Pendant le déconfinement en Franche-Comté, "il n'est pas facile de faire la fête"

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Les mesures sanitaires s'allègent au fil des semaines depuis le début du déconfinement. Mais les organisateurs d'événements festifs font toujours face à de nombreuses difficultés. 

Ils font partie de ceux pour qui le retour à la normale est très long. Si les mesures sanitaires sont progressivement allégées au fil des phases du déconfinement, organiser un événement festif ressemble toujours à un gros casse-tête. 

Sur le Territoire de Belfort dans la commune de Valdoie, Pauline Donna Fessler a par exemple tiré un trait sur la tenue des Kiosques de juin : une série de concerts qui devaient se tenir sur la grande scène extérieure du centre Jean-Moulin, le 26 juin.

"C'est tellement difficile avec les mesures sanitaires. Jusqu'à la mi-mai on pensait pouvoir organiser cet événement, mais il y avait finalement trop de distanciation sociale à mettre en place pour le public. Il faut avoir les reins solides financièrement pour adapter les choses. On ne pouvait pas le faire".

Pauline Donna Fessler, président de l'association Val d'Oye

L'association Val d'Oye a fait le choix de réorganiser des concerts à partir du mois de septembre. "On espère que cela sera plus facile avec la levée de l'état d'urgence sanitaire le 10 juillet", ajoute Pauline Donna Fessler.

"On va limiter les commandes au bar"

À Pontarlier, Vincent et Fanny Pecclet, propriétaires du restaurant Les Papillons, ont décalé en août le Mois de la musique, une série de concerts initialement prévue en juin. Les apéro-mix, qui se déroulent tous les samedis de 18h à 1h du matin, voient des Dj's se succéder aux platines pendant que le public se déhanche ou dévore des tapas. Les mesures sanitaires obligent évidemment les organisateurs à aménager leur concept.

"On a décidé d'une jauge maximale  de 200 personnes. Les festivités se déroulent dehors sur notre terrasse qui fait 200m2, donc on a de la place pour laisser de la place entre les gens. On va limiter les commandes au bar et installer les gens à des tables qui seront à un mètre de distance les unes des autres. Le port du masque pour se rendre sur l'espace de danse devrait également rester obligatoire. Mais je pense que les gens sont prêts à s'accommoder de ces mesures pour faire la fête", dit Vincent Pecclet. 

Samuel Henninger est le manager de l'établissement Au bureau Belfort. Il y organise des concerts-repas. "Pour nous, il a été assez facile de s'adapter aux mesures sanitaires. Nous avons le plus souvent des groupes de deux ou trois musiciens. Ils peuvent donc facilement être distants les uns des autres et portent également un masque. Nous avons cependant dû réduire le nombre maximum de convives de 200 à 150 personnes pour espacer les tables", note t-il. 

La rave-party dans le collimateur

Pour les organisateurs de rassemblements en lieu sauvage, l'équation est encore plus difficile à résoudre. Une Bisontine organisatrice d'une rave-party qui s'est tenue dans la nuit du 20 au 21 juin à Chapois a raconté au journal L'Est-Républicain qu'elle avait reçu l'autorisation du propriétaire du terrain et du maire. "Ils nous ont donné leur accord. Dès le début, nous leur avons précisé qu’il s’agissait d’une soirée privée et que nous serions 100 à 150. Nous avions décidé d’appliquer des règles sanitaires pour ne prendre aucun risque", confie t-elle.

Les autorités lui ont finalement reproché du tapage nocturne, un rassemblement avec trop de personnes et des manquements liés aux gestes barrières. "Pour le premier (le tapage nocturne N.D.L.R.), je peux le comprendre. Mais pour le reste, ça m’échappe. On laisse les gens faire ce qu’ils veulent à Paris et on nous empêche de faire la fête dans un pré, en pleine nature", se plaint-elle.

"Il n'est pas si facile de faire la fête en ce moment", rigole jaune Vincent Pecclet, l'organisateur du Mois de la musique. Avant de conclure dans un soupir : "C'est encore le grand flou pour le mois d'août"