Audincourt : 35 suppressions de postes chez l'équipementier automobile Flex'N'Gate touché par la crise du Covid

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L'équipementier automobile touché par la crise sanitaire veut réduire la voilure en terme d'emplois. Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est en cours de discussion. Les syndicats militent pour une autre solution, l'activité partielle de longue durée (APLD). 

Le plan de sauvegarde de l'emploi annoncé début juillet chez cet équipementier qui travaille pour PSA, Renault, Nissan et Audi prévoyait 48 suppressions de postes sur le site d'Audincourt dans le Doubs. Ces suppressions de postes ne toucheraient pas les ouvriers, mais des cadres et techniciens de cette usine du pays de Montbéliard.

Lors de la réunion de négociations qui s'est déroulé mardi 21 juillet, la direction a accepté de réduire le PSE à 35 suppressions de postes sur les 780 du site d'Audincourt.

Pour Jean-Luc Bini, représentant du syndicat UNSA, la direction peut encore limiter la casse en terme d'emplois. "Nous, on ne veut pas entendre parler de PSE, car la situation économique de l'entreprise en 2019 est loin du dépôt de bilan" explique l'élu. "Il existe d'autres dispositifs que le PSE comme l'APLD, l'activité partielle de longue durée. Elle est financée en partie par l'Etat pour maintenir l'emploi après la crise du Covid. L'APLD serait plus rapide pour l'entreprise" précise Jean-Luc Bini qui y voit aussi l'intérêt de conserver les compétences et ne pas avoir à recruter à nouveau quand l'activité reprendra à 100 %. Selon lui, les mesures d'accompagnement proposées avec le plan de sauvegarde de l'emploi sont insuffisantes, proches du minimum légal. 
 

Un retour à la normale de la production en 2022


Selon le représentant de l'UNSA, l'activité de l'équipementier est actuellement de 60% sur le site d'Audincourt. Mais un retour à la normale pourrait se faire rapidement, 80%, en fin d'année selon la direction, explique-t-il. "Nous, on veut signer un accord APLD de 18 mois, jusqu'en 2022, période à l'issue de laquelle la direction prévoit un retour à la normale" ajoute le représentant syndical. Signe encourageant, l'usine PSA de Sochaux remet en place son équipe de nuit dès le 31 août.

Chez Flex'N'Gate, une prochaine réunion du plan de sauvegarde de l'emploi est prévue début septembre. L'intersyndicale espère encore pouvoir négocier durant l'été. "On espère encore se diriger vers un accord APLD additionné d'autres propositions. Nous ne sommes pas contre un plan de départ volontaire, mais encadré et sur une période longue" conclut le syndicaliste.
 

"Rien ne justifie un plan social pour cette entreprise"

Martial Bourquin, maire d'Audincourt



Le maire d'Audincourt,  Martial Bourquin a écrit une lettre ouverte à Brad Delorme, vice-président Europe des opérations de Flex'N'Gate . "Je vous demande de surseoir à ce projet de plan social et d’étudier les autres dispositifs », explique le maire. « Le plan social avec la suppression contrainte d’emplois doit être l’ultime recours et non pas un outil d’ajustement" estime l'élu qui rappelle que l'équipementier avait une trésorerie de 38 millions d'euros avant la crise sanitaire, un endettement faible et un haut niveau de performance économique. Le maire d'Audincourt a également écrit au préfet du Doubs. "Rien ne justifie un plan social pour cette entreprise" explique Martial Bourquin. "Si Flex'N'Gate maintient son projet de plan social, je vous demande avec la Direccte de procéder à un moratoire durant la période estivale et d'engager avec l'enteprise un travail d'accompagnement sur une alternative" conclut le maire d'Audincourt.

L'intersyndicale des trois sites français de Flex'N'Gate qui emploient 1200 personnes a également écrit à Brad Delorme pour lui demander d'utiliser le dispositif d'activité partielle de longue durée. Le dispositif permettrait de réduire le temps de travail et de préserver au mieux les emplois selon les syndicats.