ENTRETIEN. Avant son départ du FCSM, Jean-Claude Plessis, se confie sur le sauvetage miraculeux du club

Après une saison 2023-2024 conclu à la 8ᵉ place de National, le FC Sochaux-Montbéliard vit d'importants changements. Nouvelle gouvernance, objectif Ligue 2, départ d'Oswald Tanchot... Le président Jean-Claude Plessis, qui passera la main dans quelques mois, répond aux questions de France 3 Franche-Comté.

C'est dans son bureau du stade Bonal que Jean-Claude Plessis, président historique du FC Sochaux-Montbéliard, a reçu nos équipes. Après avoir annoncé son départ du club il y a quelques semaines, ce vendredi 24 mai, le sauveur estival du FCSM est revenu sur les dossiers chauds du moment avec Floriane Padoan et Rémy Poirot.

France 3 Franche-Comté : Jean-Claude Plessis, vous vivrez bientôt vos derniers moments dans ce bureau.

Jean-Claude Plessis : Attendez, il me reste encore quelques mois puisque j'ai décidé, comme je l'ai expliqué aux Sociochaux, que je partirai vers le 1ᵉʳ octobre 2024. Cela me permettra, vu qu'il y a beaucoup de travail à ce niveau-là, d'aider Julien (Cordonnier, nouveau manager général du club, NDLR) sur le recrutement. Tous les deux, on connaît parfaitement le football. On va s'atteler à préparer la saison prochaine.

Avec un dossier important qui s'est rajouté il y a peu, le recrutement d'un nouvel entraîneur.

Oui, ce n'était pas prévu. Oswald a choisi une autre voie, ce que je comprends très bien. Il nous a beaucoup apporté. Tanchot nous a permis de faire grandir nos jeunes. Aujourd'hui, sa trajectoire n'est plus tout à fait la même que la nôtre, mais on doit continuer notre évolution. On lui souhaite bonne chance. De toute façon, il va en Ligue 2, donc on ne le rencontrera pas la saison prochaine (sourire).

Vous parlez de saison prochaine. Justement, comment l'abordez-vous ?

On veut la montée. C'est clair, on veut jouer la montée. On veut être dans le coup jusqu'au bout. Sinon, nos supporters ne seront pas contents. Il faut une équipe capable de jouer les premiers rôles. C'est l'objectif. C'est pour ça qu'avec Julien, on est en train de travailler sur le recrutement d'un entraîneur de qualité. C'est la priorité.

Quel profil de coach visez-vous ?

Avant tout un entraîneur capable de bien jouer, en intégrant nos jeunes. Monter une vraie équipe en faisant sortir des jeunes du centre de formation, ça, c'est primordial. C'est dans l'ADN du FCSM. On a très souvent formé des joueurs qui sont ensuite devenus, pour certains, des internationaux. Il faut revenir rapidement en Ligue 2 pour continuer cela.

Faire évoluer nos "oisillons" pour les vendre lorsqu'ils sont devenus des "coqs sauvages", des garçons de 23-24 ans qui partent après avoir servi le club. On veut retrouver des Thuram, des Frau, des Pedretti, des Marvin Martin. Ce club a été martyrisé pendant 10 ans par une gestion approximative. Aujourd'hui, il doit retrouver son identité franc-comtoise. Et ça tombe bien, les actionnaires sont tous de la région, c'est un bon premier pas.

Des actionnaires qui seront amenés à prendre plus d'importance dans le fonctionnement du club ?

C'est vrai. Pour cette 2ᵉ saison, avec les actionnaires, on a décidé d'avoir deux instances qui remplaceront l'actuel conseil d'administration. Une qui regrouperait, après une élection, les représentants des actionnaires dans un conseil de surveillance. Ils ont élu un président, Sandro Nardis.

Notre deuxième instance sera un directoire, axé sur le côté sportif. Je le préside actuellement avec Julien Cordonnier en manager général. Pierre Wantiez, lui, nous a quitté, mais il restera présent sur le côté juridique. 

Comment cohabiteront ces deux instances ?

Le conseil de surveillance sera chargé de fixer les grandes lignes du club, de donner un éclairage sur les budgets et de superviser le fonctionnement du directoire. Le directoire sera lui plus dans la lumière, pour gérer les joueurs, le centre de formation, les relations avec la fédération et tous ces dossiers. Il y a donc d'un côté des gens qui mettent leur argent au service du FCSM, et d'autres leur expérience du sport et du monde du football. Et ça doit très bien fonctionner.

