Avec son imprimante 3D, il fabrique bénévolement des prothèses pour les enfants handicapés

Dans le Haut-Doubs, aux Fins, Laurent Guglielmetti met son savoir-faire et son imprimante 3D au service d'enfants handicapés. Il fabrique bénévolement et gratuitement des prothèses de bras et de mains grâce à l'association E-nable.

Elle aurait pu rester dans un coin de son garage, et prendre la poussière, au gré des années. Un gadget un peu encombrant, qui n'aurait pas trouvé sa place dans le quotidien de Laurent Guglielmetti. Mais depuis 2020, l'imprimante 3D de cet habitant du Haut-Doubs n'a guère chômé. Avec elle, il a notamment fabriqué et offert deux prothèses à des petites filles handicapées. 

Pour Laurent, tout a commencé pendant le premier confinement. Ce passionné de technologie avait acheté quelques mois auparavant une belle imprimante 3D. "C'est quelque chose qui m'intéressait depuis longtemps, et maintenant que c'est accessible au grand public, j'ai pris un modèle un peu plus professionnel" se souvient-il. "Mais je l'avais un peu mis de côté, et j'ai commencé à l'exploiter vraiment pendant le confinement du Covid"

Le maire de la commune des Fins près de Morteau lui demande alors s'il peut participer à l'effort solidaire face aux pénuries de matériel pour lutter contre le Covid. Il se lance. "J'ai fait des visières, des attaches de masques pour les hôpitaux, des choses comme ça, raconte-t-il, et je me suis rendu compte que cette machine pouvait rendre des services".

Quelques mois plus tard, Laurent Guglielmetti découvre à la télévision l'association E-nable, qui permet de mettre en relation des propriétaires d'imprimantes 3D, et des personnes handicapées qui auraient besoin d'une prothèse de main ou de bras. "Je me suis dit 'c'est chouette ! C'est un beau challenge, un beau projet'. Je me suis renseigné et j'ai commencé à imprimer". 

L'association, qui compte aujourd'hui 517 "makers", les bénévoles imprimeurs, en France, met en relation ces bénévoles et des personnes handicapées qui ont besoin d'une prothèse de main ou de bras. Née de l'initiative d'un Américain, qui, il y a 12 ans, choisit de passer dans le domaine public les fichiers de constructions de la main mécanique qu'il venait de concevoir, elle opère dans le monde entier. 

Pour être un "maker", "il faut faire des essais, il faut montrer qu'on est capable de faire des prothèses" explique le Haut-doubiste. "J'ai eu les fichiers, j'ai été validé, et à partir de là, j'étais disponible s'il y avait de la demande pour faire des prothèses"

Une petite fille en attente d'une prothèse

Pendant quelques mois, il attend qu'une demande de prothèse soit faite dans la région. "Moi, je ne voulais pas faire une prothèse pour quelqu'un à 300 kilomètres" confie-t-il. "Je voulais le contact, je voulais la possibilité d'une demande dans la région"

"La première fois, c'était Alexandra". La famille de cette petite fille suisse de 7 ans le contacte via l'association. "On s'est présentés par mail, puis par téléphone et on a pris rendez-vous". Ils discutent du projet, il leur montre les plans, prend des mesures. "C'était très fort" se souvient-il. Quelques semaines plus tard, la petite fille, lourdement handicapée, reçoit une prothèse de main mobile. 

Peu de temps après, l'annonce de la petite A., 4 ans, arrive dans sa boîte mail. "Ça a été très rapide" raconte-t-il. La famille de A. vit à quelques kilomètres seulement de chez lui. "Ils sont venus chez moi, j'ai pris les dimensions, vu ce qu'il était possible de faire et puis ça s'est enchaîné"

Elle qui n'avait jusque-là qu'une prothèse esthétique, qui ne permet pas de bouger les doigts, reçoit sa première prothèse mécanique en un mois. La petite fille actionne les doigts grâce à des mouvements du coude. "Elle a tout de suite compris comment faire" raconte, admiratif, Laurent.

Chaque prothèse est gratuite pour celui qui la reçoit. "Moi, ça me coûte entre 5 et 8 euros en coût de matière" accepte-t-il de confier. Il y a aussi le temps qu'il y passe : "la construction, les dimensions, la fabrication, le thermoformage… il faut compter sept jours de fabrication, dont une vingtaine d'heures d'impression" décrit le Haut-doubiste.

L'association est aussi bien accessible à toutes les personnes handicapées, mais les demandes sont souvent le fait de familles d'enfants nés sans bras ou sans main. Car pour eux, du fait de leur croissance, il faut changer très fréquemment, tous les 12 à 18 mois, de prothèse.

Prochaine étape pour le Haut-Doubiste : apprendre à maitriser les derniers fichiers mis à disposition par l'association, qui permettent de réaliser des mains d'un autre style esthétique, à la technique plus délicate.

 

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