Déserts médicaux : a Hérimoncourt, la commune a fait appel à des médecins retraités

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Écrit par Stéphanie Bourgeot
© France 3 Franche-Comté : Denis Colle

Privés de médecin depuis plus d’un an, les habitants d’Hérimoncourt (Doubs) ont eu la bonne surprise de voir rouvrir un cabinet médical au centre bourg. Trois praticiens en retraite ont accepté de reprendre du service à la demande expresse de Mme le maire et sous certaines conditions. 

La clientèle ne se bouscule pas, mais cela ne saurait tarder. Un an après le départ du dernier généraliste encore présent sur la commune, la patientèle a pris l’habitude d’aller voir ailleurs, plus loin, à contrecœur. Mais le 3 septembre dernier, un cabinet médical flambant neuf a ouvert ses portes dans les locaux du CCAS. A l’intérieur, trois médecins se relaient pour assurer la continuité des soins. Trois médecins qui ont tous un point commun : celui d’avoir raccroché !

S’ils ont accepté de reprendre du service, c’est parce que Mme le maire leur a fait une proposition difficile à décliner. Un salaire, un emploi du temps allégé, des congés et surtout : plus de papiers ni de cotisations.

Elue en 2014, Marie-France Bottarlini-Caputo avait anticipé la perte de son dernier généraliste. Mais elle a eu beau tout tenter (cabinet de recrutement, embauche d’un médecin à l’étranger, télémédecine)  rien n’y a fait. Malgré une argumentation solide sur l’attractivité de son territoire, infrastructures, transports, éducation, offre culturelle, proximité de la Suisse,  aucun candidat ne s’est laissé séduire. Mme le maire doit se faire une raison : Hérimoncourt, ses 3 600 âmes, sa  patientèle potentielle de 16 000 habitants et le Pays de Montbéliard tout entier forment un désert médical.

 
Haute-Saône : les médecins retraités au secours d'un cabinet médical


Jusqu’à ce qu’elle ait l’idée de recruter des médecins retraités plutôt demandeurs en la matière.  La municipalité a donc pris en charge l’aménagement des locaux, offert deux ans de loyer et une prime de 10 000 euros à l’installation. Pour le reste, c’est l’Asame qui gère. L’Association de Soins et d’Aide de Mulhouse et des environs n’en est pas à son coup d’essai. Elle a déjà monté deux centres médicaux de ce type dans l’est de la France. C’est le premier du genre en Franche-Comté, mais sûrement pas le dernier. Pour que les médecins restent concentrés sur leur cœur de métier, l’Asame les débarrasse de l’administratif, de la logistique, met à leur disposition une secrétaire et une hotline informatique. Une formule qui permet aux praticiens volontaires de faire bénéficier la communauté de leur longue et précieuse expérience sans se tuer à la tâche.

La formule du salariat n’est pas une idée nouvelle. Elle est d’ailleurs reprise par le plan « Ma santé 2022 » présenté le 18 septembre dernier par Emmanuel Macron. Le Président de la République annonce la création de 400 postes pour les déployer dans les zones prioritaires.  Une mesure considérée comme trop peu ambitieuse par de nombreux élus, puisqu’elle ne représenterait qu’une moyenne de 4 médecins par département. Pour information, le Pays de Montbéliard en a perdu 9 ces derniers mois.



 

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