En pyjama devant la gare, avec leurs peluches, ils demandent le retour des trains de nuit au départ de Besançon

Une trentaine de personnes s'est rassemblée mercredi 20 décembre 2023 sur le parvis de la gare de Besançon (Doubs) pour demander l'ouverture de nouvelles lignes de trains de nuit. Anne Vignot, la maire de Besançon, a également écrit un courrier officiel à Elisabeth Borne.

Ils chantent devant la gare Viotte à Besançon (Doubs). Dans le froid et sur un air de saison : "Vive le vent d'hiver". Mais ce n'est pas la même musique : "C'est encore trop long/ D'aller aujourd'hui/ De Metz à l'Italie/ De Strasbourg à Toulon/ Alors faisons du bruit/ Contre leur abandon/ Aujourd'hui demandons/ De nouveaux trains de nuit". Ils sont une trentaine à entonner un tout autre refrain : "Oh ! Vive le train, vive le train/ Vive le train de nuit/ On sera dans le pétrin/ Si tu es détruit !"

À l'appel de Oui au train de nuit, certains manifestent même en pyjama, un "nounours" sous le bras. Depuis le printemps, ce collectif multiplie les actions dans toutes les gares de France pour demander le retour ces fameuses lignes nocturnes. Une pétition en ligne a également recueilli plus de 49 000 signatures.

"On dort et on avance en même temps !" Emmitouflée dans sa couverture, Maïté Duchêne, elle, est surtout venue défendre ce moyen de transport "plus vert, plus écolo que l'avion" et qui permet finalement de "gagner du temps". Théo Gallego qui tient la banderole, ne dira pas le contraire.

Par exemple, en fin de semaine, je vais à Bayonne en train. Et je vais devoir le faire de jour, passer par Paris et du coup, prendre une journée de congés en plus sur mon travail. Ce serait beaucoup plus facile si j'étais capable de le faire de nuit.

Théo Gallego, voyageur.

"L'Etat tergiverse"

"En 2021 le gouvernement a publié un rapport sur les 'trains d’équilibre du territoire' (TET), qui a montré la pertinence de construire 600 voitures couchettes/lits, pour relancer 25 lignes de trains de nuit d’ici 2030", rappelle le collectif en s'empressant d'ajouter que "malheureusement, depuis, l’État tergiverse". En 2022, Emmanuel Macron a en effet revu ses ambitions à la baisse et annoncé seulement dix lignes. 

Les 10, 11 et 12 décembre derniers, quatre nouveaux trains de nuit ont bien été inaugurés (Paris-Strasbourg-Berlin, Paris-Aurillac, Paris-Bayonne-Pau-Tarbes et Paris-Montpellier-Sète-Portbou) mais aucune autre ligne n'est au programme désormais. Et notamment pas ce fameux train de nuit multibranches tant espéré ici : Strasbourg-Besançon-Nice / Barcelone / Toulouse-Bordeaux.

Plus économique et plus écologique

Des élus locaux sont également présents sur le parvis, toujours prêts à se battre pour un mode de déplacement à la fois plus économique et plus écologique. "Les trains de nuit, c'est aussi pour s'adresser à une catégorie de personnes qui ne peuvent pas prendre le TGV parce que c'est cher, qui ne peuvent pas prendre l'avion, insiste Claude Mercier, conseiller régional Europe Ecologie Les Verts. Et puis tout le monde se dit quand même qu'aujourd'hui, où il faut un peu économiser de l'énergie, l'utiliser autrement, le train, c'est parfait de ce point de vue là. Cela irrigue les territoires, les villes moyennes en particulier, donc un double voire un triple intérêt !"

Pour Salima Simonin, militante d'Alternatiba et porte-parole du collectif Oui au train de nuit à Besançon, "il y a urgence à réduire drastiquement notre empreinte carbone et le train de nuit est une alternative joyeuse, pour faire de longues distances, une alternative à l'avion mais aussi à la voiture. L'État s'est engagé pour plus de trains de nuit mais ça manque d'actions concrètes. On a envie de lui montrer que les citoyens demandent des trains de nuit."

Courrier à Elisabeth Borne

Anne Vignot a également adressé ce mercredi un courrier à Elisabeth Borne, la Première ministre et à Clément Beaune, le ministre des transports, pour les appeler elle aussi à ouvrir des lignes de trains de nuit, "reliant régions à régions et régions aux villes européennes". "De Besançon, Zürich, Brest, Amsterdam, Barcelone… seraient autant de destinations accessibles et utiles au développement de notre communauté urbaine", écrit-elle.

La maire de Besançon s'inquiète aussi de la construction du matériel neuf qui demande entre cinq et huit ans. Elle a été annoncée fin 2021 par le ministre des Transports mais elle n’est toujours pas financée. Le 17 juillet 2023, l’Etat a publié un appel d’offres visant uniquement le renouvellement du matériel et non la création de nouvelles lignes. "Cela reviendrait à réduire l’ambition par quatre, pour commander de l’ordre de seulement 150 voitures, assure Anne Vignot. Nous souhaitons donc réaffirmer à l’Etat que notre territoire souhaite bénéficier des trains de nuit et qu’un matériel neuf en quantité suffisante est nécessaire pour relancer ces nouvelles lignes."

L'élue EELV insiste enfin sur l'intérêt écologique du train de nuit. "C’est un outil pour l’aménagement du territoire qui a toute sa place dans le cadre de la planification écologique", conclut-elle.

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