PHOTOS : Besançon fait renaître son passé sur les réseaux sociaux

Est-ce le besoin de retrouver les images d'un temps révolu mais pas si lointain ? Qu'ils soient d'antan ou d'autrefois, les sites présentant de vieilles photos ou cartes postales de Besançon fleurissent sur le net pour le plus grand bonheur des passionnés et des nostalgiques. Retour vers le passé.

Besançon d'Antan : un passionné de cartes postales partage sa collection

Christian Millet ne pensait pas connaître un jour un tel succès avec sa page Facebook "Besançon d'Antan". Passionné par les cartes postales de tramway, ce cartophile a décidé de partager ses trouvailles il y a un peu plus de cinq ans alors que la capitale de Franche-Comté s'apprêtait à retrouver ce moyen de transport remis au goût du jour.

"J'ai eu envie de faire partager au plus grand nombre ma passion pour ma ville et en particulier pour son tramway que seuls les plus anciens avaient connu. C'est l'occasion aussi pour moi de rappeler que des accidents très graves, parfois, se sont produits et pas uniquement avec des piétons. Ce fut le cas en 1899 lorsque le tram a sauté du pont Canot pour finir dans le Doubs" nous explique Christian Millet.

Pour le collectionneur de près, 800 cartes postales de Besançon, cette passion touche d'abord l'histoire de sa ville et il aime se plonger dans les vieilles photos du début du siècle précédent. Parmi les faits marquants dans les mémoires, il y a eu la plus grande crue qu'ait connu la capitale régionale. En janvier 1910, il fallait une barque pour se déplacer Place de la Révolution.

La plus grande surprise pour Christian a été de voir le succès de ses cartes et photos des années 1960 à 1980. Les clichés montrent la construction des quartiers de Planoise ou des 408. "Les gens sont très attachés à cette période car beaucoup l'on vécue. Ils sont nostalgiques de leur vie d'avant, de ces quartiers où il faisait bon vivre. C'est un peu de leur jeunesse qu'ils retrouvent et les souvenirs reviennent" nous explique-t-il. 

Afin de mieux faire connaître le Besançon des "Trente Glorieuses", Michel a accès au fond photographique de Bernard Faille, ancien photographe de l'Est Républicain. Celui-ci a été légué à la ville et peut-être consultable sur le site "Mémoire Vive" de la ville de Besançon. Il regroupe tout le patrimoine numérisé ainsi que de nombreuses cartes postales.

La page Facebook Besançon d'Antan compte aujourd'hui plus de 8 000 abonnés et sert de lien à tous les expatriés qui veulent garder une attache historique avec leur ville d'origine.

Besançon, j'aime ma ville d'autrefois : le partage des souvenirs

Après le succès extraordinaire du groupe Facebook Besançon, j'aime ma ville, Mikaël Demenge se devait de continuer de mettre en avant sa ville. Quoi de plus enrichissant que de faire appel à la mémoire collective en demandant à chacun de participer. Besançon, j'aime ma ville d'autrefois était né et il s'approche en quelques mois des 5 000 abonnés.

Bisontine de naissance, Isabelle Druhen à retrouvé sa ville après de nombreuses années à Lyon et en Angleterre. À la mort de son papa, elle décide de revenir sur les lieux qui l'ont vu grandir. Amoureux de la capitale franc-comtoise, il lui a légué beaucoup de vieilles cartes postales et de vieux livres sur Besançon. "Au travers de ces images d'un temps jadis, je retrouve une part de lui et c'est sans aucun doute une manière de faire mon deuil" nous explique Isabelle. 

Le groupe "Besançon, j'aime ma ville d'Autrefois" a permis à Isabelle de se reconnecter à cette ville qui a beaucoup changé ces dernières années avec l'arrivée du tramway. "Je me suis laissé aller au hasard des lieux afin de découvrir des maisons, des statues, des fontaines. Petit à petit, j'ai cherché les noms et l'histoire de tout cela et partagé les vieilles photos que j'avais. Et puis à travers les commentaires partagés, j'ai rencontré de belles personnes. La photo rapproche les gens et les générations"

Isabelle aime beaucoup montrer un lieu sous la forme d'un avant et d'un maintenant. "Parfois la comparaison avec une photo d'autrefois et celle d'aujourd'hui prise au même endroit est très intéressante, on voit que souvent si la mode a changé, les lieux gardent l'âme qui est la leur. J'aime ce groupe et il se développe à grande vitesse. Je pense que beaucoup de personnes ont besoin de retrouver leurs racines et de les partager".

Les souvenirs de la Seconde Guerre mondiale et de la douloureuse période de l'occupation occupent une place importante dans les partages d'images anciennes. Bénédicte Riccardi a particulièrement été touchée par l'image étonnante d'un bombardement sur Besançon. 

"Ma famille est originaire du quartier des Chaprais depuis plusieurs générations. Du coup, je me passionne pour l'histoire de ces rues de Besançon. Je m'appuie beaucoup sur l association locale et leur revue "humeurs des Chaprais". J'y découvre plein de trésors que j'aime partager", nous explique Bénédicte. 

Le groupe Besançon, j'aime ma ville d'Autrefois est aussi l'occasion de redécouvrir des moments historiques de la capitale franc-comtoise comme cette date symbolique du 8 septembre 1944, date de la Libération de la ville par les Américains.

Ces vieilles cartes postales de Besançon nous font revivre ce passé disparu. Parfois, c'est une ville sans voiture et sans bouchon que l'on découvre. La circulation dans les années vingt n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui.

  Au contraire, pour nous qui sommes habitués depuis plus de quarante ans à un centre-ville piétonnier. Certaines images ont de quoi surprendre aujourd'hui.

Au travers de notre quotidien, c'est la relecture d'une mémoire passée que l'on découvre dans ces pages internet. Nostalgie d'un temps qui passe, mais qui reste pourtant si présent dans ces souvenirs iconographiques.

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