Menu sans viande à la cantine : la ville de Besançon veut doubler la mise

Alors que la polémique fait rage après la décision du maire de Lyon de ne servir que des menus sans viande pour des raisons sanitaires, qu’en est-il à Besançon, ville gérée aussi par une maire écologiste Anne Vignot ?

<p>Du poisson aujourd'hui au menu de la cantine, et une fois par semaine, un plat uniquement végétarien.</p>
Du poisson aujourd'hui au menu de la cantine, et une fois par semaine, un plat uniquement végétarien. © Florence Petit - France Télévisions

C’est le menu de la polémique. Grégory Doucet, maire de Lyon a décidé de passer à des menus sans viande dans les cantines de la ville, tous les jours. L'édile a eu beau expliquer ce week-end que la mesure était d'ordre technique, un menu unique permettant d'enchaîner plus de services pour compenser la réduction de l'accueil d'enfants en simultané avec la pandémie, la polémique a enflé avec des réactions politiques de tous bords et une manifestation des agriculteurs dans les rues de Lyon pour défendre leur bifteck.

Des menus végétariens depuis 13 ans à Besançon

A Besançon, les menus sans viande existent depuis mars 2008. Bien avant la loi Egalim. Elle impose dans les cantines au moins un menu végétarien par semaine depuis le 1er novembre 2019. C'est-à-dire un menu unique à base de protéines végétales pouvant également comporter des œufs ou des produits laitiers.

A Besançon, ce menu est servi une fois par semaine. “On avait dit dans notre programme que nous irions sur deux repas végétariens par semaine” confirme Anne Vignot, maire de Besançon. C’est l’objectif d’ici la fin du mandat. “Cela permet de dire aux enfants de se réinterroger sur une autre façon de manger, et ça correspond aussi à une forme de laïcité dans les repas qui nous permet d’éviter des débats, qui parfois amènent les enfants dans des positions difficiles” précise Anne Vignot. Il peut être difficile pour une jeune de refuser un repas devant ses camarades pour des raisons de croyance religieuse. 

Selon Anne Vignot, l’arrivée des repas végétariens à Besançon s’est faite depuis des années sans difficulté. Et elle estime que ce second repas végétarien devrait être accepté sans souci. “La place de la viande, c’est quelque chose de culturel, mais c’est quelque chose que nous allons travailler avec les familles” argumente-t-elle.

<p>Dans les cantines de Besançon, un menu sans viande est servi chaque semaine depuis 2008.&nbsp;</p>
Dans les cantines de Besançon, un menu sans viande est servi chaque semaine depuis 2008.&nbsp; © Florence Petit - France Télévisions


De la viande locale et de qualité, l’objectif des cantines de Besançon

A la cuisine centrale de Besançon, la viande a bien sûr encore sa place. “Nous travaillons essentiellement de la viande fraîche et sommes très attentifs à l'origine, la traçabilité, aux conditions d’élevage et au traitement des animaux” explique Jean-François Rousseau, directeur de la cuisine centrale. “Dans les menus végétariens, on travaille à associer légumineuses et céréales, on travaille essentiellement avec des produits bio ou locaux", précise-t-il. Objectif, faire découvrir des choses aux enfants, dans une cuisine végétarienne qui offre selon lui toute une diversité et une richesse. Moins de viande pour des raisons de coût ? Cet argument n’est pas valable selon Jean-François Rousseau. “Les menus végétariens nous coûtent aussi chers que des menus avec viande, car les composants sont relativement chers à l’achat, on essaie de diversifier également” précise le directeur de la cuisine centrale.


Une polémique sans raison d’être pour les écologistes

Pour Anne Vignot, la polémique qui enfle autour de la décision du maire de Lyon n’a pas raison d’être. La mesure est temporaire assure l'élu au moins jusqu'aux vacances de Pâques. “Grégory Doucet a mis en place quelque chose qui avait déjà été mis en place par Gérard Collomb, et on lui reproche d’être écologiste.C’est étonnant, car c’est une mesure prise par son prédécesseur qui était loin d’être écologiste” défend la maire de Besançon.

Anne Vignot assume son choix de passer à deux menus sans viande par semaine dans les cantines de la ville. “L’idée, c’est la qualité, accéder à de la protéine, c’est essentiel dans la construction de l'enfant, pour autant, on sait que la consommation de viande émet des gaz à effet de serre, donc on est dans quelque chose de logique” assume-t-elle.

L'opposition de droite, réagit et découvre visiblement, seulement le programme de campagne d'Anne Vignot

"Nous proposerons que la moitié des repas soient végétariens soit deux repas par semaine et que les enfants qui le souhaitent puissent choisir des menus sans viande" : cette phrase est inscrite clairement en page 15 dans le programme de campagne d'Anne Vignot pour 2020-2026 toujours en ligne et accessible. Dans un communiqué de presse, le groupe d'oppostion Besançon Maintenant emmené par Ludovic Fagaut (LR) dénonce les propos tenus par Anne Vignot à France 3 Franche-Comté. "Madame VIGNOT semble suivre le chemin tracé par le Maire EELV de Lyon qui a décidé de manière autoritaire d’imposer des menus sans viande aux écoliers...Madame VIGNOT assimile un menu sans viande à « une forme de laïcité ». En quoi un menu avec viande irait contre le respect de la laïcité ? Nous refusons que nos enfants soient entraînés dans le piège d’un laboratoire idéologique. Les Bisontins, jeunes et moins jeunes, ne peuvent pas être les cobayes de cette majorité et subir les aléas de leurs expérimentations hasardeuses...Notre position est claire : contre les menus uniques sans viande imposés à nos enfants, mais pour la liberté de choix !" écrit le groupe d'opposition de droite à la mairie. Il demande à ce que les parents soient concertés au plus vite sur cette question.

 

Voir notre reportage de ce mardi 23 février 2021

 

Davantage de menus sans viande dans les cantines de Besançon

 

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