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Voyage en haute altitude avec un pilote de la Gordon Bennett, la légendaire course de ballons à gaz

Les ballons à gaz lors du départ de l'édition 2017 à Gruyères en Suisse. / © VALENTIN FLAURAUD/EPA/Newscom/MaxPPP
Les ballons à gaz lors du départ de l'édition 2017 à Gruyères en Suisse. / © VALENTIN FLAURAUD/EPA/Newscom/MaxPPP

La 63ème édition de la Gordon Bennett s'élancera de l'aérodrome du Pays de Montbéliard vendredi 13 septembre dans l'après-midi. Le Français Eric Decellières nous raconte le quotidien des pilotes, en complète autonomie pendant la durée de la course. 

Par Camille Belsoeur

C'est une course qui se tient loin du monde des hommes. La légendaire coupe aéronautique Gordon Bennett, dont la 63ème édition s'élancera vendredi 13 septembre de l'aérodrome du Pays de Montbéliard, consiste à voler à bord d'un ballon à gaz, le plus loin possible depuis le point de départ. Les équipages sont composés de deux personnes et les meilleurs restent en haute altitude pendant trois, quatre ou cinq jours, avant de se poser. En 2018, les Polonais Mateusz Rękas et Jacek Bogdański avaient parcouru 1 145 kilomètres en 58 heures de vol. Personne n'avait fait mieux.
 
 

"On va enlever du sable à la petite cuillère"

Parmi les participants de l'édition 2019, les Français Eric Decellières et Benoît Havret composent l'équipage du ballon France 2. Déjà au départ en 2014 et en 2017 (il avait terminé à la 4ème place en 2014), Eric Decellières connaît bien les enjeux de cette épreuve centenaire. Les dernières heures avant le départ sont cruciales. "Demain après-midi avant le décollage, on fera un dernier point avec notre PC course pour voir avec notre routeur sur quelle trajectoire on part en fonction de la prévision des vents", confie Eric Decellières. 
 
Gordon Bennett


Une fois en vol, il y a peu de temps mort. "On est très très occupé par le contrôle aérien. On est sans cesse à l'affût des changements de météo. On communique par SMS avec notre routeur qui nous dit : "Il y a tel vent à 1500 ou à 3000 mètres. On va alors enlever du sable à la petite cuillère pour être très précis, si on veut monter simplement de 30 mètres par exemple. On ne peut jamais prendre 3 heures de repos sans surveiller ce qui se passe", raconte Eric Decellières.
 

L'urine et les excréments servent aussi de lest

Les ballons à gaz sont en effet lestés de 600 kg de sable et gonflés de 1 000 m3 d’hydrogène, un gaz plus léger que l'air. Lâcher du lest permet de gagner de l'altitude. À l'inverse, il faut libérer du gaz pour faire descendre l'aéronef. Les bouteilles dans lesquelles les pilotes urinent servent aussi de lest quand il faut reprendre de la hauteur. "On a un pot de chambre dans lequel on fait les plus gros besoins. On met ensuite tout ça dans un sac biodégradable qu'on jettera par-dessus bord au moment opportun lors du survol d'une forêt ou d'un champ. On ne peut pas le jeter n'importe quand sinon on pourrait perdre de l'altitude au mauvais moment", glisse Eric Decellières. 
 
 

Dans leur nacelle, qui plane parfois à plusieurs milliers de mètres au-dessus de la Terre, les deux membres de l'équipage dorment en alternance (environ deux heures de sommeil chacun chaque nuit), échangent sur la conduite à tenir et admirent le paysage dans les périodes plus calmes. "Il y a des moments où on refait la vie. On est suspendu dans une bulle. C'est contemplatif et magique à chaque fois. En terme de zénitude intellectuelle, c'est un très grand plaisir", se félicite le Bressan.

Un moment tellement fort dans une vie, qu'à la fin de la Gordon Bennett il faut un long sas de décompression aux pilotes pour vraiment atterrir mentalement sur le plancher des vaches. "Quand on se pose de la Gordon Bennett, il faut un mois pour décompresser me disait Vincent Leys (neuf fois vainqueur de la course), notre mentor en France", conclut Eric Decellières. Rendez-vous dans quelques jours pour le premier atterrissage. 
 

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