Meurtre de Pontarlier : hommage à la victime Jeanine Dessay

Des nouvelles d’ici-bas. Un film de François Royet / © François Royet
Des nouvelles d’ici-bas. Un film de François Royet / © François Royet

L'homicide de Pontarlier survenu lundi au centre commercial de Pontarlier est particulièrement cruel. La victime, Jeanine Dessay, a consacré sa vie professionnelle à aider les hommes et les femmes en difficulté. Et, c'est un homme à la dérive qui est suspecté de l'avoir tuée. 

Par Isabelle Brunnarius

Jeanine Dessay est une femme qui ne s'oublie pas. Un tempérament tenace et généreux qui ne lâche rien. Le cinéaste franc-comtois François Royet l'a bien connue. Et depuis l'annonce de son décès brutal, il n'"arrive pas à encaisser". Au début des années 2000, le réalisateur a filmé pendant sept ans la vie quotidienne d'accidentés de la vie "d'ici et d'ailleurs". La présence de Jeanine Dessay irradie cette pépite cinématographique. Il suffit de cliquer dans le rectangle bleu "Vimeo" pour regarder ce film : 
 
Employée par le CCAS de Pontarlier et par une association, Jeanine Dessay ne baissait jamais les bras. "C'est jamais trop tard" disait-elle à l'un de ses hommes qui confiait vouloir changer. Après avoir bataillée des années pour que ces hommes cabossés retrouvent leur dignité et un quotidien plus calme, Jeanine Dessay avait pris sa retraite.
 
Une nouvelle page dans sa vie. Très active, Jeanine Dessay pratiquait la randonnée, le chant. Une retraite heureuse. En février dernier, François Royet l'avait invitée à la projection de son film "Des nouvelles d'ici-bas" à Saint Cyr Montmalin. Dédié "à tous les accidentés de la vie d'ici et d'ailleurs", ce documentaire devient aussi un hommage à Jeanine Dessay. 

Deux jours après cet homicide particulièrement violent, le principal suspect, un homme de 42 ans qui venait de sortir de prison a été mis en examen pour homicide volontaire avec préméditation en récidive. Il a été incarcéré à l'issue de sa garde à vue. Interrogé sur les liens possibles entre Jeanine Dessay et son présumé agresseur, le procureur de la République adjoint affirme qu'il n'y en avait pas. "C'est un crime de hasard" déclare-t-il aux  journalistes réunis pour cette ultime conférence de presse. Un instant de sidération traverse la salle. Jeanine Dessay aurait poussé la porte des toilettes de la galerie commerciale à la mauvaise heure, le mauvais jour ; elle qui, à chaque instant de sa vie, cherchait le bien pour les autres.  

Un recueillement en hommage à Jeanine DESSAY est prévu vendredi 19 avril 2019, 18h30, place d'Arçon à Pontarlier. 
 

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