Coronavirus Covid-19 : dans le Haut-Doubs, des bénévoles fabriquent du matériel de protection pour les soignants

En pleine pandémie de Covid-19, les initiatives se multiplient. Que ce soit dans la petite commune des Fins, près de Morteau, ou à Pontarlier, des bénévoles donnent de leur temps pour venir en aide au personnel soignant. Tour d'horizon. 

Ces deux soignantes ont pu bénéficier de la solidarité du village des Fins.
Ces deux soignantes ont pu bénéficier de la solidarité du village des Fins. © Bruno Todeschini - DR
Le bureau des adjoints est méconnaissable. Aux Fins, petite commune frontalière juste à côté de Morteau, la mairie a pris des allures d'atelier. Et pour cause, en pleine épidémie de Covid-19, des imprimantes 3D tournent à plein régime depuis une dizaine de jours. "Au sein du conseil municipal, deux adjointes travaillent à l’hôpital de Morteau. Elles m'ont alerté sur le manque de matériel", raconte Bruno Todeschini, le maire de la commune. Cet enseignant en sciences et technologies au collège des Fins a donc voulu aider en créant des visières pour le personnel soignant : "J’avais une imprimante 3D chez moi. J'ai aussi pu récupérer celle du collège. Et après, avec le bouche-à-oreille, on a en trouvé d'autres ailleurs. C'est comme ça que tout a commencé."
 


Plus de 300 visières fabriquées

Un patron de visière a donc été, très vite, élaboré. Les fabrications ont commencé en mairie puis chez des particuliers. Depuis début avril, ce ne sont pas moins de 310 à 320 visières qui ont été créées sur la commune. Une aide précieuse pour les soignants comme l'explique Nathalie Picard, qui travaille à l'hôpital de Morteau : "C'est vraiment top. J'en ai ramené à mes collègues."

Les visières, ça nous empêche de nous toucher le visage. On est vraiment protégé.
- Nathalie Picard, aide-soignante à l'hôpital de Morteau


Le rôle des imprimantes 3D ne se limite pas aux visières. Les machines fabriquent aussi des protections pour les oreilles. "Une aide-soignante est venue nous voir. Elle avait les oreilles en sang à cause des élastiques. On a réfléchi à une solution", raconte Bruno Todeschini. Une production de protections en plastique a donc été lancée et visiblement elle rencontre un franc succès : "Ça n'arrête pas. Les demandes affluent."
 

Les petites mains se mobilisent aussi

La solidarité sur la commune des Fins ne s'arrête pas là. Des couturiers se sont porté volontaires. C'est le cas de Patricia Truchot, cuisinière de métier : "Quand j'ai appris qu’il y avait une pénurie de matériel pour le paramédical, j’ai regardé sur Internet comment les aider. J'ai trouvé une vidéo qui expliquait comment faire des masques." Tous les jours, elle fabrique 8 à 10 masques à la main. 

Et si Patricia peut coudre autant, c'est aussi grâce à la générosité des habitants des Fins et de ses environs. Chaque jour, des tissus sont déposés en mairie pour la fabrication de blouses, de masques, de calots. "Il y a une vraie solidarité. Les particuliers se mobilisent, mais pas seulement. La fromagerie du coin nous a déposé 200 blouses. Des entreprises nous font des dons financiers pour contribuer à l'achat de bobines de fil par exemple. Tous ceux qui veulent aider peuvent nous contacter. Tous seront les bienvenus", conclut le maire.

Vous pouvez contacter la mairie via sa page Facebook Les Fins 2.0, par mail à mairie@lesfins.fr ou par téléphone au 03 81 67 08 39.
 


À Pontarlier, le tissu associatif est à la recherche de matières premières

Non loin de là, à Pontarlier, l’association Ascopont a été créée en urgence pour cette crise du coronavirus. Les bénévoles prennent en charge la gestion des demandes et la distribution de masques et autres objets de première nécessité médicale sur 83 communes du Haut-Doubs. "Nous recevons des appels de soignants, d'entreprises qui ont besoin de protections. De notre côté, nous avons pas moins de 300 couturières bénévoles qui, tous les jours, mettent la main à la pâte pour leur venir en aide", explique Philippe Klein, le président de l'association. Problème : les besoins sont de plus en plus importants et les matières premières manquent. "Nous sommes à la recherche de molleton, d'alèses non plastifiées, de tissu 100 % coton mais aussi de fil, d'aiguilles, d'élastiques", lance Philippe Klein.
 


Comment contacter Ascopont ?

Renseignements et informations au CCAS de Pontarlier au 03 81 46 94 45 et par mail à asso.covid19.pont@gmail.com et ccaspontarliermasque@ville-pontarlier.com.

Pour déposer vos vêtements usagés, vos draps que vous n'utilisez plus ou encore du matériel qui traîne au fond de vos tiroirs, rendez-vous chaque matin à Haut-Doubs Repassage, 7 rue Claude Chappe, à Pontarlier. L'association Ascopont précise également que les dons financiers sont aussi les bienvenus.
 
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