Violences urbaines à Montbéliard : “Une poignée d'individus arrive à défier l'autorité et la République"

Dans le quartier de la Petite Hollande à Montbéliard (Doubs), depuis le 8 octobre, les incidents se multiplient. Incendies, tirs de mortiers, échauffourées. Les habitants en ont assez. Mairie et syndicats de police réclament des effectifs supplémentaires.

En cette mi-octobre, le quartier de la Petite Hollande à Montbéliard connait des incidents à répétition, la nuit.
En cette mi-octobre, le quartier de la Petite Hollande à Montbéliard connait des incidents à répétition, la nuit. © Florence Petit - France Télévisions
Dans la cité de la Petite Hollande, les dégâts sont visibles. Une voiture calcinée ici et là. Une station de lavage en partie détruite. Les incidents survenus les nuits dernières n’ont guère surpris les habitants. Depuis le mois de juin, le quartier connaît des flambées de violence.
 

C’est du vandalisme, c’est des jeunes. On ne comprend pas du tout

Un habitant du quartier de la Petite Hollande à Montbéliard




“La journée, ça va, c’est calme. Les jeunes, ils dorment. Ils passent la nuit à faire leur bordel, casser, brûler. On n’a jamais vu ça, ça se dégrade de plus en plus, dans toutes les cités, c’est pareil, c’est invivable” décrit un habitant du quartier qui pointe le trafic de drogue en toile de fond de ces incidents.



“C’est un constat de désolation” déplore une nouvelle fois Marie-Noëlle Biguinet, maire LR de Montbéliard. “Je trouve désolant qu’une poignée d’individus, une trentaine de personnes arrivent à défier l’autorité et la justice” ajoute l’élue. Elle avait eu recours en juillet dernier à un couvre-feu. Une nouvelle fois, ces derniers jours, les CRS sont arrivés en renfort.


L’élue a vu les incidents se multiplier depuis la sortie du confinement. “La crise est profonde, et la réponse doit être très forte, c’est-à-dire plus de police, plus de justice et les auteurs de ces violences ne doivent pas rester impunies” estime Madame Le Maire.

 

Montbéliard : de nouvelles violences urbaines dans le quartier de la Petite Hollande

► Reportage E.Diaz, F.Petit avec Marie-Noelle Biguinet Maire (LR) de Montbéliard - Christophe Dalongeville Syndicat Alliance Doubs - Police Montbéliard - Michel Klein Directeur départemental de la sécurité publique du Doubs


Le syndicat de Police Alliance réclame des moyens supplémentaires


Selon Christophe Dallongeville, “la circonscription de Montbéliard-Héricourt est en sous-effectif de police. Il y a un an, on était 140 gradés et gardiens de la paix, on est 123 à ce jour” dénonce le syndicaliste. Il demande un apport d’effectifs “pour pouvoir répondre immédiatement et apporter une réponse forte à toutes ces violences”.


 

On espère pouvoir procéder rapidement à des interpellations

Michel Klein, directeur départemental de la sécurité publique du Doubs




Lors des derniers incidents, aucune interpellation n’a été réalisée. “Le temps de l’enquête est évidemment un peu plus long que l’interpellation en flagrant délit qui n’a pas été possible. Ceux qui ont commis ces exactions auront à répondre” assure Michel Klein, directeur départemental de la sécurité publique du Doubs (DDSP). Selon lui, un cran a été franchi avec l’utilisation de mortiers envers les forces de l’ordre. 


Du côté de la DDSP, on assure que le secteur de Montbéliard a les effectifs adéquats pour son bassin de population. Les CRS resteront le temps qu’il faudra, quitte à partir et revenir. Des renforts d’enquêteurs de la sûreté départementale seront envoyés dès mardi 12 octobre pour travailler sur les dossiers, et retrouver les auteurs des agressions et incendies. Par chance, les tirs de mortiers, n'ont fait aucun blessé de part et d'autre.


Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin veut interdire la vente des mortiers


Les mortiers d'artifice, ces engins pyrotechniques utilisés par les professionnels des feux d'artifice, sont de plus en plus souvent détournés par des délinquants pour s'en prendre aux forces de l'ordre, comme dans l'attaque samedi 10 octobre au soir d'un commissariat à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).
 

En utilisation normale, le mortier est planté au sol et tiré en l'air. Mais les voyous s'en sont emparés pour faire une arme par destination.

Rocco Contento, porte-parole du syndicat Unité SGP



"Le mortier d'artifice est un engin pyrotechnique composé d'un cylindre en carton et d'une charge explosive. Cette charge est faible, il ne s'agit pas de TNT ou autre", explique Rocco Contento, porte-parole du syndicat Unité SGP. 
"En utilisation normale, il est planté au sol et tiré en l'air. Mais les voyous s'en sont emparés pour faire une arme par destination. A tir tendu, il peut blesser quelqu'un et en pleine figure, c'est la même chose qu'un LBD (lanceur de balle de défense)", ajoute le syndicaliste.

Une habilitation est nécessaire pour acheter des mortiers. "Mais on peut s'en procurer sur internet et se les faire livrer à domicile. Ce n'est pas très cher", souligne Rocco Contento. 

Dimanche 11 octobre, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en déplacement à Champigny-sur-Marne, a annoncé sa volonté d'interdire par la loi la vente au public, sur internet, des mortiers d'artifice qui seront considérés comme "des armes par destination".
 
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