Expatrié en Asie, arrêté à Besançon, qui est ce professeur de français jugé pour de nombreux viols et agressions sexuelles sur des mineurs en Malaisie ?

Jean-Christophe Quenot sera jugé du 3 au 7 novembre 2023 devant la cour criminelle de Paris. Il doit répondre de six viols et 19 agressions sexuelles sur des garçons âgés de 10 à 17 ans entre janvier 2014 et octobre 2017. Les faits se sont produits en Malaisie.

"Cueilli" alors qu'il fuyait en France

Les policiers ont fini par lui mettre la main dessus. Le 30 mars 2019, ce professeur de français rendait visite à ses parents à Besançon (Doubs) quand il a été interpellé par les enquêteurs de l’Office central de répression des violences aux personnes.

L’homme était recherché. Il avait été arrêté en février 2019 par la police thaïlandaise, en flagrant délit, alors qu'il se trouvait dans une chambre d'hôtel de Bangkok avec deux garçons de 14 ans. Les policiers avaient découvert une caméra et un ordinateur avec des contenus pédopornographiques. Placé en détention, l’enseignant français avait été libéré au bout de quelques jours après le versement d'une caution 8.000 euros en liquide. Il avait réussi à prendre la poudre d’escampette via la Malaisie pour fuir en France.

Une cinquantaine de jeunes victimes 


Jean-Christophe Quenot, ancien élève du lycée Pasteur de Besançon est accusé d'agressions sexuelles ou de viols sur au moins une cinquantaine d'enfants en Asie du Sud-Est. L’enseignant comtois s’était expatrié à Singapour au début des années 1990. Une cinquantaine d’enfants au moins auraient été abusés entre 1990 et 2019. Soit, sûr près de 30 ans et dans différents pays : Thaïlande, Malaisie, Singapour, Philippines, Inde, Sri Lanka et Indonésie.


Devant la cour criminelle de Paris,Jean-Christophe Quenot ne sera jugé que pour des faits commis en Malaisie sur plus d'une vingtaine d'enfants et adolescents. La justice française a souhaité "scinder" les différentes affaires dans lesquelles il est impliqué. Des investigations sont encore en cours dans certains pays.

"Les gamins aiment bien jouer à la +porn-star+ quand ils ont des relations sexuelles avec moi".

Jean-Christophe Quenot, aux enquêteurs


Lors de sa garde à vue, Jean-Christophe Quenot avait reconnu qu'il payait de jeunes garçons pour assouvir ses fantasmes. "On trouve des jeunes garçons ouverts à des relations sexuelles tarifées car ils sont pauvres et ont besoin d'argent de poche", a-t-il expliqué. Interrogé sur les films qu'il tournait durant ses ébats sexuels, il assurait que "les gamins aiment bien jouer à la +porn-star+ quand ils ont des relations sexuelles avec moi".

Des milliers de photos et vidéos retrouvées par les enquêteurs


Plus de 174.000 photos et vidéos le mettant en scène abusant d'enfants ont été saisies par les enquêteurs. L’homme a expliqué qu’il avait pris toutes les précautions pour s'assurer du consentement de ses jeunes victimes.


Pour les enquêteurs, les actes sexuels commis par Jean-Christophe Quenot "ont été rendus possibles non par le fait d'un consentement libre et éclairé des mineurs, mais bien par le fait de la contrainte imposée et pour certains de la violence exercée" précise l'Agence France Presse. De nombreux jeunes en Asie se livre à la prostitution pour survivre à la précarité.