Cancer colorectal : avec le sourire, Sandra, ancienne malade, nous explique tout sur le dépistage de ce cancer trop tabou

Mars Bleu est le mois de promotion du dépistage du cancer colo rectal. Sandra Tivan en parle avec espoir et conviction. Ce cancer guérit 9 fois sur 10, mais il fait encore près de 17 000 décès chaque année en France.

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Comme chaque année, en mars, Sandra Tivan voit la vie en bleu. Cette énergique femme est l’une des organisatrices de Mars Bleu à Pontarlier dans le Haut-Doubs. 


Comme dans de nombreuses communes en France, les actions de sensibilisation au cancer colo rectal vont se multiplier pour en parler, pour dédramatiser ce cancer, et inciter les hommes et les femmes à se faire dépister préventivement tous les deux ans. Le taux de participation au dépistage atteint difficilement les 33 %.

Sandra qui a été soignée pour ce type de cancer, n’hésite pas chaque année à endosser la perruque bleue pour faire passer le message avec des mots simples, rassurants. Elle s’est prêté au jeu des questions réponses au micro de notre journaliste Guillaume Soudat. Comme il y a octobre rose pour améliorer le dépistage du cancer du sein, Mars Bleu peut sauver des vies. La vôtre ? 

Combien de Français sont-ils touchés par ce cancer ?


En France, on tourne autour de 47 à 48 0000 personnes qui ont un cancer colo rectal. Et on a à peu près 17 000 décès par an, alors qu’on sait que si tout le monde fait le dépistage, 9 fois sur 10, on est sauvé. Je ne comprends pas pourquoi on n’arrive pas à être bon là-dessus. La France n’est pas au top. 

Le cancer colo rectal est-il bien connu du grand public ?

Pas du tout. C’est un cancer dont on parle très peu. Il est très peu médiatisé, même si ça commence un peu. Le cancer colorectal est un cancer que l'on appelle un cancer un peu vicieux, car c’est très difficile à détecter. On n’a pas de symptômes particuliers, à part des fois du sang dans les selles, mais pas obligatoirement. Et donc, le dépistage est intéressant par rapport à cela. Avec un dépistage du cancer colorectal, 9 fois sur 10 on peut sauver une personne. C’est beaucoup, mais les gens sont un peu réticents à faire ce dépistage.

Pourquoi y a-t-il cette réticence à faire un dépistage du cancer colorectal ?


Le cancer colorectal est, ce qu’on appelle, un cancer “sale” dans la tête des gens. C’est un cancer qui touche aux intestins, aux viscères. C’est un cancer “caca”, moi je dis toujours, et les gens n’ont pas trop envie. Et comme c’est un cancer qui ne vous laisse pas de douleurs atroces, on a toujours l’impression d’aller très bien, donc pourquoi aller se faire dépister si on va bien ? Et pourtant, il faut le faire. C’est le deuxième cancer le plus mortel après le cancer du poumon.

Qui peut se faire dépister lors de Mars Bleu et comment ? 



Le dépistage cible les 50-74 ans comme pour le cancer du sein lors d’octobre rose. En théorie, à 50 ans, vous recevez une petite lettre à la maison qui vous dit que vous avez le droit d’aller chez votre médecin ou à la pharmacie retirer votre petite enveloppe bleu (kit de dépistage). Ce n’est vraiment pas compliqué ensuite. On ne doit pas faire de la pâte à modeler avec son caca ! (sourires). Il y a des gens qui pensent encore qu’ils doivent manipuler leurs selles ! Pas du tout. On met ça dans une petite enveloppe, c’est tout. 

Et si le test de dépistage est positif ?


Quand ça revient positif, il ne faut pas avoir peur. Cela ne veut pas dire que j’ai un cancer. Quand ça revient positif, c’est qu’ils ont trouvé du sang dans les selles. À ce moment-là, cela peut n’être rien du tout ou un polype. À ce moment-là, on va vous demander d’aller faire une coloscopie. Et s’il y a un polype qui saigne, on va vous l’enlever directement et vous évitez ainsi tout ce qui est traitement, traitement, chimio, radiothérapie. Vous évitez cela, et ce sont des traitements très lourds. 

Quels sont les progrès pour ce type de cancer ?


À l’époque où j’ai eu mon cancer, la chimio normale n’a pas fonctionné. On m’a proposé une chimio d’essai que j’ai faite. Ces chimios d’essai, ce sont des chimios qu’on appelle aujourd'hui des chimios ciblées. Et donc, oui, il y a des progrès dans tous les cancers d’ailleurs, pas que le colorectal. 

Tout savoir sur le cancer colorectal

Il s’agit du deuxième cancer le plus fréquent chez la femme et le troisième chez l’homme. Le nombre de cancer colorectal a tendance à augmenter après 45 ans.
Lorsqu'un cancer colorectal est détecté à un stade précoce, c'est-à-dire qu'il est relativement petit et ne s'est pas propagé loin de son point d'origine, la survie à 5 ans dépasse 90 % et les traitements utilisés sont moins lourds, permettant une meilleure qualité de vie.

Pour en savoir plus, le site de la Ligue contre le cancer répondra à toutes vos questions.

► Mars Bleu, samedi 2 mars à Pontarlier dans le Doubs - Au théâtre Bernard Blier (Stands, expositions, ateliers jeux, danses et chansons)