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Créat'Heure : Globe Sauter, le dernier manufacteur de globes terrestres en France

© Morgane Hecky - France 3 Franche-Comté
© Morgane Hecky - France 3 Franche-Comté

Alain Sauter est le dernier manufacteur de globes terrestres en France. Cet ancien enseignant-chercheur en géographie est devenu artisan d'art et propose depuis 3 ans des globes fabriqués à la main et personnalisables. Poussez avec nous les portes de son atelier installé à Besançon.

Par Morgane Hecky

Après avoir poussé les portes de l'atelier d'Anaïs Moreau, nous avons décidé de vous faire découvrir celui d'Alain Sauter.
Installé dans ses nouveaux locaux depuis peu, sa fabrique se situe au 6 rue du Cercle à Besançon. Un emplacement prédestiné pour ce fabricant de globes terrestres, spécialiste des sphères. Après une thèse en géographie à Besançon, il devient enseignant-chercheur à l'université Paris I dans la même discipline. Mais l'envie de créer est plus forte et il entame une reconversion professionnelle pour devenir artisan d'art.

Les premiers pas 

L’aventure commence un peu par hasard pour Globe Sauter, lorsqu'Alain découvre une petite boutique londonienne au détour d'un reportage. Elle se prétend dernière fabrique de globes terrestres au monde, ce qui attise sa curiosité. Après quelques recherches, il réalise que les Anglais ne sont pas seuls, mais qu'ils sont effectivement très peu au monde à exercer cette profession de manière artisanale. C'est l'élément déclencheur qui lance sa belle aventure, curieux de savoir si un géographe est capable d'y arriver. 

Ça devait devenir mon métier, c’était une sorte de destinée. 

Le constat est simple : le métier de manufacteur de globes terrestres à disparu en France, tout comme dans de nombreux autres pays. Alain Sauter décide de relancer le façonnage de globes en alliant ses connaissances en géographie et sa passion pour la fabrication à la main : le parfait mélange. L’aventure Globe Sauter démarre officiellement en 2016. En plein été, il tente de fabriquer un globe en plâtrant un ballon de plage, sans succès. Mais l’idée fait son chemin.

Il a fallu quasiment un an et demi de travail  pour aboutir à un globe qui soit présentable, on ne va pas dire vendable mais présentable. Aujourd’hui cela me permet d’avoir des produits qui sont vraiment finis, vraiment personnalisables, que les gens viennent chercher.

Depuis, Alain Sauter propose des globes entièrement fabriqués à la main avec des produits Made in France, et maîtrise la création de la première à la dernière étape. Il utilise des techniques de fabrication traditionnelles qui sont les mêmes qu’au 16ème, 17ème, et 18ème siècle. Globe Sauter a également une autre particularité : les globes sont complètement personnalisables. Il est possible d'ajouter des petits villages sur les cartes, des trajets autour du monde ou encore des petits mots sur les océans, pour avoir un produit unique.


Le voyage comme boussole 

Alain baigne dans la carte depuis toujours. Il est passé avec le temps des planisphères aux globes. Avec son épouse, ils sont passionnés de voyages : leur bougeotte les pousse à toujours explorer de nouveaux endroits. Un univers empli de découvertes, que ce soit à quelques kilomètres de Besançon ou pour des destinations beaucoup plus lointaines à l’autre bout du monde.
Il puise ses autres sources d'inspiration dans le passé : les influences de l'artisan d'art prennent racine dans les choses anciennes, qui ont été faites avec passion et à la main. Cette disparition graduelle des traditions résonne en lui, qui préfère se compliquer la tâche pour avoir la main sur l'intégralité de sa chaîne de production. Dans son atelier bisontin, il refait à sa manière les gestes d'antan, en revenant aux origines de la fabrication.


Le procédé de fabrication 

Alain Sauter a su apprivoiser une ribambelle de matières pour être maître de son procédé de création. Tout commence avec le plâtre, l'élément déclencheur pour créer une structure en forme de boule qui va servir de support. Si l'envergure du globe devient trop conséquente, l'artiste va le filmer avec de la toile de Jute. Arrive le moment du papier, qu'il travaille de manière millimétrée pour le superposer au globe. À la manière d’une pose de papier peint, il fait adhérer les fuseaux à la sphère avec beaucoup de soin.
lls sont de forme effilée, car le créateur est face à un problème mathématique impossible à résoudre. En effet, on ne peut mettre un bout de papier plat sur une sphère. Mais des formes s’en rapprochent comme les fuseaux, qui vont reprendre le galbe de cette forme ronde. Vient ensuite l'étape de la couleur. Un véritable ballet d'aquarelle a lieu sur les globes, au rythme des pinceaux qui font apparaître les reliefs des chaînes de montagnes et la profondeur des océans, grâce au procédé des lavis.  

Là où c’est un petit peu taquin, comme jeu, c’est que l’aquarelle se travaille quand c’est très mouillé, c’est l’eau qui permet aux pigments de se diffuser. Le rôle du peintre à l’aquarelle est de diriger les pigments où on les veut.

Dans son atelier, Alain est également équipé pour la menuiserie et fabrique les supports en bois des globes gyroscopes. Mais trêve de révélation. Le mystère a également son charme, on conclura en vous disant que la quasi intégralité des matériaux proviennent de France. 


Sa réalisation la plus folle 

D'une manière qui ne s'explique pas, Alain Sauter est contacté par une entreprise de production cinématographique pour un film à très gros budget. L'équipe est à la recherche d’une réédition d'un globe daté du 20ème siècle afin de le mettre sur une lampe à pétrole d'époque. 

C’est le premier objet qu’on voit dans la bande-annonce. On a un peu l’impression de faire découvrir à Amundsen, quand il est tout petit, où est situé le pôle Sud.

Le film raconte l'histoire de Roald Amundsen, l'explorateur polaire norvégien qui fut le premier homme à arriver jusqu'au pôle Sud. Déjà sorti dans les salles de Norvège, il devrait arriver dans ses homologues françaises à l'hiver 2019. Un projet complètement fou qu'il a effectué dans de délais très courts, mais surtout une belle aventure.

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