Les Suisses disent "non" à la limitation de la libre circulation avec l'UE et à la révision de la loi sur la chasse

Les électeurs suisses étaient appelés aux urnes ce dimanche 27 septembre. Parmi les sujets à l'ordre du jour, la libre circulation avec l'UE, la révision de la loi sur la chasse ou encore le congé paternité.

D'après les sondages, les électeurs ont rejeté à 61,9 % la proposition lancée par l'UDC qui visait à limiter la libre circulation avec l'UE.
D'après les sondages, les électeurs ont rejeté à 61,9 % la proposition lancée par l'UDC qui visait à limiter la libre circulation avec l'UE. © Maxppp/Thierry Gachon
Bonne nouvelle pour les 180 000 frontaliers qui vivent en France et qui travaillent en Suisse. Les Helvètes ont dit "non", ce dimanche 27 septembre, à la limitation de la libre circulation des ressortissants de l'Union européenne. L'initiative de l'UDC, qui estime que la Suisse "subit une immigration incontrôlée et démesurée" et que les "emplois sont menacés", visait à résilier l'Accord sur la libre-circulation des personnes (ALCP) signé en 1999 avec l'Union européenne. Les électeurs ont rejeté à 61,9 % cette proposition lancée par l'UDC, le premier parti du pays, mais à laquelle s'opposaient l'ensemble des autres forces politiques.

Il y a six ans, les Suisses avaient pourtant approuvé, à une très courte majorité, une première initiave populaire de l'UDC réintroduisant des quotas de migrants, notamment européens. Berne avait alors adouci le texte de mise en oeuvre de l'initiative en donnant une préférence nationale à l'embauche et en établissant des formalités supplémentaires pour les employeurs basés en Suisse voulant faire venir des employés européens. Depuis, Berne et Bruxelles ont signé plusieurs accords bilatéraux.

Le député européen Christophe Grudler (MoDem/Renaissance/Renew Europe), député européen et membre titulaire de la délégation interparlementaire Union européenne - Suisse, a réagi par communiqué : "Le rejet de l’initiative de l’UDC visant à limiter la circulation des personnes entre l’Union européenne et la Suisse, et donc à remettre en cause toutes les relations bilatérales Suisse-UE, est un événement démocratique dont je me réjouis. Bravo les Suisses !"

"Non" également à la révision de la loi sur la chasse

Concernant la révision de la loi sur la chasse, les résultats étaient serrés jusqu'au dernier moment. C'est finalement le "non" qui l'a emporté avec 51,9 % des suffrages. Dans le détail, Genève, Vaud, Neuchâtel, le Jura, Berne, Zurich et Bâle ont notamment rejeté le texte.

La loi actuelle, qui régente la protection des espèces sauvages, remonte à 1985. Or depuis 1995, le loup est de retour dans les montagnes helvètes. L’Office fédéral de l’environnement estime que la population s'élève à environ 100 loups et 10 meutes. L'enjeu était donc ce dimanche de se prononcer sur la possibilité ou non de tirer sur un loup de manière préventive. La loi ne sera finalement pas modifiée, les tirs préventifs restent interdits.

"Oui" au congé paternité

Les Suisses étaient également appelés à se prononcer sur le congé paternité. Depuis 2005, la loi accorde aux mères en activité 14 semaines de congés payés après la naissance d'un enfant. Mais les pères n'ont droit qu'à un ou deux jours s'ils sont employés et rien pour les indépendants. Après plusieurs tentatives, le parlement suisse a adopté en septembre 2019 un congé paternité de deux semaines, à prendre sous forme de bloc ou de jours isolés dans les six mois suivant la naissance de l'enfant. Ce dimanche 27 septembre, les Helvètes ont donc dit "oui" à 60,3 % pour l'introduction du congé paternité de deux semaines. La Suisse s'aligne ainsi sur les autres pays européens, qui ont tous introduit depuis longtemps un congé paternité ou un congé parental. En France, les autorités ont annoncé la semaine dernière que la durée du congé de paternité allait doubler et passer à 28 jours.
 
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