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Le football trop “populaire” ? Un couac de communication met Peugeot dans l'embarras

 L'entrée de l'usine de Sochaux du constructeur automobile Groupe PSA (ex- PSA Peugeot Citroën ) où sont fabriquées des automobiles Peugeot, Citroën et maintenant Opel. / © Lionel VADAM/MaxPPP
L'entrée de l'usine de Sochaux du constructeur automobile Groupe PSA (ex- PSA Peugeot Citroën ) où sont fabriquées des automobiles Peugeot, Citroën et maintenant Opel. / © Lionel VADAM/MaxPPP

Peugeot ne reviendra pas au football et encore moins au FCSM dans les années à venir. C'est la conclusion qu'on peut tirer des récentes déclarations de la responsable des partenariats de Peugeot. Ses propos ont provoqué la colère de nombreux francs-comtois et fans de football. Détails.

Par Sarah Rebouh

Si certains supporters espéraient que Peugeot, entreprise automobile à l'origine de la création du FCSM, allait finir par secourir le club en mal de repères, c'est loupé. Non, la marque au lion n'a aucunement l'intention de réinvestir les gradins et de s'engager à nouveau dans le football, et par ruissellement... au FC Sochaux-Montbéliard.

Sur Europe 1Isabel Salas Mendez, responsable des partenariats de Peugeot a expliqué que le football véhiculait "des valeurs populaires", alors que la marque "souhaite monter en gamme". Peugeot a d'ailleurs investi depuis plusieurs années les cours de tennis et les greens de golf. 
 

Le directeur de la marque revient sur ces propos


La déclaration crée forcément la polémique. Jean-Philippe Imparato, directeur de la marque, a tenté d'éteindre l'incendie en regrettant "des propos malheureux". "Ni condescendance ni arrogance chez Peugeot, car on sait d'où on vient, et qu'on respecte tous nos clients, quelle que soit leur passion sportive" a-t-il expliqué.

Du côté des élus locaux et supporters du club, c'est évidemment l'indignation et la colère. "Comment cracher sur son histoire" déclare un supporter. Certains autres rappellent que des grandes marques automobiles parient toujours sur le football, à l'image de BMW et le Bayern de Munich, Fiat et la Juventus de Turin ou encore Mercedes et Stuttgart. 

"Il aurait mieux fallu garder le silence comme vous le faites depuis des années plutôt que de sortir des énormités comme cela Madame Salas-Mendes" a lancé, furieux, Christophe Froppier, vice-président en charge des sports à Pays de Montbéliard Agglomération. L'adjoint au maire de Montbéliard, Alexandre Gauthier a dénoncé quant à lui des propos "à vomir" sur son compte Twitter. Et d'ajouter : "N’oubliez pas que ce sont les milieux Populaires qui achetent vos voitures".

Sur le site spécialisé Foot365, Romain Peugeot, arrière-petit-fils du fondateur du club sochalien, s'est également exprimé : "Le patron de cette dame a tout dit en la désavouant, et c’est très bien qu’il l’ait fait car ce sont des propos scandaleux ! Je suis ravi que Jean-Philippe Imparato ait remis lui-même les points sur les i.​"
 

Le FCSM, un club trop "bas de gamme" ?


Et si c'était plutôt l'image du FCSM qui ne collait plus à la marque et à son positionnement sur le marché automobile ? En effet, impossible pour Peugeot de se lier avec un autre club de football, plus "haut de gamme", après avoir créé le FC Sochaux-Montbéliard.

Sochaux a toujours été l'un des clubs les plus "populaires" de l'hexagone, dans le sens "proche du peuple" et familial. Crée en 1928 par Jean-Pierre Peugeot, patron des Automobiles Peugeot, le FCSM devient le premier club de football français à faire venir des "vedettes" et à les payer, faisant ainsi de lui le premier club de football professionnel. À l'époque, le club est créé pour divertir les milliers d'ouvriers travaillant dans les entrepôts de la marque. Le but de la manoeuvre de l'époque était donc bien d'être "populaire".
 

"Le Britannique Gibson devient l'entraîneur d'une équipe qui compte dans ses rangs Lozès, Mattler, Maschinot, Lehmann ou encore Boros, premières têtes d'affiche sochaliennes" détaille le club sur son site internet.

Après de nombreuses années au haut niveau, le FCSM finit sa saison 2018-2019 en bas de tableau de L2 et n'aura définitivement jamais l'aura d'un club comme le Bayern, la Juventus ou le PSG, très populaires à l'international.

Peugeot a pris le virage depuis déjà quelques années. La marque a décidé de changer de stratégie marketing. Le FCSM n'a plus la côte auprès de son créateur. Pourtant, le football, lui, reste le sport le plus pratiqué au monde avec plus de 250 millions de licenciés à l'échelle mondiale et 2 135 193 licenciés en France. Il y a donc des gens à ne pas fâcher lorsqu'on souhaite vendre des voitures. L'énorme communauté des footeux en fait partie. 
 

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