Etudiante de Besançon retrouvée pendue en Bulgarie : l'avocat de ses parents en appelle au Quai d'Orsay

Shanèse Teodoro
Shanèse Teodoro

L'enquête bulgare avait conclu en mai 2019 au suicide de Shanese Teodoro à Lovetch. Un scénario contesté par ses parents qui ont déposé plainte en France pour homicide volontaire. Mais la justice bulgare n'a toujours pas un an après, transmis le dossier aux autorités en France.

Par Sophie Courageot

Le corps de Shanese Teodoro, 23 ans avait été retrouvé le 2 novembre 2018 dans une ruelle de Lovetch en Bulgarie. L'étudiante de Besançon séjournait dans le cadre d'un cursus Erasmus dans cette ville située à 100 km de Sofia. Elle avait passé la soirée en discothèque. Son corps a été retrouvé pendu à un câble. L'autopsie a révélé la présence dans son corps de MDMA, une sorte d'ecstasy. Aucune trace d'alcool dans le sang de la jeune femme. 


Installée en Normandie à La Malleraye-sur-Seine, la famille de Shanese Teodoro, qui était fille unique, n'a jamais cru au suicide. "Un suicide ce n'est pas possible, c'était une jeune fille pleine de vie, de projets, ce n'était pas dans sa personnalité" explique Me Arnaud de Saint Rémy, l'avocat de la famille joint par téléphone. Un an après la mort de Shanese, "les choses sont bloquées, nous avons un avocat sur place qui a pu voir le dossier, mais qui n'a pas pu en avoir une copie" explique l'avocat. 

En France, les parents de Shanese ont porté plainte pour homicide volontaire. Le Parquet de Paris, compétent pour les décès suspects à l'étranger, a ouvert une enquête. L'OCRVP, l'office central de répression des violences aux personnes est chargé des investigations, mais sans les éléments du dossier bulgare, il ne peut rien faire. L'enquête est gelée déplore l'avocat de la famille Teodoro.  "Où est ce que cela bloque ? On ne le sait pas. Ca fait un an qu'on est dans l'incertitude sur la mort de Shanese" lance l'avocat des parents.

 

Plusieurs éléments troublants apparaissent dans le dossier


Selon  Me Arnaud de Saint Rémy, sa consœur bulgare a pu voir le dossier. Et trois éléments interpellent la défense de la famille Teodoro. La mort de Shanese Teodoro a eu lieu dans une petite rue à côté du Palais de justice. Les images de vidéo-surveillance qui figurent au dossier sont coupées. On voit la jeune femme courir vers la ruelle puis plus rien. Avant que les images ne reprennent. "Les autorités bulgares ne s'expliquent pas sur cette coupure d'images" explique l'avocat normand. Une coupure volontaire, involontaire ? Il s'interroge.

Selon l'avocat, le corps de Shanese a été retrouvé pendu à une câble électrique situé sur un boîtier à un mètre du sol. Enfin dans le dossier que la justice bulgare possède, il est fait état de conversation sur Messenger entre une personne et Shanese qui aurait évoqué des idées suicidaires. Or, sur le téléphone portable de l'étudiante remis à sa famille, ces conversations ne sont pas présentes. Une expertise a été demandée à Facebook.


Me Arnaud de Saint Rémy s'interroge sur le fait que la jeune femme ait pu faire une mauvaise rencontre. Selon lui, elle était pleine de vie, n'avais pas pour habitude de consommer de l'ecstasy. Elle travaillait sur la question du mal-logement en Bulgarie. Ces travaux, sont-ils à l'origine de sa mort ? La famille se pose la question. 

"Nous en appelons à la coopération internationale avec la Bulgarie. Cela ne peut pas durer. J'en appelle à Jean-Yves Le Drian et à Nicole Belloubet pour qu'ils prennent attache avec leurs homologues en Bulgarie pour que le dossier sur le mort de Shanese Teodoro soit transmis en France à l'OCRVP, l'office central de répression des violences" clame l'avocat qui rappelle que la Bulgarie est un pays européen. 

La Bulgarie a classé en mai 2019 le dossier. "La famille de Shanese Teodora a le sentiment d'une affaire vite bâclée... Mes clients tant qu'ils ne connaîtront pas la cause réelle de la mort de leur fille ne pourront pas faire leur deuil" ajoute l'avocat. 





 

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