Décrochage du portrait du président Macron à la mairie de Roche-lez-Beaupré

ANV Cop 21 décroche le portrait du président Macron à la mairie de Roche-lez-Beaupré / © David Martin France 3 Franche-Comté
ANV Cop 21 décroche le portrait du président Macron à la mairie de Roche-lez-Beaupré / © David Martin France 3 Franche-Comté

Les militants d'Action non violente COP 21 ont décroché ce matin le portrait du président de la République Emmanuel Macron à la mairie de Roche-lez-Beaupré. Une action symbolique pour "dénoncer l'inaction politique du président Macron face au dérèglement climatique". 

Par Isabelle Brunnarius



Ce type d'action n'est pas isolée, l'objectif est de décrocher 125 portraits présidentiels d'ici le Sommet du G7 prévu du 24 au 26 août à Biarritz . Dans toute la France, des militants de ANV COP 21 décroche le portrait présidentiel. "Une centaine d'actions de réquisition ont d'ores et déjà été menées dans toute la France, à Paris, Lyon, en Alsace..." précise le communiqué de presse de ANV COP 21
 
Ces militants ont écrit au maire de Roche-lez-Beaupré, un petit village près de Besançon, pour  préciser le sens de leur action de désobéissance civile : 

Ne pas tout faire aujourd’hui pour limiter le changement climatique revient à commettre un crime contre les générations futures, qui en subiront les conséquences mais n’auront pas les moyens de le combattre. Les citoyennes et les citoyens ne s'inquiètent pas d'un mur vide, mais de l'inaction politique face aux injustices sociales et au chaos climatique, qui nous menacent tous. Considérez cette réquisition comme temporaire : nous nous engageons à rapporter le portrait présidentiel dès que le gouvernement aura amorcé une politique en accord avec les engagements pris lors de la COP21, à savoir nous mettre sur une trajectoire ne dépassant pas les 1,5 °C de réchauffement climatique, et assurant
une justice sociale dans la mise en oeuvre de ces mesures. Pour les générations actuelles et futures, faisons en sorte que cela arrive au plus tôt.
Nous vous laissons à la place le livre de Fred Vargas: “L’humanité en péril” dont une partie à été lue en ouverture de la COP 24, en espérant qu’il vous aidera à comprendre encore mieux les raisons de notre action.


►Pourquoi 125 portraits ?

Depuis le 1er janvier dernier, il n’aura fallu que 125 jours à la France pour dépasser son empreinte écologique. Plus le temps passe, plus ce jour de dépassement arrive plus tôt dans l’année.
Ce mouvement est parti d'une grande déception. En février dernier, les quatre ONG à l'origine de la pétition L'Affaire du siècle sont reçus par François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire. Cette pétition, signée par plus de deux millions de personnes, soutient l'action de ces quatre associations (Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France) qui ont décidé d’attaquer l’Etat français en justice "pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits." Pour ces militants, la réponse du gouvernement n'est pas à la hauteur des enjeux. 

En décrochant les portraits présidentiels des mairies, et en laissant des murs vides à la place, les activistes d’ANV-COP21 dénoncent l’absence de décisions courageuses et nécessaires du gouvernement face au péril climatique et à l’urgence sociale et dénoncent la faillite du gouvernement à son rôle de protection de la population.

Dans d'autres régions, comme en Alsace, des militants ayant décroché le portrait d'Emmanuel Macron ont été poursuivis en justice. En juin dernier, ont trois militants écologistes étaient jugés pour "vol en réunion" après avoir décroché un portrait d’Emmanuel Macron en mairie de Kolbsheim début mars dernier. Au terme de plus de deux heures d’audience, ils ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Strasbourg.

 


Une action de désobéissance civile qui n'est pas du goût du maire LREM de Besançon, Jean-Louis Fousseret. Lors de l'inauguration de l'esplanade Simone Veil à la la Citadelle de Besançon, le maire s'est déclaré "scandalisé" par cette action non violente. "C'est inaceptable ! poursuit-il. J'espère qu'ils seront retrouvés, on s'est battu pour la République. Quelque soit l'opinion que l'on a du Président de la République, on ne peut pas faire cela pour défendre une soit-disant cause. Elle va où notre République ?"

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