Procès Zepeda à Besançon : l'accusé nie toujours avoir assassiné la victime, ce qu'il faut retenir de la 6e journée de procès

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Écrit par Sarah Rebouh, en direct du procès Zepeda

Nicolas Zepeda a à nouveau été interrogé en ce 6e jour de procès devant la cour d'assises de Besançon. Il a continué à affirmer, niant les déclarations de nombreux témoins entendus les jours précédents, qu'il n'avait rien à voir avec l'assassinat de Narumi Kurosaki. Détails.

Cette sixième journée de procès a été rythmée par les dépositions d’experts en génétique dans la matinée, puis de témoins croisés par l'accusé durant son périple en Bourgogne-Franche-Comté. Le moment fort de la journée : un nouvel interrogatoire de l’accusé.

Ce dernier est d’abord apparu plein de flegme avant de craquer à la barre, sous le poids de l’émotion. L'accusé s’est notamment mis à pleurer assez vivement quand il a rapporté à la cour le moment où, selon lui, il a rencontré la victime, "quand elle est venue toquer à la fenêtre passager" de son véhicule de location alors qu'il stationnait pas hasard sur un parking donnant sur la résidence universitaire de la victime. 

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Le président de la cour Matthieu Husson l'a longuement interrogé :
- Est-ce que c'est vous sur la vidéosurveillance ?
L'accusé Nicolas Zepeda : Non, ce n'est pas moi.
Matthieu Husson : Les éléments de description, est-ce une coïncidence ?
Nicolas Zepeda : Je ne me souviens pas ce que j'avais dans ma valise exactement. Je ne me reconnais pas. Je ne reconnais pas le lieu. Ni l'action, ni le lieu, ni la personne.

Le Chilien remet en cause le témoignage des différents témoins

Le Chilien de 31 ans a maintenu ses déclarations, remettant en cause les témoignages des voisins de chambre de la jeune femme qui ont formellement identifié l’accusé comme s’étant introduit dans le bâtiment du CROUS plusieurs jours avant la disparition de la victime. Les cris horribles d'une femme blessée entendus le soir même de la disparition de Narumi Kurosaki ? "Ce sont des personnes qui ont raconté ce qu'elles ont vécu. Comme elles, je pense que c'est quelque chose d'étrange et je pense qu'il faudrait continuer à chercher pour comprendre ce qu'il s'est passé" a-t-il expliqué.

Plusieurs réponses de l'accusé sont tombées bien à côté des questions du président de la cour. "Bon...", "Hum...", "Mouais..." a ponctué plusieurs fois le président Matthieu Husson qui a interrogé l'accusé pendant plus de 2h avant de laisser la parole aux parties civiles.

Les avocats des parties civiles, puis l'avocat général se sont agacés de l'attitude du Chilien. "Vous rentrez dans sa chambre, vous êtes jaloux comme c'est pas permis, et vous ne vous rendez pas compte qu'il y a dans cette chambre truffée d'Arthur Del Piccolo, des photos de son nouveau petit ami ? Soit vous êtes aveugle, soit idiot, ce que je ne pense pas que vous soyez" a lancé l'avocat d'Arthur Del Piccolo Me Schwerdorffer, qui s'est adressé frontalement à l'accusé.

Etienne Manteaux, avocat général, a questionné l'accusé quant au piratage des comptes sociaux de Narumi Kurosaki, prouvés par les analyses des experts informatiques japonais. "Je n'ai jamais fait ça" a redit le Chilien. L'avocat général a monté le ton : "En clair, avez-vous surveillé les comptes de Narumi ?! Est-ce qu'il pourrait répondre au lieu de faire le professeur. Je n'ai pas de cours à recevoir de monsieur Zepeda !"

Vous n'avouerez pas, c'est votre droit. Je ne crois pas que c'est votre intérêt. Je crois même que ce n'est pas du tout votre intérêt. Mais c'est votre droit.

Etienne Manteaux, avocat général

Après près de 7h d'interrogatoire, la parole a été donnée à Me Laffont, avocate de Nicolas Zepeda. L'avocate parisienne a posé des questions très fermées à son client qui a régulièrement acquiescé par quelques mots.

La famille de la victime ne peut pas imaginer l'acquittement 

L'accusé, qui nie toujours avoir un lien avec l'assassinat de Narumi Kurosaki, jeune étudiante japonaise disparue en décembre 2016 et dont le corps n'a jamais été retrouvé, peut-il être acquitté à l'issue de ce procès ? “La famille de Narumi, et sa maman notamment, ne peut pas imaginer un seul instant qu’il y ait un acquittement. Je rappelle qu’au Japon la peine de mort continue à être appliquée” nous avait détaillé quelques jours avant le procès Me Galley, avocate de la mère et la soeur de la victime, présentes dans la salle d'audience depuis le début du procès.

Mercredi 6 avril, elles doivent d'ailleurs être entendues l'après-midi, juste après la déposition en visioconférence depuis le Japon d'Arthur Del Piccolo, petit ami de l'époque de Narumi Kurosaki.