L'hôpital de Besançon obligé de supprimer 15 lits du service suite de soins et réadaptation

L'été va forcément être tendu pour le personnel et la direction du CHU. Suite au départ de huit médecins du service SSR (suite de soins et réadaptation), l'établissement supprime 15 lits sur 27 d'un service capital. Un hôpital qui est confronté aussi à son peu d'attractivité actuellement.

L'hôpital Saint-Jacques de Besançon
L'hôpital Saint-Jacques de Besançon

(Article mis à jour le vendredi 5 juin 2020 avec, en fin de texte, un droit de réponse du service communication du CHU de Besançon.)

La réorganisation du service SSR dans les locaux de l'ancien Hôpital Saint-Jacques ces dernières années pendant le désamiantage des étages de Minjoz n'aura pas été assez convaincante pour huit médecins qui ont décidé de partir cette semaine après un entretien avec la direction.

Pour comprendre les raisons de ces départs en cascade (onze au total en quatre ans) il faut savoir qu'à l'horizon 2024, les locaux de Saint-Jacques doivent être vidés des derniers services encore présents, à savoir le service psychiatrique et donc le SSR. Les médecins auraient réclamé des moyens matériels que la direction était peu encline à accepter pour un service assuré de quitter les lieux dans quatre ans.

Le service, par définition, est très important dans la structure hospitalière car il permet le désengorgement des autres services. Il a notamment accueilli beaucoup de patients du Covid-19 ces dernières semaines.

Une décision prise à cause du "départ de plusieurs médecins du service qui n’ont pas pu être remplacés avant l’été", justifie le CHU de Besançon dans un mail adressé à nos confrères de France Bleu Besançon. L'hôpital parle d'une situation "transitoire" et espère repourvoir le service d'ici l'automne.

Mais selon des sources syndicales, si de nouveaux médecins ne sont pas embauchés, la direction pourrait fermer définitivement le service. 

Se pose un problème: le suivi d'activité des autres professions intervenant au sein du service suite de soins et réadaptation: des diététiciens, des ergothérapeutes, des kinés ou encore des orthopédistes. Certains pourraient rejoindre le Centre de Soins et de Réadaptation des Tilleroyes. 

Deuxième problème: le manque d'attractivité de l'hôpital. Car certains alertent des efforts vains de la direction pour trouver des remplaçants. Alors que l'établissement  a vu 260 de ses soignants être touchés par le Covid-19, le service de Médecine du Travail fonctionne même à effectifs réduits pour cause d'arrêts maladie. Les prochaines semaines s'annoncent compliquées.

 

Droit de réponse du service communication du CHU de Besançon:

" Nous vous adressons ce message suite à votre article en date du 29 mai sur la suppression de lits de SSR publié sur le site de France 3, pour lequel vous n’avez pas sollicité le CHU.

En effet, plusieurs informations auraient nécessité d’être vérifiées auprès d’une autre source, en l’occurrence la Direction du CHU, afin d’éviter des approximations, voire des erreurs :

Le départ des médecins du service médecine physique et réadaptation résulte soit de fin de contrat soit de décisions individuelles échelonnées sur plusieurs mois et en aucun cas de départs simultanés suite à « un entretien avec la Direction », contrairement à ce qui est écrit. A noter qu’il ne s’agit pas de 8 départs mais 5 départs représentant 3,5 équivalent temps plein en terme de quotité de temps de travail dont 1 assistant partagé qui est tenu de poursuivre son exercice au sein d’un autre établissement tout en étant rattaché au CHU et 1 praticien faisant valoir ses droits à la retraite.

Nous rappelons que les locaux du service de médecine physique et de réadaptation à SaintJacques ont été totalement rénovés en 2018, avec de nombreux aménagements et équipements pour accueillir les patients dans les meilleures conditions, pour un montant de plus 300 000 €, dans l’attente de la future remontée du service à Jean-Minjoz à l’issue des travaux de la Tour.

Le parallèle avec le service de médecine du travail est non fondé dans la mesure où il n’y a aucune corrélation avec le service de MPR.

Enfin, il ne peut être affirmé que le CHU de Besançon souffre en particulier d’un manque d’attractivité. La remontée du CHU de Besançon dans le classement des internes au plan national en est l’illustration.

A noter qu’il s’agit d’une fermeture temporaire de lits et non d’une suppression de lits.

Nous précisons que le CHU souhaite reconstituer une véritable équipe médicale de MPR. Cette discipline répond à un besoin de santé publique qui justifie l’existence d’une spécialité universitaire au CHU de Besançon. Dans ce contexte , l’objectif du CHU est de définir un projet à long terme pour construire l’avenir de cette discipline. Ces réflexions s’inscrivent d’ailleurs dans le cadre d’une dynamique territoriale au sein du GHT centre Franche-Comté."

 




 

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