Montbéliard : il redonne la parole aux rockers “disparus de la photo”

Après deux années d'interviewes et de documentation, le film "Les Disparus de la photo" sera diffusé en avant première ce vendredi au cinéma le Colisée de Montbéliard
Après deux années d'interviewes et de documentation, le film "Les Disparus de la photo" sera diffusé en avant première ce vendredi au cinéma le Colisée de Montbéliard

C'est l'histoire d'une génération. Des jeunes hommes et femmes qui ont vécu dans l'oeil du cyclone entre 1995 et 2001. Une période furieuse dans le Pays de Montbéliard où les groupes de rock, de punk, de métal ont fleuri et ont trusté les scènes. Un documentaire revient sur cette période.

Par Clément Jeannin

Jean-Philippe Putaud est réalisateur de clips, de documentaires et de films institutionnels. Mais il est aussi musicien. Depuis le début des années 90 jusqu'à maintenant, il a joué dans des groupes rock du pays de Montbéliard tels que Nothing To Prove, Wormachine, Suicide Levitation et actuellement PrisonLife. 

"Je me suis lancé dans la réalisation de ce film dans le but de chercher les réponses à un questionnement que j'ai depuis une dizaine d'années. Est-ce que le rock est mort ? Quelle est la place et l'influence d'Internet dans la musique ? Sommes-nous vraiment libres de décider de notre culture ?"

 Jean-Philippe Putaud, ancien musicien et réalisateur du documentaire "les disparus de la Photo". / © DR
Jean-Philippe Putaud, ancien musicien et réalisateur du documentaire "les disparus de la Photo". / © DR

Pour ce faire, le réalisateur a mis en boîte une quarantaine de témoignages. Des chanteurs, comme Stéphane Cupillard, ancien leader des Original Disease, un groupe de rock hardcore, ont ainsi donné leur vision de cette époque: "il y avait un bouillonnement artistique réellement intéressant dans ce coin de la Franche-Comté. Ce que j'aime me dire, c'est que beaucoup d'entre-nous sont ensuite parti, et que nous avons tous réussi ailleurs. Que notre passion pour cette musique nous aura servi pour nous construire".

"Les disparus de la Photo" n'est pas un film passéiste, mais il se veut comme un marqueur d'une époque où la jeunesse montbéliardaise ne voyait comme avenir que la grisaille de la "Peuge".


"Les disparus de la Photo", teaser


"Je trouve que la contestation et le besoin d'urgence véhiculés par les groupes rock de l'époque se retrouvent actuellement dans les musiques électro et le hip-hop".


Nicolas Sauvage est conférencier pour la salle de musiques actuelles de Besançon, la Rodia.

Cet ancien disquaire qui a longuement vécu à Rennes et Paris a été contacté par le réalisateur comtois pour apporter un regard extérieur sur cette époque. "Ce qui est intéressant avec les scènes musicales, c'est qu'elles sont très différentes suivant les régions. Alors qu'on trouve un rock très anglo-saxon à Rennes ou aux sonorités orientales à Toulouse, c'est clairement le rock hardcore qui aura secoué le Pays de Montbéliard".


Jean-Philippe Putaud ne veut pas être taxé de passéiste. Son film ne sera pas un produit amer sur une époque révolue. 
Depuis 40 ans, depuis les No Fuck Bébé, qu'est devenue la scène Punk Hardcore dans le Pays de Montbéliard, Besançon et Belfort ?
Le Rock est-il mort ? Que vont devenir les pratiques musicales ? Où se situe l'engagement et l'authenticité en 2017 ?


Le film est à voir ce vendredi 9 mars à 20h30 au cinéma le Colisée de Montbéliard. Un double DVD sera produit en mai prochain. Plus d'informations ICI




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