Il y aura certaines interférences de temps en temps, mais on a une chance formidable : avoir un groupe d'actionnaires soudés. Il doit nous permettre de traverser une, voir deux saisons de National maximum. Si nous n'arrivons pas à remonter en Ligue 2 d'ici là, on serait vraiment en danger. C'est pour cela qu'on a déjà négocié avec nos actionnaires du conseil de surveillance un budget qui nous permettra, la saison prochaine, de jouer la montée en Ligue 2.

Sans vous, donc, à partir du 1ᵉʳ octobre.

Oui. Vous savez, j'ai dirigé ce club pendant un certain nombre d'années et j'ai connu quelques succès. L'été dernier, j'étais venu pour essayer de sortir le FCSM de la difficulté et j'ai tout de suite dit que je ne venais que pour ça. Aujourd'hui, j'estime que ma mission est terminée. On a trouvé les bons investisseurs, je suis très satisfait de ce que j'ai fait avec Pierre.

Donc pourquoi voulez-vous que je reste ? Le Conseil d'administration va avoir de nouvelles idées de gestion, d'organisation. On a commencé cette histoire ensemble, et je vais la quitter quand un nouveau président, plus jeune, sera officialisé. Je rentre comme Ulysse en son foyer, "plein d'usage et raison, vivre entre ses parents le reste de son âge".

Avec votre départ, c'est une part de l'esprit du club, de l'Histoire du FCSM, qui s'en va aussi.

L'esprit perdurera toujours. On est à Sochaux. Il y aura toujours cet esprit travailleur, besogneur, qui va rester. Il est ancré dans notre territoire, avec son passé ouvrier. Pour toutes ces personnes, les matchs à Bonal sont des messes qui réunissent les familles, les gamins comme les anciens. Grâce à eux, Sochaux vivra toujours.

Et vous en avez eu la preuve cet été quand nos supporters ont manifesté dans les rues. Cette ferveur, c'est pour ça que je suis revenu. Maintenant, c'est à d'autres de prendre la relève. Vous ne voulez pas qu'à 90 ans, je reste aux commandes (rires). Il faut passer à autre chose. Je n'ai pas un esprit de dictateur.

Avant de partir, quel bilan faites-vous de cette saison 2023-2024 ?

Cette saison est miraculeuse. Pierre Wantiez et moi-même, quand on a avancé dans le dossier cet été, on s'est dit plusieurs fois : "on n'y arrivera pas". Mais on y est arrivé. On a eu l'impression qu'il y a eu des interventions divines. On a réussi à monter un budget valide en huit jours. Chez les investisseurs, on a tout de suite senti un grand enthousiasme. Du côté des collectivités locales, toutes sont allées dans notre sens. Et en plus, on a eu les Sociochaux qui ont récolté plus de 750 000 euros.

On a aussi bénéficié de tout l'amour de nos supporters. Personne ne voulait voir disparaître l'entité FCSM. L'engouement était incroyable. Et ça a marché, la DNCG a accepté notre budget et on a pu repartir depuis le National. Là, il a fallu que Cordonnier et Tanchot démarrent avec des joueurs arrivés au dernier moment, sans préparation, avec beaucoup de jeunes du centre de formation, qui n'auraient sans doute jamais joué professionnel sans cette situation.

Et la bonne surprise, c'est que cela a marché sportivement.

Oui. Le public était présent, c'était incroyable. Bonal a été rempli plusieurs fois par plus de 10 000 spectateurs, avec une pointe à 19 000 en Coupe de France. Cette compétition nous a permis de retrouver le FCSM de la grande époque. Les Francs-comtois ont tellement craint de perdre leur "Tour Eiffel", qu'ils ont chaviré de bonheur. Résultat, aujourd'hui, je ne peux pas marcher dans les rues sans qu'on m'arrête pour me féliciter. L'autre jour, un enfant m'a même demandé : "est-ce que je peux vous faire un câlin président ?". C'est ça ma récompense

Au final, au bout de cette saison, on a fini 8ᵉ. Je rappelle qu'il y avait six relégations sur 18 équipes. Et je ne vais pas vous cacher que quand tu joues avec des gamins, on était quand même inquiet au départ. Mais à la trêve, on était 5ᵉ. On a un peu rêvé, mais bon, le rêve fait partie du sport. Maintenant, place à l'acte II de ce nouveau FCSM. C'est le début d'une autre aventure.

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