MÉTÉO. Pourquoi cet épisode de froid est une bonne nouvelle pour la nature

Après des vacances de Noël particulièrement douces, le thermomètre chute pour cette première rentrée 2024. Des températures négatives sont annoncées jusqu'à la fin de la semaine. Et pour nos écosystèmes, c'est plutôt une bonne nouvelle. Explications

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Les moufles sont sorties des placards ce lundi 8 janvier. La Franche-Comté s'est réveillée sous un (très) fin manteau de neige, et des températures négatives. Elles devraient le rester au moins jusqu'à mercredi après-midi, en raison de la "bise noire" qui souffle en France.

Un épisode de froid attendu par tous ceux qui travaillent avec la nature : "le froid, c'est important" résume Simon Courbet, horticulteur dans le Doubs. 

Le repos des végétaux

 "C'est une bonne chose qu'il fasse froid" reprend l'horticulteur. De nombreux végétaux de nos zones tempérés ont besoin de périodes de basses températures. "Un arbuste, prend Simon Courbet comme exemple, il a besoin d'une période de repos, il ne faut pas qu'il soit en activité 11 mois sur 12, il lui faut un repos hivernal". 

"Quand il fait trop chaud, la végétation ne se repose pas vraiment" confirme Eike Wilmsmeier, directeur ONF Nord-Franche-Comté. "La sève continue de circuler par moments, des choses comme ça vont se passer et perturber le rythme naturel des végétaux". 

Certaines espèces ont même besoin de période de gels pour continuer leur cycle de reproduction : "c'est la vernalisation" explique Simon Courbet. "Les bulbes, tout ce qui est graines, ça a besoin de froid, la vernalisation, un végétal qui vient d'une graine, il a besoin d'une période de froid pour après se développer normalement". Pommiers et cerisiers ont notamment besoin du froid. Au début du mois, certains professionnels commençaient même à s'inquiéter de ne pas vivre de période de gel cette année. 

Frelons asiatiques, scolytes, cicadelles... Coup de frein aux nuisibles

Les épisodes de froid jouent un autre rôle important dans nos écosystèmes : ils participent à réguler la présence de certains parasites, insectes et champignons. "Ça va tuer la vermine" se félicite Simon Courbet. "Des températures à moins deux degrés, moins cinq, ça va sélectionner et ça évite la prolifération des parasites du sud".

Ainsi, un hiver rude peut freiner le développement des frelons asiatiques sur un territoire. "On est contents d'avoir un peu de froid" confirme Michel Mesnier, président du syndicat apicole du Doubs. Bien nourries et organisées dans leurs ruches, ses abeilles ne craignent pas le froid. Alors, "si le froid pouvait être persistant, si la terre pouvait geler, ça serait bien", pour qu'il puisse tuer les reines frelons, enterrées dans le sol en attendant le printemps.

Parmi les autres nuisibles qui profitent du réchauffement climatique : les scolytes qui déciment les épicéas en Franche-Comté. Si l'hiver est froid, un seul cycle de reproduction aura lieu dans l'année, quand ils peuvent en faire trois une année chaude. "Le froid sec a aussi l'avantage d'être moins favorable au développement des champignons" ajoute Eike Wilmsmeier. 

Autres exemples : le "papillon du géranium" qui s'attaque à la plante ornementale du même nom, ou encore la "cicadelle" qui peut faire de sérieux dégâts dans un jardin. 

Du point de vue de la biodiversité en Franche-Comté, cet épisode de froid est donc le bienvenu. Mais, comme l'a rappelé Météo France en début de semaine, avec le réchauffement climatique, ces vagues de froid sont déjà devenues "plus rares, moins longues et moins intenses" au cours des 35 dernières années, et le phénomène devrait se poursuivre. Ce mardi 9 janvier, l'organisme de prévision estime que la moyenne des températures relevées en France devrait passer en dessous de 0 degré, une première depuis février 2018.