PHOTOS. En pleine migration, plus d'un million d'oiseaux ont survolé Pont-de-Roide cet automne

C'est l'un des couloirs de migration les plus importants de France : chaque automne, des centaines de milliers d'oiseaux migrateurs survolent Pont-de-Roide près de Montbéliard dans le Doubs. Pour les observateurs de la LPO, cette année est exceptionnelle en Bourgogne-Franche-Comté.

Spot exceptionnel pour l’observation ornithologique, chaque année, le Fort de Roche, sur les hauteurs de Pont-de-Roide dans le Doubs, permet aux bénévoles de la LPO de compter les oiseaux migrateurs qui passent dans la vallée du Doubs et d’estimer l’état des populations de ces espèces. Ors, cette année, ils ont déjà observé le passage de plus d’un million d’oiseaux, alors qu’il leur reste encore près de trois semaines de comptage. 

“C’est seulement la quatrième fois qu’on dépasse le million” explique Georges Lignier, coordinateur bénévole du suivi du comptage pour la LPO Franche-Comté. Une espèce en particulier s’est faite remarquée par ses grands groupes cette année : les pigeons ramiers, qui comptait pour plus de 70.000 individus observés au 28 octobre. “C’est un excellent niveau, le record pour cette espèce est à 1,1 million en 2019”

C’est historique pour l’ornithologie en Bourgogne-Franche-Comté, parce qu’on a un site de comptage qui s’appelle la montagne de la folie en Bourgogne, qui ont eux aussi très largement dépassé le million d’oiseaux. Ils ont même compté plus de 300.000 pigeons ramiers en 48 heures

Georges Lignier, coordinateur bénévole du comptage pour la LPO Bourgogne-Franche-Comté

La météo n’est pas étrangère à ces résultats : “on a été un moment pénalisés par les nappes de brouillard, on ne voyait pas grand chose, mais depuis, on a une excellente visibilité, on arrive à prendre des vols à 25-30 kilomètres” se félicite Georges Lignier.

Bonne année pour le milan royal…

Les milans royaux se sont également fait remarquer cet automne. Alors que sont habituellement comptés sur toute la saison entre 7.000 et 12.000 individus, ils étaient déjà au 28 octobre plus de 9.700 à avoir été aperçus et identifiés depuis le Fort des Roches. “Ça reflète un peu un meilleur état de santé de la population, explicite Georges Lignier, mais ce sont des populations qui restent fragiles”.

… mais d’autres espèces qui se font plus discrètes

En revanche, d’autres espèces sont plus rares cette saison. “Il y a un absent de marque, débute le bénévole LPO, ce sont les petits passereaux.” “Le plus important, c’est le petit pinson des arbres”, poursuit-il.

Autre espèce dont l’absence s’est faite remarquée : “on a seulement trois bouvreuils pivoines”. À la même époque l’année dernière, un peu plus de 120 individus avaient déjà été observés. “Ça, c’est un signe, c’est un oiseau qui ne va pas bien du tout”.

Pour profiter du spectacle, rendez-vous au Fort des Roches

Jusqu’à la fin du comptage, les bénévoles de la LPO se relaient pour observer le ciel et identifier les espèces qui empruntent le couloir migratoire. Depuis le 20 août, “on a pu assurer une présence quotidienne, se félicite Georges Lignier, ça c’est un engagement fort pour des bénévoles”.

Des bénévoles qui accueillent également le public. “On a des touristes, on a des gens venus de toute la France aussi” détaille le coordinateur du comptage. “Le fort est toujours ouvert, et du lever du soleil à la toute fin d’après-midi, on fait des animations. Pour une ou dix personnes, on accueille, on explique ce qu’on fait, pourquoi et comment”. Une bonne idée de sortie pour les petits curieux en vacances.