Loup : « Claquer les portes ne peut être le comportement d’un ministre », dénoncent des associations de défense des grands prédateurs

Publié le Mis à jour le
Écrit par Lucie Thiery

Après les déclarations du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau à l'occasion du Super-Comice de Pontarlier le 22 octobre dernier, les associations de défense de la nature réagissent.

Les associations Férus, France Nature Environnement et le Pôle Grands Prédateurs ont peu apprécié les propos tenus par le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau lors de sa visite au Super-Comice de Pontarlier le samedi 22 octobre.

Lors de sa visite le ministre de l'Agriculture avait pointé du doigt ce qu’il surnomme les "yaqu’àfautqu’onistes""les gens qui sont dans des positions radicales : ‘y a rien à faire, c’est facile de protéger les bovins’." Sur ce point, les associations rappellent qu’elles ont sollicité le Ministre, c’est finalement sa cheffe de cabinet qui les a reçues une heure durant.

"Nous ne souhaitons la colère de personne"

Se sentant directement visées, les associations tapent du poing sur la table. Elles reviennent, dans un communiqué, sur les déclarations du ministre : "Merci Monsieur le Ministre, de permettre aux « associations qui viennent attiser la colère des agriculteurs » de vous répondre : nous sommes, pour la grande majorité, des bénévoles, des habitants de ce territoire que vous dîtes protéger [...] Nous ne souhaitons la colère de personne. Simplement un débat démocratique".

"Si nous n’apaisons pas la situation, nous n’avancerons pas sur le dossier", rappelle Natacha Bigan de Férus, association de défense et sauvegarde des grands prédateurs. Les associations attendent "une vraie prise en compte de la biodiversité dans les décisions politiques".

Des troupeaux non protégeables, où sont les études ?

À plusieurs reprises, le ministre de l'Agriculture a affirmé que les troupeaux du massif jurassien sont "à l’évidence non-protégeables". Les signataires s'en étonnent et demandent au membre du gouvernement de "fournir les études scientifiques" dont il dispose. "Il ne s'agit pas de clôturer l'ensemble du massif jurassien, il faut des moyens de protection sur les animaux vulnérables en priorité et non sur la totalité des troupeaux, il faut se pencher sur le fond", explique Natacha Bigan.

Au sujet des tirs de défense, les associations rappellent qu'aucune étude scientifique ne prouve leur efficacité. Elles alertent depuis plusieurs années sur le retour du loup dans le massif jurassien et sur la nécessité de mettre en place des mesures de protection. "Une fois que la crise est là, il est difficile d’avoir un débat apaisé". Dans leur communiqué, les signataires tendent également la main aux agriculteurs : "nous ne cesserons pas d’appeler les éleveurs à participer à des échanges, certains nous ouvriront leurs portes pendant que d’autres les claqueront. Ce qui est certain c’est que claquer les portes ne peut être le comportement d’un ministre".

Au lendemain de ce communiqué, les associations ont appris qu'un nouveau loup avait été tué par un tir létal de défense dans la nuit du 26 au 27 octobre sur la commune de Frasne. L'animal était en situation d'attaque.

Selon l'Office Français de la Biodiversité (OFB), dans le Doubs le bilan est de 26 attaques de loup depuis le 8 août, 22 génisses mortes, 25 blessées, une brebis morte. Les dernières attaques ont eu lieu ces derniers jours sur les communes des Pontets, Frasne et Chaux-Neuve. 

 

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