"Folie consumériste", "urgence climatique"... A Besançon, des associations demandent le retrait de la publicité dans la ville

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Écrit par Victor Lengronne (avec Stéphanie Bourgeot et Florence Petit)

Une trentaine de militants de deux associations, Alternatiba et Extinction Rebellion, se sont rassemblées à Besançon, samedi 18 décembre, et ont collé au sol quelque 120 affiches publicitaires sur 200 mètres en pleine rue. Avec l'objectif de dénoncer "l'invasion" de la publicité dans l'espace public.

Dans les prochains mois, un appel d'offres pour la gestion des panneaux publicitaires sera lancé par la Ville de Besançon, dirigée par Anne Vignot, élue Europe Ecologie Les Verts (EELV). L'entreprise JC Decaux en est le détenteur jusqu'en 2023. 350 zones publicitaires y sont recensées.

Action non-violente COP21 Besançon et Extinction Rebellion comptent bien peser dans ce débat. Ce samedi 18 décembre, les deux associations ont mis bout à bout quelque 120 affiches publicitaires de grandes enseignes et multinationales, récupérées sur les panneaux. Sur le sol, entre la place du 8 septembre et l'esplanade des droits de l'homme, 200 mètres d'affiches.

C'est une folie consumériste, on accepte tout sans se poser de questions !

Estelle, militante Alternatiba

A quelques jours de Noël, moment où les achats de cadeau se multiplient, l'instant était choisi. L'objectif est clairement affiché : "attirer l'attention sur cette pollution avec plein de s : production, diffusion... Et le message publicitaire incite à toujours plus de consommation", explique Estelle, militante Alternatiba, en plein collage. "C'est une folie consumériste, on accepte tout sans se poser de questions ! On veut dénoncer l'emprise de la pub sur l'espace public."

Extinction Rebellion (XR) est là pour "interpeller la municipalité et les élus et demander le retrait des publicités de l'espace public de Besançon", pour Arnaud, porte-parole de l'association non-violente. "L'impact écologique est dévastateur, la pollution énergétique, l'éclairage, la pollution numérique."

On est dans un temps d'urgence climatique. Il faut agir ici et maintenant !

Arnaud, porte-parole d'Extinction Rebellion

Sans parler des messages véhiculés sur ces affiches, selon lui : "sexistes, jeunistes, néfastes pour la consommation alimentaire." On serait confrontés à 2.000 messages de publicité par jour par personne. "On n'a plus le choix, que ces décisions aient un impact financier, c'est accessoire car on est dans un temps d'urgence climatique. Il faut agir ici et maintenant !"

Appel d'offres dans quelques mois

Jacques Mariot, président de l'office du commerce et de l'artisanat de Besançon, a d'abord défendu le recours à la publicité : "Des enseignes ont besoin de publicité, il faut se faire connaitre quand on a des produits à vendre."

Tout en partageant le point de vue des militants : "C'est impactant pas sur notre moral, mais sur les dépenses inutiles, et en termes de consommation d'énergie. Il y a un effort à faire dans ce sens-là." Cette mobilisation aura-t-elle des conséquences sur le déclenchement de l'appel d'offres ? Réponse dans quelques mois.