui permet de lutter contre le réchauffement climatique.

Enfin, si la Ville de Besançon a été élue en 2018 “Capitale française de la biodiversité” c’est qu’elle s’est engagée au quotidien, notamment à travers les nombreuses actions portées par la Direction Biodiversité et Espaces Verts, en faveur de la préservation de ses milieux naturels et de la prise en compte de la biodiversité dans la gestion de ses espaces verts de nature. 2021, c’est tout le territoire qui devient terrain de la biodiversité. »

Le mouvement #Unitedforbiodiversity espère atteindre 500 signataires, en vue de la CoP15, convention sur le climat, où la biodiversité tiendra une grande place.

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