FC Sochaux-Montbéliard : "Comme si on arrachait quelque chose à notre vie", tristesse et colère pour les supporters réunis à l'entraînement des Jaune et Bleu

Alors que le FCSM s'apprête à être rétrogradé officiellement en National, les joueurs ont effectué un entraînement matinal ce 11 juillet, sous les yeux de supporters. Un moment chargé en émotions. On vous raconte.

"SL : tu as tué le FCSM". Ce sont les mots qui ont été inscrits dans la nuit de lundi à mardi 11 juillet, en rouge, sur l'un des murs situés devant le Stade Auguste Bonal, à Sochaux. Les lettres "SL" font référence aux initiales de Samuel Laurent, directeur général du club, accusé par les amoureux des Jaune et Bleu de mauvaise gestion financière et d'avoir menti sur la situation économique du FCSM. 

Ce mardi 11 juillet au matin, l'ambiance est particulièrement pesante aux abords du terrain d'entraînement du FC Sochaux-Montbéliard. On a presque l'impression d'assister à un enterrement. Les supporters sont venus en nombre, malgré l'horaire matinal. Ceux qui ont répondu à nos questions ont le coeur serré et les cordes vocales nouées. "On vient voir une dernière fois l'équipe Pro", nous explique l'un d'eux, alors que la décision de rétrogradation officielle du club en National est attendue dans quelques heures et que le club risque le dépôt de bilan. 

"On en veut à Samuel Laurent"

"Je ressens de l'incompréhension, de l'injustice. Être relégué administrativement, c'est pire que sportivement. Il faudra se relever, mais avec qui, avec quoi... On ne sait pas. On en veut à Samuel Laurent, c'est un menteur tout simplement. Je ne vais pas dire ce que je pense vraiment. Ce n'est pas facile", nous a confié ce supporter du club depuis 2013. Le nom de Samuel Laurent est sur toutes les lèvres ou presque. Beaucoup lui reprochent son attitude et se demandent "comment la direction a pu en arriver là". 

"Pour moi, donner des salaires exorbitants en L2, ce n'est pas possible. Quand on voit le niveau d'investissement de certains joueurs, ce n'était pas possible. On voyait la galère que c'était chaque année devant la DNCG, c'était serré. Si le club dépose le bilan, c'est comme si on arrachait quelque chose à notre vie", ajoute un jeune amoureux du club qui ne cache pas, lui non plus, sa tristesse.

Sur le terrain, les chasubles jaune fluo et rose s'agitent sous les consignes des préparateurs physiques. Les esprits dans les têtes des joueurs doivent probablement en faire de même.

Le foot business pointé du doigt

Bernard, un supporter depuis toujours, ne réussit pas à retenir ses larmes. "Je ne peux pas vous répondre, je suis trop triste", nous dit-il avant de reprendre ses esprits. Il poursuit : "C'est mon club de coeur, c'est ma vie. De voir ce club partir comme ça... On m'enlève tout. Je passe mes journées ici, je suis en retraite...". Il dénonce le foot business, milieu dans lequel l'argent a pris le dessus sur les valeurs véhiculées. "C'est la situation du football moderne. Du football, de l'argent... Tavares (ndlr, dirigeant du groupe Groupe PSA) nous a bradé au premier venu... Puis une gestion calamiteuse d'un président hors sol...", se remémore-t-il.

Un peu plus loin, notre journaliste Emilien Diaz interroge un autre fan de Sochaux. Il est l'un des plus âgés au bord du gazon. "J'ai vu les premiers matchs du FCSM en 1958", explique-t-il. "Il me semble que c'est une catastrophe pour Montbéliard, Sochaux... mais aussi pour toute la région. Le FCSM était un club phare dans le football français. Je me souviens de la foule en délire face à de grands clubs". Il a voulu venir en marque de soutien pour le FCSM et souligne la présence de nombreux jeunes, rassemblés pour soutenir moralement les joueurs et le staff sportif.

La décision de la DNCG quant au sort du FC Sochaux-Montbéliard est attendue dans l'après-midi. 

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