Doubs : un loup tué par un tir de défense sur la commune de Frasne, le second en quelques semaines

La préfecture du Doubs communique ce jeudi 27 octobre la mort d’un nouveau loup dans le département du Doubs après une série d’attaques survenues sur des troupeaux.

"Mercredi 26 octobre, vers 20h30, un binôme de lieutenants de louveterie mandaté par un éleveur a procédé au tir létal d’un loup sur une parcelle où un troupeau avait été prédaté dans la nuit du 24 au 25 octobre à Frasne” indique la préfecture.

Le tir de défense avait été autorisé par le préfet du Doubs, par arrêté préfectoral pris le 25 octobre, après la prédation constatée la veille sur la parcelle en question. Le tir a été déclenché alors qu’un loup était observé en situation d’attaque sur le troupeau du GAEC concerné. Il est donc parfaitement conforme aux dispositions de l’arrêté ministériel du 23 octobre 2020, précisent les services de l’Etat.

La carcasse de la génisse tuée dans la nuit du 24 au 25 octobre était par ailleurs, comme le prévoit l’arrêté ministériel, en cours de prise en charge par les services d’équarrissage. Cet enlèvement qui doit être effectué dans les 48 heures suivant l’information du service d’équarrissage par l’éleveur n’avait pas encore été effectué, note la préfecture.

Les observations faites, personnellement, par le chef de service de l’Office français de la biodiversité (OFB), quelques moments après le tir, établissent qu’il a été réalisé dans les conditions requises par la réglementation. Le loup a procédé à une attaque physique du troupeau présent dans les parcelles, sans s’intéresser à la carcasse présente. Un compte-rendu précis a été transmis à l’autorité préfectorale.

Protéger les troupeaux plutôt que de tirer 

Après ce nouveau tir létal, les défenseurs du loup, espèce protégée ont réagi. « Nous ne sommes pas dans la bonne dynamique, cela va à l’encontre d’une cohabitation apaisée », déplore Natacha Bigan de Férus, association de défense et sauvegarde des grands prédateurs qui condamne ce tir létal.

 « Cela ne résoudra pas les problèmes des éleveurs, l’efficacité des tirs n’a pas été prouvé, il faut d’abord mettre en place des mesures de protection des troupeaux, c’est l’unique solution » estime-t-elle.

Une louve déjà abattue en septembre dans le Haut-Doubs


C’est la seconde fois en quelques semaines qu’un loup est tué par les louvetiers. Une louve a déjà été abattue le 20 septembre 2022 sur la commune des Longevilles Mont d’Or. Depuis le début de l’été, une vingtaine de bêtes ont été tuées par le loup déclenchant la colère des agriculteurs. Selon l'Office Français de la Biodiversité (OFB), le bilan est de 26 attaques depuis le 8 août, 22 génisses mortes, 25 blessées, une brebis morte. Les dernières attaques ont eu lieu ces derniers jours sur les communes des Pontets, Frasne et Chaux-Neuve. 

Le ministre de l’agriculture Marc Fesneau est venu leur apporter son soutien lors du comice de Pontarlier.  "Aujourd’hui, l’espèce menacée, c’est plutôt l’éleveur que le loup dans ces territoires, et donc on a besoin de protéger les éleveurs." À plusieurs reprises, il a affirmé que les troupeaux du massif jurassien sont "à l’évidence non-protégeables". Des propos condamnés par plusieurs associations dont Ferus et France Nature Environnement.

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Jean-François COLOMBET, préfet du Doubs, rappelle l’importance d’aller au-delà de cette seule réponse des tirs de défense pour protéger les troupeaux contre les attaques lupines. Un travail a été enclenché avec des expérimentations de protection dans l’objectif de proposer des mesures adaptées au territoire afin d’assurer la bonne cohabitation entre les éleveurs bovins et le loup dans le massif jurassien.